Kim Boutin a reçu les félicitations de Marianne St-Gelais lorsqu’elle a été confirmée comme médaillée de bronze du 500 mètres.

Comme une religion en Corée

SHERBROOKE — «Pour faire une comparaison, je te dirais que pour les Coréens, le patinage de vitesse courte piste est aussi important que le soccer pour les Brésiliens.»

Maryse Perreault était aux premières loges lors de l’arrivée des Coréens sur la scène du patinage de vitesse courte piste, à la fin des années 80.

Dès que le sport est devenu une discipline officielle aux Jeux olympiques d’Albertville en 1992, Canada et Corée du Sud ont été de farouches adversaires.

«Ce qui s’est passé lors du 500 m de Kim, ce n’est rien de nouveau. Je ne suis pas surpris du type de course mené par la Sud-Coréenne. Là-bas, c’est le sport le plus populaire, c’est leur vie, le patin courte piste. Un patineur qui gagne une médaille n’aura plus de problèmes financiers de sa vie. Déjà, quand ils sont arrivés sur la scène internationale, ils avaient un style bagarreur et un peu intimidateur; il fallait répliquer! C’était vraiment malade!» a expliqué Maryse Perreault, qui a participé aux Jeux olympiques de Calgary en 1988, lorsque la discipline était en démonstration.

«Décision culottée»

L’aînée des sœurs Perreault était cependant estomaquée de voir les réactions démesurées des Sud-Coréens sur les médias sociaux, à l’issue de la course de Kim Boutin.

«En fait, j’ai été la première surprise, très surprise même lorsqu’on a disqualifié la patineuse sud-coréenne. Ce fut une décision culottée, disqualifier la patineuse locale aux Olympiques. Avoir été un juge, j’aurais demandé l’escorte policière pour quitter l’aréna!»

«Par contre, je ne comprends pas les réactions, je ne comprends pas ces attaques. J’avoue être dépassée un peu. Kim a fait la course qu’elle devait. Elle s’est fait bousculer en demi-finale et en finale. La patineuse coréenne devait être sanctionnée, et elle l’a été.»

«Je ne pense pas qu’il y ait de réelles menaces pour Kim. Mais cette situation démontre le danger des médias sociaux. Le seul conseil qu’on peut donner aux athlètes, c’est de se tenir loin de tout ce brouhaha.»

Dix ans après avoir vu sa sœur remporter une médaille de bronze au relais à Calgary, Annie Perreault remportait l’épreuve du 500 m à Nagano, au Japon, en 1998.

Une course, là aussi, physique, qui avait profité à la Sherbrookoise. «Kim a vraiment fait une belle course. Elle a connu un départ écœurant et elle était dans le coup dès le début. Elle a gardé sa place. C’est pour cette raison que la Coréenne n’avait d’autre choix que de forcer la note», a-t-elle analysé.

«C’est leur marque de commerce; ils tournent large, donnent un coup de patin à l’extérieur avant d’entrer rapidement à l’intérieur, en jouant du coude et de l’avant-bras entre les deux patineurs. C’était clairement une faute, Kim avait priorité.»

«Je n’étais pas surprise du tout; je l’ai vu et vécu moi-même. C’est comme ça, leur style de patin, et c’est pire lors des Jeux olympiques. C’est le tout pour le tout. Certains patineurs laissent faire et les laissent passer, d’autres non. Comme Kim.»