Une affiche montrant le président sud-coréen Moon Jae-in et le dictateur nord-coréen Kim Jong Un est aperçue durant une marche pour une «paix olympique» à Séoul, en Corée du Sud, mardi.

Délégation conjointe des Corée aux JO

SÉOUL, Corée, République de - La Corée du Sud a indiqué que la Corée du Nord avait accepté de former une délégation conjointe et précisé que leurs athlètes marcheront ensemble pour la première fois en 11 ans pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang le mois prochain.

Cette décision doit être approuvée par le Comité international olympique. Ce sont toutefois des développements déterminants dans le processus de rapprochement des deux Corée depuis qu’ils ont entamé des pourparlers afin de coopérer pendant les Jeux olympiques, après une année marquée par une escalade des tensions dans la péninsule en raison des progrès du programme nucléaire nord-coréen.

Les Corée ont conclu une entente pendant la troisième journée de pourparlers qui ont eu lieu mercredi au village frontalier de Panmunjom. Ce pacte comprend une série d’accords, notamment sur la formation d’une équipe conjointe de hockey féminin et le défilé des athlètes des deux Corée ensemble sous un «drapeau unifié» représentant la péninsule pendant la cérémonie d’ouverture, a précisé le ministère de l’Unification à Séoul.

Un communiqué conjoint distribué par le ministère a mentionné que la délégation olympique nord-coréenne se rendra en Corée du Sud en franchissant la frontière hautement fortifiée qui délimite les deux pays. Le document ajoute que la délégation comprendra un groupe de 230 partisans, une équipe de démonstration de taekwondo de 30 membres, des journalistes, des athlètes et des représentants du gouvernement.

À l’approche des Jeux de Pyeongchang, les Corée organiseront un événement culturel conjoint aux légendaires Montagnes de diamant, en Corée du Nord, et permettront à des skieurs non olympiques provenant des deux pays de dévaler les pistes de la station alpine nord-coréenne Masik, pouvait-on lire dans le communiqué. On ajoutait que la Corée du Nord prévoit envoyer une délégation de 150 athlètes aux Jeux paralympiques en mars.

Ententes symboliques

Ces ententes sont symboliques et très émotives. On ignore cependant toujours combien d’athlètes nord-coréens se rendront à Pyeongchang, puisqu’aucun n’est présentement qualifié. Les médias sud-coréens estiment qu’environ 10 athlètes nord-coréens bénéficieront des exemptions octroyées par le CIO.

Deux patineurs nord-coréens sont qualifiés pour les JO de 2018, mais la Corée du Nord n’a pas confirmé leur présence avant la date limite établie par le CIO. L’organisation, dont le siège social est situé à Lausanne, a récemment dit que sa «porte est toujours ouverte» afin de permettre la participation de la Corée du Nord aux jeux. Les dirigeants du CIO rencontreront les représentants des fédérations sportives et des gouvernements des deux Corée, en plus de ceux du comité organisateur des Jeux de Pyeongchang, en Suisse samedi.

Le CIO a évoqué par voie de communiqué mercredi qu’il «avait pris note des nombreuses propositions intéressantes provenant de différentes sources».

Les deux Corée ont envoyé en deux occasions par le passé une délégation commune à des événements sportifs majeurs, chaque fois en 1991. Il s’agissait des Championnats du monde de tennis de table à Chiba, au Japon, et au Championnat du monde des moins de 20 ans en soccer au Portugal.

Pendant la période de détente au cours des années 2000, les athlètes des deux Corée ont défilé ensemble aux cérémonies d’ouverture et de clôture de neuf événements sportifs, dont les Jeux olympiques et les Jeux asiatiques, mais leurs athlètes ne formaient pas une délégation commune.

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ENTENTE ENTRE LES DEUX CORÉE: PRÉOCCUPATION AU SUD

TORONTO — L’entraîneuse canadienne de l’équipe de hockey féminin sud-coréenne a indiqué qu’elle était «partagée» quant à l’ajout de joueuses nord-coréennes à sa formation.

Sarah Murray, la fille de l’ex-entraîneur de la LNH Andy Murray qui possède la citoyenneté canadienne et américaine, est préoccupée par la décision de former une équipe de hockey commune aux deux Corée.

