M. Bach, qui est allé samedi soir au Village olympique à la rencontre des athlètes, a révélé que la décision du TAS était pour eux «le sujet le plus brûlant» et représentait «peut-être 90% de leurs questions».

Thomas Bach tape sur le TAS dans le dossier de dopage russe

Un prêté pour un rendu ? Après la décision «extrêmement décevante et surprenante» du Tribunal arbitral du sport de lever la suspension à vie de 28 sportifs russes soupçonnés d’avoir profité d’un système de dopage institutionnalisé, le patron du CIO Thomas Bach a montré du doigt dimanche le TAS, tribunal suprême du sport, appelant à «réformer sa structure».

«Nous n’aurions jamais imaginé pareille décision»: à cinq jours de l’ouverture des Jeux d’hiver de PyeongChang, M. Bach n’a pas pris de gants pour évoquer le TAS.

Avec un air de déjà vu...

Alors qu’une même confusion régnait peu avant l’ouverture des JO de Rio en 2016 sur la participation ou non des Russes dans certains sports, le président allemand du CIO avait en effet usé du même stratagème de communication, accusant alors l’Agence mondiale antidopage (AMA).

À ses yeux, l’AMA était coupable d’avoir trop tardé à publier la première partie du rapport du juriste canadien Richard McLaren, qui avait mis en lumière un système de dopage institutionnalisé en Russie.

Cette fois donc, c’est le TAS qui est fautif à ses yeux.

Pour rappel, en novembre et décembre, une commission disciplinaire du CIO a disqualifié et suspendu à vie 43 sportifs russes, présents aux JO de Sotchi, privant la Russie de 13 médailles.

Mais coup de théâtre jeudi dernier: le TAS, estimant que les preuves étaient «insuffisantes», a donné en partie tort à cette commission disciplinaire et a totalement annulé les suspensions à vie de 28 de ces Russes, leur permettant sous conditions de postuler pour les Jeux d’hiver. Et de récupérer leurs médailles de Sotchi.

Crédibilité du TAS

Pour M. Bach, la décision du TAS révèle un «besoin urgent de réforme dans la structure interne du TAS pour parvenir à plus de qualité et de continuité dans les jugements».

«Avant toute prise de position, nous allons d’abord chercher à obtenir des précisions de la part du CIO quant au genre de réformes évoquées par son président aujourd’hui (dimanche), au-delà de la déception qu’il a exprimée par rapport aux sentences du TAS concernant les athlètes russes», a commenté Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS, dans une réaction transmise à l’AFP.

M. Bach, qui est allé samedi soir au Village olympique à la rencontre des athlètes, a révélé que la décision du TAS était pour eux «le sujet le plus brûlant» et représentait «peut-être 90% de leurs questions».

«Qu’est-il possible de faire pour éviter que cette situation ne se répète», se sont inquiétés les sportifs, a ajouté M. Bach.

«Nous ne pouvons pas nous retrouver dans une situation où le TAS perdrait sa crédibilité au sein des sportifs», a-t-il encore souligné.

Alors que le patron du mouvement olympique avait réussi un coup de maître avec la présence historique et hautement symbolique de sportifs nord-coréens lors des JO de PyeongChang organisés en Corée du Sud, il doit désormais gérer une affaire sportivo-judiciaire dont il se serait bien passé.

15 Russes concernés

Concrètement, 15 sportifs russes blanchis par le TAS sont concernés et peuvent espérer aller à Pyeongchang après avoir pourtant été bannis à vie il y a quelques semaines.

Les cas de ces 13 sportifs en activité et 2 entraîneurs doivent maintenant être examinés par un panel présidé par l’ancienne ministre française des Sports, Valérie Fourneyron.

La décision d’inviter ou non ces 15 Russes reviendra ensuite à un second panel, dans lequel siège notamment le directeur général du CIO, Christophe de Kepper, et qui peut retirer des noms à sa guise.

«L’absence de sanctions du TAS ne signifie pas que (les athlètes) peuvent recevoir une invitation du CIO, car recevoir cette invitation est un privilège réservé aux sportifs russes propres», a conclu M. Bach qui a promis une décision «dans les prochains jours». Il faut faire vite, la cérémonie d’ouverture est prévue vendredi à 20h00.

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Hockey: manifestations avant le 1er match de l’équipe unie de Corée

Des manifestations ont émaillé dimanche le premier match de préparation de l’équipe dames unifiée de Corée de hockey sur glace, à Incheon, avec échanges verbaux entre partisans et opposants de ce rapprochement symbolique à l’occasion des JO-2018 de Pyeongchang.

La sécurité a dû se montrer vigilante à l’extérieur de la patinoire, alors que les partisans de l’équipe scandaient «des jeux Olympiques de la paix» à l’adresse d’opposants au rapprochement qui, de l’autre côté de la route, leur répondaient en criant: «les Jeux de Pyongyang (la capitale de la Corée du Nord, ndlr)».

Ces opposants, plusieurs dizaines de personnes, ont crié des slogans hostiles au nord dans des haut-parleurs, piétinant une image du leader nord-coréen Kim Jong-Un et déchirant le drapeau unifié de la Corée.

Mais les spectateurs de la rencontre ont eux encouragé les hockeyeuses des deux Corées.

«Maintenir la paix entre le Nord et le Sud est la question la plus urgente», a témoigné Park Cheol-Hyun, 44 ans, qui a décidé de venir au match contre la Suède en famille.

«Il est important d’accomplir ça à travers les Jeux et je pense que l’équipe unifiée est pleine de sens», a ajouté Park.

Le drapeau de l’unification coréenne hissé à côté de celui de la Suède dans l’arène, puis la diffusion dans les haut-parleurs de la vieille chanson populaire «Arirang», qui date de plus de 600 ans, en lieu et place d’un hymne national, ont marqué l’avant-match.

Les joueuses de Corée, vêtues d’une tenue bleue et rouge avec «KOREA» inscrit sur le devant, ont été acclamées sur la glace à leur entrée. L’équipe comportait quatre joueuses du Nord, au moment d’affronter la Suède, 5e nation mondiale.