Certains athlètes canadiens ont profité du passage du président du Comité international olympique, Thomas Bach, au village olympique pour se photographier en sa compagnie.

Une réunion du CIO houleuse

PYEONGCHANG — Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a qualifié les discussions de «débat vivant et animé».

C’est le moins que l’on puisse dire. À seulement trois jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, Bach a fait face à un barrage de critiques — mais aussi de soutien — de la part d’une centaine de membres du CIO, mardi, dans la foulée de la décision d’exclure de nombreux athlètes russes des Jeux de PyeongChang.

Deux membres — Richard Pound et Gerardo Werthein — ont eu un échange musclé sur le plancher de la grande salle de réunion, scène plutôt rare dans les cercles raffinés de l’organisme olympique.

Pound est le plus ancien membre actif du CIO, et il était parmi la douzaine et plus d’intervenants à s’exprimer sur ce qu’il a qualifié de «l’affaire de dopage russe». Pound est également l’ancien président de l’Agence mondiale antidopage.

«Je crois que dans l’esprit collectif d’une partie importante du monde, et parmi les athlètes du monde, le CIO a non seulement échoué à protéger les athlètes, mais a permis aux athlètes tricheurs de l’emporter sur les athlètes propres», a affirmé Pound, décrivant le milieu du CIO comme un «cocon douillet».

«Nous parlons davantage que nous agissons, a ajouté Pound. Les athlètes et le public en général... n’ont plus confiance dans la protection de leurs intérêts. Notre engagement envers les deux est remis en cause. En toute déférence, je ne pense pas que nous puissions nous sortir de ce problème.»

Werthein a sauté dans le débat, prenant le parti de Bach et s’exprimant immédiatement après Pound devant les 100 autres membres à l’écoute. «Pour une raison ou une autre, si M. Pound n’est pas d’accord, alors c’est une erreur, a déclaré Werthein. Nous devons comprendre que ce n’est pas l’organisation de M. Pound. Mais c’est le CIO.»

Werthein ne s’est pas arrêté là, qualifiant certains des propos de Pound de «très injustes». «Il fait des déclarations qui créent le doute, a ajouté Werthein. D’une certaine manière, cela discrédite le travail effectué au sein du CIO.»

Pound a ensuite demandé du temps pour offrir sa réponse. Et il a riposté. «Je pense qu’il est extrêmement inapproprié de transformer cela en un “ad hominem” (une attaque personnelle), a affirmé Pound. Le fait que j’ai une opinion différente des autres... ne signifie pas que je n’ai pas droit à l’opinion. Je pense qu’il est très regrettable au sein d’une assemblée collégiale comme celle-ci de suggérer que je n’ai pas le droit de donner cette opinion.»

D’autres appels

Au moment de cette joute oratoire entre Pound et Werthein, 32 athlètes russes ont déposé d’autres appels auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) pour obtenir leur place aux Jeux. Les 32 ont échoué le contrôle du CIO et n’ont pas été invités à participer à l’événement.

La décision du TAS est attendue mercredi. «D’aucune manière nous n’avons peur, a déclaré le porte-parole du CIO, Mark Adams. Nous attendons la décision. Nous sommes très confiants avec la position que nous avons prise.»

Le CIO s’attend à ce que 168 athlètes russes jugés «propres» participent aux Jeux sous la bannière des «athlètes olympiques russes», en l’absence de drapeaux nationaux, d’uniformes ou de logos nationaux.

Le sujet litigieux de l’exclusion russe et la façon dont elle a été gérée par le CIO menacent de faire ombrage aux Jeux eux-mêmes avec quelque 3000 athlètes attendus. «Nous devons changer et apprendre de cette situation difficile», a déclaré Bach.

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LE FROID AFFECTE AUSSI LES CANADIENS

PyeongChang — En attendant la cérémonie d’ouverture des Olympiques, la météo glaciale occupe toutes les conversations à PyeongChang, où même les Canadiens, pourtant habitués au grand froid, parlent d’un «cauchemar».

