Patrick Dallaire défendra les couleurs de l’Allemagne aux Jeux olympiques.

De Shawinigan à la Mannschaft

Trois-Rivières — En février 2014, Patrick Dallaire a suivi attentivement le tournoi de hockey masculin olympique et encourageait, comme des millions de gens au pays, le Canada. Quatre ans plus tard, les sentiments seront complètement différents pour le Shawiniganais de 42 ans lors des Jeux olympiques de PyeongChang puisqu’il fera partie du personnel d’entraîneur de l’équipe nationale de l’Allemagne.

«Je ne le réalise pas encore que je vais aux Jeux olympiques. J’ai regardé les dernières éditions des Jeux comme tout le monde. Là, je vais y travailler. Je suis choyé de pouvoir vivre ça», a confié l’ancien gardien des Cataractes de Shawinigan, en entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste, à quelques jours de son départ pour la Corée du Sud.

Pour Patrick Dallaire, cette invitation aux Jeux olympiques s’inscrit dans un parcours professionnel aussi spectaculaire qu’imprévu. Une épopée qui l’aura mené des Estacades midget AAA, aux Mooseheads de Halifax jusqu’au Red Bull de Munich en première division allemande, en passant par Salzbourg et la Ligue d’Autriche. «Quand je repense à mon parcours, c’est incroyable tout ce qui m’arrive», admet le principal intéressé.

Pour Dallaire, tout a commencé par un coup de fil de l’entraîneur de la Mannschaft, Marco Sturm, il y a deux ans, à l’approche du tournoi de qualification olympique. De fil en aiguille, une belle complicité s’est installée entre les deux hommes qui ont aussi travaillé ensemble lors du plus récent Championnat du monde. Puis, l’été dernier, Sturm a offert à Dallaire un billet pour PyeongChang. «Comme je travaille avec l’équipe nationale depuis un petit bout, c’est quelque chose que j’espérais, aller aux Olympiques. Dès que j’ai travaillé avec Marco, ç’a cliqué. C’est tout un leader et quelqu’un de très terre à terre. Aussi, le fait de travailler dans la DEL (Ligue élite d’Allemagne) m’a aidé car j’ai la chance de voir évoluer les gardiens.»

UN TOURNOI OUVERT À TOUS
Après avoir terminé 8e au plus récent Championnat du monde, l’Allemagne aborde les Jeux olympiques en confiance. Après tout, sans la présence des joueurs de la Ligue nationale de hockey, le podium semble accessible pour tous, ou presque.

Pour le tournoi olympique, l’Allemagne misera sur deux anciens vétérans du circuit Bettman en Christian Ehrhoff et Marcel Goc. À ce duo se greffent aussi quelques noms ayant déjà évolué en Amérique du Nord, dont l’ex-gardien des Cataractes Timo Pielmeier. «Le tournoi olympique est ouvert plus que jamais cette année. Tout le monde part sur le même pied. La Fédération d’Allemagne est drôlement satisfaite de la progression de l’équipe nationale. Ceci dit, on va y aller un match à la fois», explique Dallaire, tout en suggérant de porter une attention particulière à Dominik Kahun, un attaquant qui attire le regard des dépisteurs professionnels.

SENTIMENTS PARTAGÉS
À PyeongChang, l’Allemagne a d’abord rendez-vous avec la Suède, la Finlande et la Norvège. Pour l’instant, le Canada ne figure pas au calendrier, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour les sentiments de l’entraîneur shawiniganais!

Lors du dernier Championnat du monde, l’Allemagne a croisé le fer avec le pays natal de Dallaire, en quarts de finale. Malgré un vaillant effort de la Mannschaft, le Canada a signé une victoire de 2-1. Évidemment, ce match revêtait un cachet bien particulier pour l’entraîneur des gardiens allemands.

Patrick Dallaire en compagnie de sa conjointe, Kim Paquin, et leur fille, Sarakim Dallaire.

«C’est spécial, essayer de contrer le Canada. Je vais toujours rester Canadien, mais quand je travaille, c’est la business. Tu te ranges derrière l’équipe qui t’engage», raconte Dallaire, tout en précisant être encore très attaché à ses origines. «Je n’ai pas donné mon passeport canadien. J’ai rencontré ma conjointe à Shawinigan, je suis allé à la polyvalente Des Chutes. Je suis encore très près de mes racines et je retourne souvent à Shawinigan», ajoute celui qui poursuit sa folle aventure professionnelle avec l’appui de sa conjointe Kim Paquin et leur fille Sarakim.