Entraîneur au Club de boxe de Chicoutimi, Michel Desgagné a salué la reprise des combats, même si cela implique que les athlètes devront toujours travailler avec les mêmes partenaires dans des groupes-bulles de quatre au maximum.
Entraîneur au Club de boxe de Chicoutimi, Michel Desgagné a salué la reprise des combats, même si cela implique que les athlètes devront toujours travailler avec les mêmes partenaires dans des groupes-bulles de quatre au maximum.

Reprise des sports de combat: joie et soulagement dans la région

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Enfin, la bonne nouvelle tant attendue par toutes les organisations et athlètes de sport de combat est tombée. À compter de mercredi matin, les adeptes de judo, de boxe, de karaté, de taekwondo, de kickboxing et de lutte olympique pourront recommencer à combattre contre un adversaire. Depuis le temps que les fédérations le demandaient, l’imposition de bulles de quatre partenaires d’entraînement et quelques autres consignes sanitaires ne seront certainement pas difficiles à respecter. Dans la région, Roger Tremblay, du club Judokas Jonquière, et Michel Desgagné, du Club de boxe de Chicoutimi, ont eux aussi salué l’annonce de la ministre déléguée de l’Éducation, Isabelle Charest.

En plus de ses membres, le club Judokas Jonquière constitue aussi le centre régional d’entraînement. Chaque semaine, il accueille les meilleurs espoirs. Le directeur technique, Roger Tremblay, assure qu’il sera facile de se conformer aux exigences de la Santé publique. «Surtout avec la grandeur de dojo qu’on a, ce sera très très facile», assure Roger Tremblay.

«Il y aura certainement de petites mesures additionnelles à respecter. On devrait en savoir plus ce soir (mardi) par Judo Québec. Mais nous sommes très satisfaits.»

Déjà, à compter de mercredi, la trentaine d’athlètes d’élite qui s’entraînaient depuis juin pourront passer aux combats. Les quatuors qui seront formés resteront toujours les mêmes et pourront combattre sur des surfaces de 16 mètres carrés. «Ce sera plus productif», souligne Roger Tremblay, en rappelant que les compétiteurs pouvaient s’entraîner sans se toucher, sauf les personnes de la même famille. C’était surtout du cardio.

«C’est un début et espérons que d’ici deux ou trois semaines, on aura d’autres ouvertures», énonce celui qui pourra lancer les inscriptions au cours des prochains jours.

Directeur technique du club Judokas Jonquière, Roger Tremblay a salué l’annonce de la ministre déléguée de l’Éducation, Isabelle Charest, pour la reprise des combats. Par contre, les athlètes devront trimer dur pour rattraper leurs collègues des autres provinces qui pouvaient s’affronter depuis le mois de juin.

Perte d’athlètes

Le Québec est une puissance en judo et le fait que le gouvernement ait tardé à permettre la reprise des combats aura un impact sur les athlètes, surtout que d’autres provinces ont donné le feu vert depuis plusieurs semaines. «En Ontario et au Québec, on n’a pas été capables de s’entraîner depuis le mois de mars, alors que les autres ont recommencé depuis le mois de juin. Alors c’est sûr que ça nous inquiète. J’ai juste à regarder ma douzaine d’athlètes qui étaient censés aller aux Canadiens; ils n’ont pas fait [de combats] de judo depuis le mois de mars. Depuis, ils ont changé de catégories, et même si on a fait de l’entraînement cardio et du renforcement, ce n’est pas pareil comme l’entraînement avec contacts.»

Déjà, certains bons jeunes ont délaissé le sport, car ils ont stagné, voire régressé, faute de compétitions. «C’est sûr qu’il y aura un gros retard à rattraper. Ce sera dur, estime le grand manitou du judo. Il va falloir que les jeunes aient la flamme pour remonter au niveau d’avant la pandémie.»

La boxe se réjouit

Pilier de la boxe dans la région et au Club de boxe de Chicoutimi, Michel Desgagné s’est lui aussi réjoui de la nouvelle. Déjà, les entraînements à la mitaine avec masque et visière étaient permis, mais l’ajout de bulles de partenaires de combat viendra combler une lacune importante de l’entraînement.

«Ce sera parfait. Et de toute manière, ceux et celles qui font l’entraînement dans le ring et en vue des combats sont pas mal toujours les mêmes ensembles», fait valoir Michel Desgagné, qui ne voit aucune difficulté à se conformer aux nouvelles exigences.

Les inscriptions sont déjà lancées, sauf que le nombre de personnes permis dans les gymnases du club est limité à 18. «Ce sera donc sur rendez-vous. Mais les soirs réguliers d’entraînement seront de retour, soit les entraînements pour les débutants ou avancés. Il y aura aussi le sport-études à compter du 14 septembre.

«Ce sera donc beaucoup plus intéressant pour tout le monde, car ils pourront avoir des duels. En plus, c’est encourageant parce que le sport professionnel a déjà le feu vert pour l’organisation de combats devant public», souligne-t-il.

Par contre, l’entraîneur du club Chicoutimi ne croit pas avoir perdu des athlètes en raison des limitations d’entraînement. «[L’arrêt] est survenu dans la fin de la saison. Dans nos régions, déjà, à la fin juin, les jeunes abandonnent les gymnases. Pour ma part, mes jeunes qui s’entraînaient en compétition et ceux du sport-études ont fait de la course et se sont entraînés tout l’été.»