Valérie Maltais, Marie-Ève Drolet et Marianne St-Gelais ont remporté l'argent au relais lors des Jeux olympiques de Sotchi. Sur les distances individuelles, elles n'ont pas remporté de médailles, une situation qu'elles aimeraient changer en fin de semaine alors que se tient les Championnats mondiaux de patinage courte piste, à l'Aréna Maurice-Richard de Montréal.

Prêtes pour la revanche

Les trois patineuses de la région, Marianne St-Gelais, Valérie Maltais et Marie-Ève Drolet auront le couteau entre les dents en fin de semaine lors des Championnats mondiaux de patinage courte piste. Avec une confiance renouvelée, elles voudront finir la saison en force et faire oublier les déceptions de Sotchi.
«C'est un peu une revanche», lance sans hésitation Marie-Ève Drolet lors d'une conférence téléphonique avec les médias du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Marianne St-Gelais se sert de la déception de Sotchi comme motivation. «C'est certain qu'il y a quand même un peu de colère. La détermination et le chien viennent un peu de ce que j'ai laissé sur la glace à Sotchi. Oui c'est une revanche en quelque sorte. Je n'utilise pas ce mot parce que je trouve que ça fait trop négatif. Honnêtement, je le fais vraiment pour moi, pour bien finir la saison et ne pas avoir un burnout», confie la patineuse de Saint-Félicien.
«J'ai le goût de prouver à moi-même que ce qui s'est passé, ce n'était pas nécessairement ce que je valais, surtout sur 1000 mètres. Mon parcours s'est tellement arrêté rapidement qu'à mes yeux, je mérite plus que ça. C'est une façon de me prouver à moi-même qu'avant toute chose, je suis encore bonne pour un autre quatre ans et que ce ne sont pas ces résultats qui me revenaient. Le sport est comme ça», reprend-elle, soulignant que ses plus grandes déceptions avaient été au 1000 et au 1500 mètres. Une chute au 1000 mètres a mis fin à son parcours dès la première course alors qu'elle n'a pas atteint les rondes éliminatoires au 1500 mètres. Au 500 mètres, malgré une septième place, la Félicinoise qui avait décroché le bronze à Vancouver se montre satisfaite de sa prestation. En riant, elle affirme que son raisonnement est très clair dans sa tête, ce qui est le plus important.
Oublier rapidement
Après un post-mortem de leurs prestations aux Jeux olympiques, les membres de la délégation canadienne ont rapidement dû passer à autre chose.
Valérie Maltais voulait rapidement retourner sur la glace après une chute dans le dernier virage de la demi-finale au 1000 mètres à Sotchi alors qu'elle était en position pour se qualifier. Elle annonce qu'elle aimerait faire les finales (A et B) sur les trois distances, ce qui lui permettrait de se battre pour le top 5. Maltais convient qu'elle entreprendra la compétition comme celle qui a battu un record du monde au 1000 mètres en ronde préliminaire. «J'ai regardé mes courses et j'ai analysé pourquoi j'étais tombée. Ça fait partie de notre sport aussi les chutes. Ça n'a pas été difficile d'oublier tout ça», soutient la Baieriveraine.
«Je vais m'organiser pour être devant les prochaines fois», reprend-elle avec humour.
Marianne St-Gelais a également profité des dernières semaines pour faire le vide. Elle dit n'avoir rien changé dans la préparation et l'attitude. «Je vais peut-être être plus prudente sur certains trucs. C'est difficile de vouloir changer des choses en deux semaines. Les adversaires restent les mêmes. C'est un peu une reproduction des jeux, convient la Félicinoise.
Le fonctionnement lors des Championnats est bien différent des olympiques ou des coupes du monde. Les huit premiers au cumulatif individuel à l'issue des trois épreuves individuelles se qualifieront pour une super finale de 3000 mètres. «Ce serait encore plus ma force. Si je peux y avoir accès, ça va être encore plus positif», confie Marie-Ève Drolet.
Les Championnats du monde devaient initialement avoir lieu cette année au centre Georges-Vézina. En 2012, Patinage de vitesse Canada avait accordé l'événement à Saguenay, mais les bonzes de l'Union internationale de patinage (ISU) ont fait fi quelques mois plus tard de la recommandation pour décider de tenir le rendez-vous mondial à Montréal. «On aurait adoré être au Saguenay. C'est bien que ce soit plein à Montréal. J'aime bien patiner avec la foule. Aux jeux olympiques, c'est quelque chose que j'ai vraiment aimé avec toute l'énergie que ça amène», exprime Marie-Ève Drolet qui, cette fois, pourra compter sur l'appui de ses proches, dont ses parents, qui n'avaient pu se rendre à Sotchi pour des raisons financières. «On se reprend. Toute la famille vient. Ils vont être beaucoup pour m'appuyer», souligne-t-elle sur un ton enjoué.