Vincent De Haître économisera autant d’énergie qu’il peut à PyeongChang. Ça signifie qu’il se déplacera en trottinette électrique, qu’il éteindra son téléphone et qu’il arrêtera de... sourire.

De Haître en «mode écono»

Il n’y avait pas uniquement des patins, des bobettes et une brosse à dents dans ses bagages pour le voyage à PyeongChang. Vincent De Haître a aussi amené avec lui une... trottinette électrique.

Un achat de 400 $ qui, espère le patineur de vitesse sur longue piste, lui permettra de rester frais et dispo durant les Jeux olympiques. Et surtout l’aider à se diriger vers le podium.

« Je veux éviter de marcher beaucoup », explique le vice champion du monde en titre du 1000 m.

Visiblement, l’athlète franco-ontarien de Cumberland n’a rien laissé au hasard dans sa préparation. Il a calculé tous les déplacements qui l’attendent chaque jour durant la compétition en sol coréen.

« Juste me rendre au site du dîner et du souper, c’est environ 800 mètres de marche chaque jour », dit-il.

Ajouter à cela 2400 mètres afin de se rendre à l’ovale sud-coréen.

« Je ne marche jamais autant dans une journée. Je ne veux pas changer ma routine. »

Ça ne le dérangeait pas de puiser dans ses minces économies afin de s’offrir un moyen de transport alternatif. « Si je ne suis pas prêt à investir dans ma propre performance, je ne devrais pas aller aux Jeux », lance-t-il.

De Haître vivra sa deuxième aventure olympique. En 2014 à Sotchi, il était le plus jeune patineur de l’équipe canadienne.

Aujourd’hui à 23 ans, il s’avère le plus bel espoir de médailles chez les hommes en compagnie de son coéquipier Ted-Jan Bloemen.

De Haître a notamment gagné la médaille d’argent à pareille date l’an dernier aux championnats du monde à PyeongChang. « J’ai de bons souvenirs de cette place-là », avoue-t-il.

« Puis ce sont les mêmes gars qui font la glace à l’ovale de Calgary où je m’entraîne qui s’occuperont de la glace aux Jeux », ajoute-t-il.

Encore une fois, chaque détail compte à ses yeux. Tiens, il a décidé de garder son téléphone intelligent fermé durant les Jeux. Ses parents le savent déjà. Et pas question qu’on le retrouve sur les médias sociaux entre deux courses.

« Je veux limiter les sources de distractions », explique-t-il.

Puis, on ne le verra pas sourire. C’est lui qui le dit. « Ma personnalité change durant une semaine de compétition », confie-t-il.

« Je ne suis pas un Vincent à qui tu aimes parler. Je n’exprime pas mes émotions. Je ne veux pas dépenser de l’énergie à sourire, même si dans le fond, je suis content. Ça peut paraître comme si je suis bête. Parfois, les gens ne comprennent pas pourquoi je suis comme ça. Mais une fois que la compétition est finie, je retourne au Vincent que je suis habituellement. »

Sourire ou non, il prendra le départ non seulement du 1000 m, mais aussi du 1500 m et de la poursuite masculine.

Une médaille olympique serait une belle façon pour lui de conclure un chapitre de sa carrière sportive.

De Haître pourrait remiser ses lames au printemps pendant au moins deux ans. « Je pense vraiment de faire le changement », dit-il.

Plus précisément de passer du patinage de vitesse au cyclisme sur piste où il a déjà connu beaucoup de succès dans les rangs juniors et même seniors.

« Je suis un athlète en premier. Mais en ce moment, je suis un patineur. Peut-être que dans deux mois, je serai un cycliste. C’est très possible que j’arrête de faire du patin complètement pour un bout de temps. »