Même s'il soufflera 80 bougies en octobre, le Baieriverain Jacques Rochette pratique régulièrement le kitesurf, été comme hiver, en compagnie de ses gendres et des membres du club Ad-Lib.

Quand le kitesurf n'a pas d'âge

Jacques Rochette aura beau souffler 80 bougies le 18 octobre prochain, ce n'est pas demain la veille que ce passionné de kitesurf va remiser sa planche et ses voiles à traction. Le Baieriverain, qui est sans doute le doyen de cette discipline quatre saisons au Québec, sort son équipement dès que le vent et les marées sont favorables.
« Le vent et l'eau m'appellent », lance en riant le sympathique retraité qui impressionne par sa bonne forme. « J'ai encore de bonnes jambes et de bons bras et je suis en forme. Je pense que je peux en faire encore jusqu'à 90 ans ! » lance-t-il, mi-rieur, mi-sérieux.
Faut dire que l'ancien enseignant en histoire de la Polyvalente La Baie est un bon sportif. Outre le kitesurf, il s'adonne à la planche à neige en compagnie de ses petits-enfants, au tennis, au patin à roues alignées, au vélo, à la randonnée pédestre, etc. « En fin de compte, je fais de tout. Je passe mes journées à faire du sport », rigole celui dont c'est sans doute le secret de sa bonne forme physique.
Pourtant, rien ne prédestinait ce natif d'Albanel à devenir aussi sportif et à aimer autant le nautisme. C'est lorsqu'il a été pensionnaire chez les frères Maristes à Desbiens qu'il a développé ses aptitudes pour les sports. Après des études à Sherbrooke, il a enseigné à Montréal et à Québec avant de se poser définitivement à La Baie où son coeur a été conquis par Claire Tremblay, qui enseignait elle aussi à la Poly de La Baie qui venait d'ouvrir ses portes. Le couple a acquis un chalet au lac Otis, endroit idéal pour naviguer en voilier. Cette passion pour le voile, il l'a d'ailleurs transmise à leurs deux filles. Puis, dans les années '80, la planche à voile a pris son essor dans la région et cet amoureux des sports nautiques n'a pas échappé à cet engouement. En compagnie d'autres planchistes, il a pratiqué son sport un peu partout, dans les décors enchanteurs de Cap Hatteras en Caroline du Nord ou des îles de la Madeleine, ainsi que dans le sud des États-Unis, à Cuba, en Europe, etc.
Coup de foudre
Il y a huit ans environ, cet autodidacte de la voile et de la planche à voile a vu l'un de ses amis, Germain Lespérance de Chicoutimi, faire du kite. « Je lui ai demandé de me le montrer. Je me suis acheté un cerf-volant et il me l'a montré. (...) J'aime la légèreté (du kite). T'es toujours soulevé et il y a une liberté ben le fun. Ça vire vite ! »
Depuis, le septuagénaire a complètement délaissé la voile pour se concentrer uniquement sur le kite. « Il en fait chaque fois qu'il y a du vent et que c'est possible. Il ne rate pas une occasion. Il dit que c'est le plus beau sport au monde », assure sa charmante épouse qui, de son propre aveu, n'est pas sportive pour deux sous. « Mais je l'encourage ! », ajoute-t-elle en riant.
À défaut d'avoir pu transmettre sa passion du kite à ses filles, ce sont ses gendres, Michel Belley et Jean-Pierre Girard, qui l'accompagnent. Le premier s'éclate sur l'eau durant la belle saison et le second préfère la version hivernale. De sorte que M. Rochette peut pratiquer son sport en bonne compagnie à longueur d'année. L'une de ses petites-filles s'est aussi initiée au kite et semble vouloir suivre les traces de son grand-père et de son père (Michel).
« Quand on a la bonne technique, ça se fait relativement très bien. D'ailleurs, j'encourage les gens à en faire. J'adore ça et j'en ai converti plusieurs !
« Je sais que je suis probablement le plus vieux au Québec, mais ça ne me dérange pas », mentionne le Baieriverain qui attire évidemment l'attention quand les gens découvrent son âge.
Apprécié
Ce dernier ne tarit pas d'éloges envers les membres du club Ad-Lib qui apprécient visiblement la compagnie de leur doyen. « Ils me disent que c'est le fun parce que ça leur donne espoir de pouvoir en faire longtemps du kite. Moi, je les adore. C'est un privilège de faire partie de ce club et je me sens très choyé. Ils sont tellement gentils ! L'an dernier, ils ont fait une fête pour mon anniversaire », souligne-t-il en racontant quelques taquineries que lui avaient réservées les membres. Car M. Rochette, en plus de croquer dans la vie, aime bien rigoler. « Ils sont tellement fins avec lui. Il est choyé ! » renchérit sa douce moitié.
De sa résidence nichée sur le bord de la baie des Ha ! Ha ! , avec vue sur le majestueux fjord, Jacques Rochette s'offre même le plaisir de s'élancer à partir de son terrain lorsque les vents et la marée s'y prêtent. En général, il surfe en moyenne une heure et demie. « Mon maximum, c'est pas mal deux heures. Je ne vais jamais au bout de mes forces. Mais quand je vais dans le Sud, j'en fais plus longtemps ! »
Y a-t-il un endroit où il aimerait pratiquer son sport et qu'il n'a pas encore eu la chance d'aller ?
« J'aimerais aller à Hawaï. Au pis aller, j'aimerais retourner aux Îles de la Madeleine », réplique-t-il avec humour, tandis que sa femme avoue qu'ils sont tombés en amour avec ce coin de pays enchanteur et son accueillante population.