En novembre 2018, Martin Pouliot, qui oeuvrait à la fois comme entraîneur-chef des Voyageurs de Saguenay et comme dépisteur pour les Capitals de Washington, a tenu parole en amenant la coupe Stanley au Saguenay. Depuis, il a quitté les Voyageurs, mais il fait toujours partie de l’équipe de recruteurs des Capitals. Heureusement pour lui, il a eu le temps de faire une bonne partie de son boulot avant que la pandémie ne frappe.
En novembre 2018, Martin Pouliot, qui oeuvrait à la fois comme entraîneur-chef des Voyageurs de Saguenay et comme dépisteur pour les Capitals de Washington, a tenu parole en amenant la coupe Stanley au Saguenay. Depuis, il a quitté les Voyageurs, mais il fait toujours partie de l’équipe de recruteurs des Capitals. Heureusement pour lui, il a eu le temps de faire une bonne partie de son boulot avant que la pandémie ne frappe.

Recruteur des Capitals, Martin Pouliot a pu faire une bonne partie du boulot

En principe, être recruteur rime un peu beaucoup avec vivre dans ses valises, en sillonnant les arénas sur un vaste territoire afin de voir à l’oeuvre les joueurs les plus prometteurs en fonction des attentes d’une équipe. Mais voilà que la COVID-19 est venue chambarder la façon de travailler dans le métier puisque les frontières sont fermées et que le hockey, tous calibres confondus, est sur pause pour une période indéterminée.

Joint mardi, Martin Pouliot, l’ancien entraîneur-chef des Voyageurs de Jonquière, de la Ligue de baseball élite du Québec, avoue que c’est la première fois qu’il est confronté à une telle situation en plus de 20 ans à titre de recruteur professionnel pour les Capitals de Washington. Mais heureusement pour lui, la crise sanitaire est survenue en mars, alors qu’une bonne partie de son travail était effectué. Ses collègues qui travaillent dans le volet amateur, par contre, ont vu leur travail se compliquer un peu plus.

«Au début mars, j’étais à Chicago et je rentrais à la maison quand j’ai reçu un courriel de Washington disant que tous les gars qui étaient à l’extérieur devaient prendre le prochain vol et rentrer chez eux, qu’il y aurait des annonces dans les prochains jours», relate Martin Pouliot, qui n’a donc pas eu à rentrer au bercail en catastrophe.

«Pour le travail de dépisteur, c’est sûr que ça fonctionne au ralenti. On fait du vidéo pour peaufiner les dernières listes. On a un système où l’on peut voir des joueurs dans des matchs précis. Si l’équipe nous demande un rapport sur ce joueur, on passe une demi-heure ou une heure à le regarder sur vidéo et après, on fait le rapport. Ils nous demandent de faire un peu de vidéo et des rapports sur les joueurs avant l’évaluation finale», explique celui qui suit essentiellement les pros dans la Ligue américaine.

«C’est sûr que c’est plus compliqué que d’habitude, mais une bonne partie du travail avait été faite en octobre, novembre, décembre, janvier et février. C’est un gros cinq mois, et même si on est privés de deux mois, l’évaluation des joueurs a quand même été faite. Ça aurait été plus problématique si tout était arrivé en novembre. On a quand même eu cinq mois pour les voir», fait-il valoir.

De plus, la date limite des transactions étant passée, son travail consistait davantage à rédiger, durant les mois de mars et avril, des rapports sur des joueurs qui deviendront agents libres le 1er juillet.

«Le gros du travail avait été fait avant la date limite des transactions à la fin février. Ça aurait été plus compliqué si c’était survenu en décembre», convient-il.

Par contre, il ne peut que compatir avec ses collègues du volet amateur. «C’est sûr que c’est plate pour les dépisteurs qui font le volet amateur, ce que j’ai déjà fait pendant bon nombre d’années. Le Championnat mondial des moins de 18 ans, qui se déroulait habituellement en Europe, avait lieu à Plymouth, au Michigan (16 au 26 avril) et il a été annulé. C’est une fenêtre et un peu comme la dernière évaluation pour les meilleurs prospects et les dépisteurs en sont privés. Mais ça touche toutes les équipes, donc on fait avec.»

Il s’estime également chanceux, car l’organisation des Capitals a fait preuve de beaucoup de classe en maintenant les conditions de travail de son personnel de recruteurs. «L’organisation a été super pour nous. Personne ni aucun salaire n’a été coupé. Ils continuent à nous payer aux deux semaines quand même. Alors on reste confinés et tranquilles.»

Pour le reste, Martin Pouliot attend et espère la reprise des activités dans la LNH durant la belle saison.

En bref
• La dernière fois que le travail des dépisteurs avait été perturbé, c’était lors de l’éruption de l’Eyjafjöll en avril 2010, dont l’immense panache avait entraîné d’importantes perturbations aériennes en Europe. « Moi je n’étais pas là, mes les dépisteurs du volet amateur étaient en Europe pour le Championnat mondial M18 et ça leur avait pris une semaine avant qu’ils ne reviennent en Amérique du Nord», se souvient Martin Pouliot...

• Celui qui a quitté la barre des Voyageurs de Jonquière à l’automne 2019 assure qu’il ne s’ennuie pas du baseball junior élite. «Peut-être que j’aurai un petit pincement au cœur lorsque ce sera les séries en août», admet-il cependant...