Ivanie Blondin a mis la barre haute à la veille de son départ vers PyeongChang

Blondin rêve à plusieurs médailles

Ivanie Blondin a mis la barre haute à la veille de son départ vers PyeongChang. La patineuse de vitesse veut gagner... quatre médailles.

Pas une. Pas deux ou trois. Mais bien quatre.

« Je vise de me retrouver sur le podium quatre fois », lance Blondin au bout du fil. La spécialiste de la longue piste participera aux épreuves individuelles du 3000 m, 5000 m et du départ groupé. À cela s’ajoutera la poursuite féminine, une course par équipe.

« J’ai gagné des médailles dans ces quatre épreuves cette saison en Coupe du monde », rappelle l’athlète d’Orléans.

On peut la comprendre de respirer la confiance. Surtout qu’elle a complété sa préparation olympique avec un point d’exclamation le 21 janvier, remportant le 3000 m d’Erfurt en Allemagne.

La performance que vise Blondin s’avère rare, mais possible.

Cindy Klassen a terminé les Jeux olympiques de 2006 à Turin avec cinq médailles accrochées au cou.

Blondin en sera à sa deuxième aventure olympique. Elle avait terminé notamment 14e au 5000 m, à Sotchi.

Il y a quatre ans, elle n’avait pas participé au départ groupé. La raison ? L’épreuve ne figurait pas au menu des Jeux. Elle a été ajoutée en vue du rendez-vous coréen.

Ça tombe bien.

Blondin a été couronnée championne du circuit de la Coupe du monde à cette épreuve en 2015. L’année suivante, elle a gagné l’or aux championnats du monde.

« Je te dirais que c’est un gros pari le départ groupé. Tu ne sais jamais si tu seras impliquée dans une chute. Oui, je suis forte dans cette épreuve. Mais c’est l’épreuve où le risque de faire une gaffe est élevé aussi. »

À preuve, Blondin a dû se contenter du 10e rang l’an passé aux Mondiaux disputés sur l’ovale de PyeongChang.

Peu importe, son horaire olympique sera chargé.

« J’ai une course la première journée des Jeux et je termine avec une course lors de la dernière journée des Jeux ! »

Ça ne la préoccupe nullement.

« Parce que lorsque nous sommes en Coupe du monde, je suis capable de me retrouver sur le podium plus d’une fois. Et j’ai autant de courses en moins de jours que lors des Jeux. Ça devrait bien aller. » Déjà, Ivanie Blondin sait que ce ne sera pas sa dernière compétition en carrière. À 27 ans, elle veut continuer. « Je veux traverser un autre cycle olympique. Avec le succès que j’ai connu ces dernières saisons, je veux continuer pendant quatre autres années. Mais la journée que je ne serai plus sur le podium ou que je commence à être blessée souvent, ce sera le temps d’arrêter. »

Blondin et les 18 autres patineurs de l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur longue piste ont quitté Calgary mercredi en direction de PyeongChang. Un premier entraînement sur glace est prévu dès vendredi. « Ça va nous donner assez de temps pour nous adapter », a soutenu la vétérante de la formation féminine, qui unira notamment ses efforts à la jeune Isabelle Weidemann, 22 ans, d’Ottawa, lors de la poursuite féminine.

Les deux patineuses formées au club des Concordes ont gagné deux fois le bronze ensemble en Coupe du monde, l’automne dernier, à Heerenven et Calgary.

Reste à voir quelles seront les deux autres femmes qui compléteront l’équipe de la poursuite. Les entraîneurs devront choisir entre Kali Christ, Josie Morrison et Kerry Morrison.

Un œil sur son amie Homan

Enfants puis adolescentes, elles ont passé d’innombrables heures à jouer et surtout discuter de tout et de rien sur la promenade St-Louis, à Orléans. Voilà maintenant que ces deux amies participeront aux Jeux olympiques mais dans des disciplines sportives différentes.

Ivanie Blondin gardera un œil sur les résultats de curling féminin à PyeongChang. Rachel Homan en fera de même sur le patinage de vitesse.

« Nous avons grandi ensemble. Nous avions le même groupe d’amies, même si moi j’allais à l’école française Garneau et que Rachel, elle, se trouvait à Cairine Wilson Secondary School. Tout le monde pratiquait du sport compétitif. Certaines filles jouaient au soccer, d’autres étaient très bonnes en athlétisme, relate Blondin.

«C’est spécial de se retrouver maintenant aux Jeux.»

Blondin fait partie des favorites pour une médaille sur l’ovale de glace. Même chose pour Homan et ses coéquipières Emma Miskew, Joanne Courtney et Lisa Weagle en curling.

Le quatuor a gagné l’or l’an dernier aux championnats du monde, conservant une fiche parfaite de 13-0. Aucune équipe n’était demeurée invaincue lors des éditions précédentes de la compétition vieille de 39 ans.
La formation ontarienne avait mis la main sur le bronze en 2013 puis l’argent en 2014. Elle possède trois titres canadiens.

La seule chose qui lui manque ? L’or olympique.

«Je n’ai jamais joué au curling. Mais nous avons déjà parlé de faire un échange et essayer le sport de l’autre, raconte Blondin.

«Ça va sûrement arriver dans la prochaine année, surtout que Rachel est souvent maintenant à Calgary. Homan a déménagé en Alberta à la suite de son mariage à Shawn Germain, un ancien joueur de hockey professionnel originaire d’Edmonton.

Blondin, elle, s’entraîne à temps plein à Calgary depuis plusieurs années.