Isabelle Weidemann s’entraîne avec Marcel Lacroix, qui a notamment aidé Christine Nesbitt à remporter l’or à Vancouver.

Sur les traces d’Ivanie et Vincent

Le patinage de vitesse local possède sa version des «Trois Ténors».

Il y a Ivanie Blondin et Vincent De Haître. Deux noms déjà très connus sur longue piste. À eux s’ajoute cette fois-ci aux Jeux olympiques un autre produit du club des Concordes de Gloucester, Isabelle Weidemann.

Une jeune femme âgée de 22 ans qui a été nommée étoile montante de l’année en longue piste par Patinage de vitesse Canada après une brillante saison dans les rangs juniors internationaux en 2014-2015.

Une athlète bilingue que son entraîneur Marcel Lacroix qualifie «d’éponge». «Tu peux lui demander n’importe quoi sur la glace, elle va le faire. Elle ne pose pas de question. Elle veut apprendre. Ça se voit», explique ce membre du Temple de la renommée du Comité olympique canadien qui est sorti de la retraite l’été dernier à la demande de la fédération nationale.

Ce dernier avait guidé notamment Christine Nesbitt à l’or au 1000 m des Jeux, à Vancouver.

À son retour, on lui a confié Weidemann.

«Une personne très studieuse qui comprend ce qu’il faut pour se rendre du point A à B le plus rapidement possible. Elle comprend qu’il faut plus que de donner un effort. Le développement technique et tactique est tout aussi important.»

Weidemann a gagné cette saison ses deux premières médailles en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. Chaque fois au sein de la poursuite féminine en compagnie notamment de Blondin. Elles ont terminé troisièmes aux étapes de Calgary et Heerenven.

À PyeongChang, on la verra aussi en piste aux épreuves individuelles de 3000 et 5000 mètres. Deux épreuves dans lesquelles se spécialisait son idole de jeunesse, Kristina Groves.

Lacroix va répéter à Weidemann le message qu’il a livré à plusieurs de ses athlètes par le passé.

«Ce n’est pas compliqué. J’ai vécu plusieurs Jeux en tant que coach. Et je leur dis toujours d’avoir leur meilleure course puis le résultat va parler de lui-même. Jamais tu ne vas dire que tu t’en vas là-bas pour chercher des médailles. Surtout pas si l’athlète en est à sa première participation olympique.»

Lacroix estime que PyeongChang sera un «tremplin vers une longue carrière» pour Weidemann. «Elle va découvrir c’est quoi cette bête-là, les Jeux», dit-il.

«Isabelle est habituée aux étapes de la Coupe du monde où tu as une ou deux courses durant un week-end de trois jours par exemple à Amsterdam. Quand tu finis, tu pars et tu t’en vas planter ta tente ailleurs. Aux Jeux, tu te retrouves au même endroit pendant deux semaines. Et il y a tellement plus d’émotions que l’habitude.»