Vainqueur à Sotchi en 2014, le Japonais Yuzuru Hanyu tentera à PyeongChang de devenir le premier patineur artistique depuis 1952 à conserver son titre olympique.

La course contre le temps de Hanyu

GANGNEUNG — Le Japonais Yuzuru Hanyu va-t-il remporter sa course contre le temps? Trois mois après une blessure aux ligaments de sa cheville droite survenue lors d’une chute sur un quadruple saut à l’entraînement, le Petit Prince se lance jeudi (20h, heure du Québec) à la défense de son titre olympique en patinage artistique

«Je ne vais pas mentir, je suis ici pour gagner un nouveau titre. Aucun patineur ne veut cette victoire plus que moi», a assuré le longiligne Japonais de 23 ans, à peine descendu de l’avion en début de semaine.

Depuis qu’il s’est blessé, le Japonais n’est plus apparu en compétition. Et il s’est remis aux «quads» il y a deux semaines seulement. «Après ma blessure, je ne pouvais plus bouger ma cheville. Il s’est passé un long moment avant que je sois capable de remonter sur la glace. Au bout de deux mois, j’avais encore des difficultés à patiner. À un moment donné, je me suis demandé si je pourrais récupérer complètement. Beaucoup de pensées négatives m’ont traversé l’esprit.

«Ma principale inquiétude, c’était mon endurance, ma solidité physique, et aussi retrouver le toucher sur la glace. J’ai un peu douté, mais après un mois d’entraînement, je suis là et je me sens prêt pour les Jeux olympiques», a indiqué Hanyu.

Mardi, son entraînement d’une quarantaine de minutes a attiré plusieurs centaines de fans. Et environ 200 journalistes et photographes se sont pressés à la conférence de presse qui a suivi. «Je veux embrasser ces attentes, les accepter et les transformer en énergie. Il y a tellement de gens qui attendent que je patine», assume Hanyu. «Je veux offrir aux gens une performance qui leur fera dire que ça valait le coup d’attendre.»

Forte opposition

S’il gagne, le protégé de l’entraîneur canadien Brian Orser deviendra le premier patineur à conserver l’or olympique depuis l’Américain Dick Button en 1952, il y a 66 ans. Ce ne sera pas facile.

Outre sa blessure, le double champion du monde (2014 et 2017) est attendu au tournant par un trio d’ambitieux, en Corée : le jeune Américian Nathan Chen et les Japonais Shoma Uno et le Chinois Boyang Jin, respectivement médaillés d’argent et de bronze aux Mondiaux en 2017. Et pourquoi pas le Canadien Patrick Chan, médaillé d’argent à Sotchi en 2014 et médaillé d’or par équipes à PyeongChang? 

Arrivé en Corée du Sud auréolé d’un premier sacre à la prestigieuse finale du Grand Prix, répétition générale avant les Jeux, Chen ne manque pas d’ambition. «Pour le programme court, je vais m’en tenir à deux “quads”. Pour le programme long [vendredi 20h, heure du Québec], probablement entre quatre et cinq, selon comment ça se passera à l’entraînement. Ça dépendra de mes sensations», a expliqué Chen à l’issue de son premier entraînement sur la glace de la patinoire de Gangneung.

À 18 ans, Chen, qui s’apprête à participer à ses premiers Jeux olympiques, fait déjà partie des favoris pour l’or. «Honnêtement, je n’y pense pas vraiment. Mon objectif, c’est de quitter cette compétition en étant fier de ce que j’ai fait. Dix-huit ans que je regarde les anneaux et maintenant, j’y suis. C’est vraiment génial.»