Le vent balaie la piste Jeongseon, où les services météorologiques annonçaient un vent soufflant de 50 à 72 km/h. La compétition a été reportée à mercredi.

La descente masculine de ski emportée par le vent

PYEONGCHANG — L’annulation samedi de la descente messieurs des Jeux olympiques à cause du fort vent souligne la priorité donnée à la sécurité et à l’équité sportive de la discipline la plus influencée par la météo.

C’est l’énième épisode de reports de descentes olympiques depuis l’introduction de la discipline reine aux Jeux d’hiver de 1948 à St. Moritz (Suisse). Lors des Jeux de Vancouver en 2010, la descente, remportée par le Suisse Didier Défago, avait été reportée à Whistler à plusieurs reprises à cause du mauvais temps.

Aux Jeux de Nagano en 1998, le brouillard et la neige avaient obligé les organisateurs à repousser de jour en jour l’épreuve reine. 

Le négligé français Jean-Luc Crétier s’était finalement imposé, alors que le favori autrichien Hermann Maier avait lourdement chuté, mais s’était relevé, y renforçant le surnom de «Herminator». 

«La descente, par la vitesse développée et les risques encourus, est de fait l’épreuve la plus “impactée” par le mauvais temps : vent, neige, brouillard, pluie...» a souligné Markus Waldner, directeur de course de la Coupe du monde masculine de ski, qui chapeaute les épreuves des JO.

Les accidents mortels du Français David Poisson, lors d’un entraînement non-officiel, et du jeune Allemand Max Burkhart, en compétition, respectivement en novembre et décembre au Canada, ont rappelé la dangerosité de la descente.

La météo des Jeux, très fiable, avait annoncé du vent sur la piste de Jeongseon de jeudi à lundi, avec un pic en matinée dimanche (samedi, heure du Québec). Au profit d’une accalmie, le troisième et dernier entraînement avait eu lieu néanmoins la veille. Mais les services météos avaient maintenu leur alerte pour la compétition, avec «un vent fort soufflant de 50 à 72 km/h».

Le super-G masculin, initialement programmé mercredi (21h, heure du Québec), a donc été repoussé à jeudi, premier des trois jours de réserve du ski alpin. Plusieurs «patrons» de la vitesse devront donc enchaîner trois compétitions en quatre jours, le combiné étant maintenu lundi.

«On va jouer aux cartes»

«On est habitués à ça, nous les descendeurs, assez régulièrement. Du coup, il ne faut pas perdre d’énergie. On va s’occuper, on va jouer aux cartes. On va faire un peu de sport et la journée va passer tranquillement. On vient de brancher la télé et on regarde du patin sur glace», a réagi le Français Brice Roger, un des négligés à Jeongseon.

Pour les épreuves de vitesse, les concurrents sont logés dans un hôtel confortable au bas de pistes, à une quarantaine de kilomètres du village des athlètes. «Dommage, car j’avais hâte de courir», a regretté pour sa part l’Italien Christof Innerhofer, vice-champion olympique il y a quatre ans, à Sotchi.