Kaitlyn Lawes et John Morris seront les représentants canadiens dans la nouvelle compétition de curling double mixte, où le rythme du jeu promet d’être plus rapide, alors que les rencontres ne devraient durer guère plus que 90 minutes.

De nouvelles épreuves à surveiller

PYEONGCHANG — Plus spectaculaire, plus aérien, plus fou... La devise olympique “Plus vite, plus haut, plus fort” est revue et modernisée pour les Jeux d’hiver de PyeongChang, où quatre nouvelles disciplines font le pari de secouer la vénérable institution sportive.

Les snowboarders tenteront de décrocher la médaille dans les étoiles du big air, les skieurs se mesureront directement dans un slalom parallèle par équipes, les patineurs de vitesse s’élanceront en meute au coude-à-coude dans un départ groupé et le curling proposera une compétition par équipes mixtes au format raccourci se voulant plus punché.

Curling mixte

Un homme et une femme composent une équipe (au lieu de quatre hommes ou quatre femmes dans les formules classiques) et disposent de cinq pierres par bout au lieu de huit. Un match se déroule en 8 bouts au lieu de 10. «Ça va vite, c’est du concentré d’énergie, très athlétique, c’est une dynamique différente» de la formule originale, estime Kaitlyn Lawes, qui représentera un bel espoir de médaille pour le Canada.

Moins de pierres, moins de bouts, moins de temps pour discuter tactique : le jeu devrait gagner en intensité. «C’est une formule de jeu très volatile», déclare l’Américain Matt Hamilton. «Le style de jeu va permettre à de nombreux pays de tenter leur chance.» Un avis partagé par le Canadien John Morris qui espère que cette formule vitaminée attirera de nouveaux pratiquants. «Dans le monde d’aujourd’hui où tout doit aller vite, je pense que des parties de 90 minutes seront plus populaires que des parties de trois heures.» Le Canada amorce son tournoi dès jeudi.

Big air

Une longue rampe (48 m) pour prendre beaucoup de vitesse, s’éjecter très haut et effectuer des figures à n’en plus finir avec une impression d’apesanteur. On parle de triples sauts par l’avant (front 1080) et de quadruples par l’arrière (backside 1140) tout en se posant en relative douceur à la façon d’un vol à ski. Les riders ont 20 minutes pour effectuer les meilleurs sauts possible, leur score final étant constitué de leurs deux meilleures notes combinées. L’Autrichienne Anna Gasser a remporté le big air des Winter X Games le mois dernier à Aspen, au Colorado, où Maxence Parrot, de Bromont, s’est imposé chez les messieurs. Son compatriote Mark McMorris et lui seront à surveiller le vendredi 23 février.

Slalom géant parallèle par équipes mixtes

Le but est de visualiser la course que se livrent les skieurs qui sont d’habitude départagés au chronomètre. Là, deux skieurs s’élancent en même temps sur des tracés parallèles de slalom géant et le premier à franchir la ligne marque le point, quel que soit son temps. Seize nations sont inscrites à PyeongChang. Chaque équipe est constituée de quatre skieurs (2 hommes, 2 femmes). Le principe est celui du tableau à élimination directe : l’équipe qui marque le plus de points se qualifie pour le tour suivant jusqu’à la finale. En cas d’égalité 2-2, le temps combiné du meilleur skieur et de la meilleure skieuse désigne l’équipe victorieuse. Nouvelle aux JO, cette épreuve était au programme des Mondiaux de 2017. La France s’était imposée devant la Slovaquie en finale, la Suède décrochant le bronze aux dépens de la Suisse. À voir le vendredi 23 février, à compter de 21h (heure du Québec).

Stock-car sur patins

C’est une meute pouvant comprendre jusqu’à 28 patineurs qui s’élancera en paquet pour 16 tours d’un ovale de glace de 400 m. «Il y a des chocs, il y a de l’aspiration, il y a de la stratégie. C’est sans aucun doute plus amusant à regarder que les courses habituelles», assure le champion du monde de départ groupé, l’Américain Joey Mantia, qui aime comparer cette discipline aux courses de stock-car. Olivier Jean, de Lachenaie, sera à surveiller, lui qui a remporté le bronze lors des Mondiaux par distances individuelles en 2017. Chez les dames, le titre mondial est propriété de la Sud-Coréenne Kim Bo-Reum, ce qui promet une ambiance survoltée à PyeongChang, le samedi 24 février.

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PLUS DE PAYS QUE JAMAIS

Avant le lever de rideau vendredi sur deux semaines où 102 titres seront en jeu, le CIO enregistre déjà un premier record avec la présence de 92 délégations, dont six nouveaux pays ou nations : l’Équateur, l’Érythrée, le Kosovo, la Malaisie, le Nigeria et Singapour. La Malaisie, un pays tropical où la glace se trouve généralement dans les cocktails, sera notamment représentée par le patineur artistique Julian Yee, qui a commencé à faire du patin à glace dès l’âge de quatre ans sur une rare patinoire locale lors de réunions de famille. Quand il a commencé à faire du patinage artistique plus sérieusement, ses parents l’ont envoyé s’entraîner à l’étranger pendant les vacances scolaires, en Chine et en Corée du Sud.

La persévérance du patineur de 20 ans a payé. Yee a participé à des tournois internationaux et remporté une médaille d’or aux jeux d’Asie du Sud-Est en août 2017, à Kuala Lumpur. Le skieur Jeffrey Webb complétera la délégation malaisienne. Les sportifs malaisiens se consacrent habituellement à des sports plus faciles à pratiquer dans des pays chauds, tel le badminton, discipline dans laquelle la Malaisie a remporté de bons résultats ces dernières années.