Yohan Fortin-Villeneuve accompagne les jeunes de la relève lors d’activités de chasse aux oiseaux migrateurs.

Quand l’expert vient de la relève

CHRONIQUE / À l’âge de 13 ans, son grand-père (François Fortin), un chasseur de petit gibier et de colletage du lièvre, lui propose de l’inscrire au programme relève de l’Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’organisme offre de rembourser le coût d’inscription des cours d’initiation à la chasse avec arme à feu si le jeune participe à toutes les étapes de formation. Tir au pigeon d’argile, chasse au canard au petit marais de Saint-Gédéon et une séance de préparation et de cuisson du gibier avec dégustation.

Yohan Fortin-Villeneuve est devenu, depuis cette activité pour la relève, un passionné de chasse aux oiseaux migrateurs en plus de s’impliquer bénévolement dans l’Association des sauvaginiers. Il était mon guide la semaine dernière pour une sortie de chasse au marais de Shipshaw.

« J’ai eu la piqûre pour la chasse aux oiseaux. J’ai commencé avec le fusil de mon père, un browning PBS ambidextre, je me suis acheté des appelants de base en plastique et année après année je me suis équipé. Maintenant, j’ai des appelants en velours et je me suis fait un cadeau, à 17 ans, en achetant mon fusil calibre .12 semi-automatique, un Bennelli Super Black Eagle », raconte le jeune père de famille qui se passionne pour les migrateurs.

Dès son initiation, le chasseur de la relève s’est impliqué dans le développement de la chasse à la sauvagine. « Dans le programme relève, on devient automatiquement membre de l’Association des sauvaginiers. J’ai commencé tranquillement en donnant un coup de main pour installer les caches au petit marais de Saint-Gédéon et accompagner des chasseurs quand le directeur de l’association avait besoin d’un coup de main », raconte Yohan Fortin-Villeneuve.

Aujourd’hui, à l’âge de 30 ans, c’est lui qui accompagne des jeunes lors de la journée de la relève pour une sortie de chasse au canard. « J’ai même réussi à donner la piqûre à mon père (Daniel Villeneuve), il est mon compagnon de chasse dans de nombreuses sorties. Je préfère chasser le canard au marais, mais j’aime aussi chasser au champ avec mon père », détaille le jeune.

Pour aller au bout de sa passion, Yohan Fortin-Villeneuve a fait l’acquisition, il y a quatre ans et demi, d’un chien de chasse, un Springer anglais, qui rapporte ses prises tant dans l’eau que dans les champs. « Ça demande beaucoup de temps pour l’entraînement, il adore sortir pour la chasse, mais c’est aussi un chien familial, il dort dans ma chambre sous le lit, il fait partie de notre quotidien », dit-il.

Marais de Shipshaw

C’est donc lui qui agissait comme guide pour le chroniqueur, la semaine dernière lors d’une sortie de chasse au canard en fin d’après-midi au petit marais de Shipshaw. C’est un endroit vraiment extraordinaire sur des terrains intramunicipaux de Saguenay, un site sous la responsabilité de l’Association des Sauvaginiers.

En arrivant sur place, un canot attend les chasseurs qui doivent pagayer pendant 15 à 20 minutes dans les méandres du marais avant d’atteindre la cache. Des bandeaux réflecteurs rouges vous permettront de retrouver votre chemin avec votre lampe frontale après votre activité de fin de journée.

Le jeune guide arrive avec son chien « Ducky », ses appelants, son Benelli Black Eagle et un système de lampe qu’il a patenté avec une batterie pour placer en avant du canot, afin d’éclairer notre retour.

Comme un professionnel, il a placé les appelants sur l’eau en fonction de la direction du vent. Il a ajouté, en plus des canards, des appelants de bernache et d’oie blanche.

« Dimanche dernier, nous avons récolté dix bernaches et six canards, ce fût une sortie de chasse exceptionnelle », dit-il en espérant le même résultat. Yohan a fait l’appel des oiseaux avec ses appeaux pour attirer les bernaches et les canards près de notre cache à la manière d’un chasseur d’expérience.

Après trois heures d’attente sous la pluie, un vrai temps de canard pourtant, aucun oiseau migrateur ne s’est pointé sur l’eau ni même dans le ciel pendant notre après-midi de chasse. « Je suis content qu’il fasse noir, me dit-il pendant que nous rangeons nos armes, parce que je dois être rouge de gêne de ne pas avoir vu un oiseau aujourd’hui », lance-t-il à la blague. On a fini par convenir que la malchance était de ma faute, car j’avais mangé le canard avant de le tuer. J’avais décidé avant de partir comment j’allais apprêter les magrets. Il faut toujours une raison pour expliquer nos insuccès.

Pour participer à une chasse aux oiseux migrateurs, au champ ou au marais, il faut être membre de l’Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean que vous trouverez facilement sur Internet.