Une entente pour former une équipe de hockey féminin regroupant des joueuses de Corée du Nord et du Sud a été conclue mercredi, bien qu’elle doive encore être approuvée par le Comité international olympique samedi, à Lausanne.

Murray a certes reconnu que le fait que les deux pays s’unissent pour les Jeux est «merveilleux pour les relations politiques et internationales», mais a souligné qu’elle aurait préféré «que cette entente ait été conclue il y a trois ou quatre ans, au début de cette aventure».

Chimie menacée

Si la formation conjointe se concrétise, ce serait la première fois que les deux Corée enverraient une équipe commune aux Jeux olympiques.

L’idée que des Nord-Coréennes se joignent à leur équipe olympique est «très soudaine», selon Murray, qui dirige le programme sud-coréen depuis 2014.

«Nous entendions des rumeurs à ce sujet il y a quatre ou cinq jours, mais nous ne pensions jamais que ça allait se concrétiser puisque nous ne sommes qu’à quelques semaines des Jeux olympiques, a-t-elle expliqué. Cependant, au cours des derniers jours, les choses sont devenues beaucoup plus sérieuses.»

La Corée du Sud voudrait donc que le CIO lui permette d’augmenter le nombre maximal de joueuses — il est présentement à 23 — pour son équipe olympique afin que des Nord-Coréennes puissent se greffer à l’équipe sans soutirer des places aux Sud-Coréennes.

Selon l’agence de presse Yonhap, Murray a confié aux journalistes mardi que l’ajout de joueuses si près des jeux «est un peu hasardeux pour la chimie de l’équipe, puisque les filles sont ensemble depuis très longtemps».  La Presse canadienne

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LA CORÉE DU NORD PROPOSE D'ENVOYER 200 POM-POM GIRLS

SÉOUL — La Corée du Nord propose d’envoyer plus de 200 pom-pom girls au Jeux olympiques d’hiver au Sud et de participer aux jeux Paralympiques, a annoncé Séoul mercredi, au moment où les deux parties discutent du nombre d’athlètes qui feront également le voyage à Pyeongchang.

Le Nord a accepté la semaine dernière de dépêcher une délégation composée de sportifs, de hauts responsables ou encore d’artistes aux JO qui s’ouvriront le 9 février à Pyeongchang.

Séoul cherche de longue date à présenter cet événement comme les «Jeux de la paix» dans un contexte de tensions exacerbées autour des programmes nucléaire et balistique nord-coréens. Le dialogue qui vient de s’ouvrir témoigne d’un apaisement notable des relations.

«Les relations intercoréennes sont tendues depuis près de 10 ans», a déclaré le chef de la délégation nord-coréenne Jon Jong-Su, au début des entretiens à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre (1950-53). «Nous espérons que des relations peuvent être nouées».

Trois représentants de chacune des Corée participaient aux entretiens.  Ces questions seront ensuite discutées lors de la réunion des deux pays samedi à Lausanne avec le Comité international olympique (CIO). Celui-ci doit donner son feu vert à la participation d’athlètes nord-coréens qui ont échoué à se qualifier ou raté la date-limite pour s’enregistrer.

D’après le ministère sud-coréen de l’Unification, le Nord a proposé d’envoyer 230 pom-pom girls aux JO et de participer aux jeux Paralympiques qui auront lieu en mars.

Lundi, les deux Corée sont déjà convenues de la venue au Sud d’un orchestre nord-coréen fort de 140 membres, qui donnera des concerts à Séoul ainsi que dans les sites olympiques.

Après des mois de tensions, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a surpris son monde le 1er janvier en évoquant une présence nord-coréenne à Pyeongchang. Le Sud a rapidement saisi cette main tendue.

Séoul propose une équipe commune de hockeyeuses sur glace ainsi que des apparitions conjointes aux cérémonies d’ouverture et de clôture.

Mais cette suggestion a été fraîchement accueillie en Corée du Sud, où certains ont accusé le gouvernement de vouloir sacrifier les hockeyeuses sur l’autel de la politique. Des dizaines de milliers de personnes ont signé des pétitions en ligne sur le site de la présidence pour demander au président Moon Jae-In de renoncer à ce projet.  Agence France-Presse