La température la plus chaude de la journée de mardi a culminé à - 7°C, mais les forts vents signifient que la température ressentie est bien plus froide. Et dans la nuit de mardi à mercredi, le mercure devait chuter à - 20°C pour la deuxième fois consécutive.

«C’est l’humidité qui fait souffrir le plus. Non seulement il fait froid, mais ça glace le sang», a raconté Kevin Boyer, un skeletoneur canadien.

«Le pire, c’est le vent. Quand tu te balades dans le village (olympique), c’est un cauchemar», a ajouté l’athlète originaire d’Edmonton. «C’est marrant, car venant du Canada, on est habitués au froid, mais là c’est un froid qu’on n’a jamais connu.»

Renoncer à la cérémonie

Les températures pourraient forcer des athlètes et des officiels à renoncer à la cérémonie d’ouverture qui se déroulera vendredi dans un stade sans toit et exposé aux éléments. La délégation italienne a déjà ordonné à ses membres qui souffrent de problèmes cardiaques ou de diabète de ne pas s’y rendre et a demandé à ses athlètes de rester en mouvement pendant toute la cérémonie.

Mais Kevin Boyer n’a pas l’intention de renoncer au traditionnel lever de rideau des JO. «Ce sont mes premiers Olympiques et je suis super excité de participer à la cérémonie d’ouverture avec la Team Canada», a-t-il déclaré.

«Ça ne m’inquiète pas plus que ça», ajoute son coéquipier Barrett Martineau. «J’ai passé toute ma vie à poursuivre ce rêve, donc je vais participer à cette cérémonie avec le sourire, qu’il vente ou qu’il neige, peu importe que je sois debout pendant des heures.»

La bonne nouvelle pour les athlètes et les 35 000 spectateurs attendus est que les températures devraient remonter vendredi et pourraient même passer au-dessus de 0°C au cours de la journée.

Pendant la cérémonie, des kits de survie, comprenant une couverture, des paquets chauffants pour les mains et les pieds et un coussin chauffant, seront distribués par les organisateurs.  AFP

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JUSQU'À 75 RUSSES À LA CÉRÉMONIE D'OUVERTURE

MOSCOU — Jusqu’à 75 Russes prendront part vendredi à la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de PyeongChang, a annoncé mardi le Comité olympique russe, tandis que plusieurs fédérations ont indiqué que leurs athlètes n’y figureront pas.

«Compte tenu du fait que certains athlètes commencent la compétition le lendemain de l’ouverture et que beaucoup ne seront pas encore arrivés à PyeongChang, notre délégation à la cérémonie comportera entre 70 et 75 personnes», a indiqué le Comité olympique russe (ROC) sur son site Internet.

Selon le journal russe Sport Express, il s’agit d’environ un cinquième des Russes qui seront présents aux JO de PyeongChang. Selon le ROC, qui a démenti toute volonté de boycott de la cérémonie comme l’avaient laissé entendre certains médias, seront présents les sportifs des fédérations de bobsleigh, de combiné nordique, de ski alpin, de patinage de vitesse, de saut à ski, de skeleton, de snowboard, de freestyle et de hockey féminin. En revanche, sept fédérations ont annoncé pour diverses raisons que leurs athlètes ne prendront pas part à la cérémonie d’ouverture : hockey masculin, biathlon, patinage artistique, patinage de courte piste, curling, ski de fond et luge.

«Les athlètes seront en train de se préparer pour le match du 10 février contre la Corée», a ainsi indiqué la fédération russe de hockey sur glace masculin pour justifier son absence.

«Nous n’irons pas, car nous avons des courses les 10 et 11 février. D’autant plus qu’il fera très froid et qu’il y aura du vent», indique pour sa part la présidente de la fédération russe de ski de fond, Elena Vialbe, citée par Sport Express.

Les athlètes russes défileront lors de la cérémonie d’ouverture derrière un drapeau neutre, orné des cinq anneaux olympiques, conséquence de la suspension de la Russie par le Comité olympique international pour dopage institutionnalisé.  AFP