Bien connu pour ses exploits de nage en eau libre, Michel Dufour a effectué sa première séance de nage dans les eaux froides du lac Clairval. Pour cette première, il était accompagné d’Emmanuel Colomb, un autre adepte de la nage longue distance en eau libre.
Bien connu pour ses exploits de nage en eau libre, Michel Dufour a effectué sa première séance de nage dans les eaux froides du lac Clairval. Pour cette première, il était accompagné d’Emmanuel Colomb, un autre adepte de la nage longue distance en eau libre.

Préparation pour la traversée du lac Saint-Jean: Michel Dufour s’élance enfin à l’eau

Après trois mois sans pouvoir s’entraîner en piscine, le Chicoutimien Michel Dufour a fait fi du temps frisquet et de l’eau froide du lac Clairval, vendredi, pour enfin effectuer ses premières longueurs en eau libre en compagnie d’un autre compagnon d’aventure, Emmanuel Colomb. L’objectif : s’entraîner en vue de réaliser à nouveau la traversée du lac Saint-Jean en solo cet été.

Le «viking» comme le surnomme Johanne Gagné, propriétaire du Manoir Clairval d’où plongent les nageurs, mérite son surnom. Celui qui doit en plus composer avec une jambe affectée par la poliomyélite ne porte aucune combinaison en néoprène (wetsuit), malgré un petit 54 degrés Fahrenheit (environ 12 degrés Celsius), ce qui rend le défi des premières séances encore plus impressionnantes. « C’est comme le vélo ; une fois que tu l’as, ça revient vite », assure le Saguenéen qui n’en est pas à ses premiers défis en eau froide.

Chaque jour, d’ici la tenue de son défi de traverser à nouveau le lac Saint-Jean à la nage, il effectuera le kilomètre du lac Clairval dans un premier temps, puis prolongera sa distance en enchaînant avec l’autre plan d’eau attenant. « Si l’eau est froide, c’est plus difficile d’aller chercher du volume. Je vais commencer par faire un lac (1 km) et le faire chaque jour, beau temps, mauvais temps », assure-t-il.

Son comparse du jour, Emmanuel Colomb, avait revêtu le wetsuit pour cette première, mais comme il demeure près de la rivière Chicoutimi, ce sera davantage son site d’entraînement par la suite. Sera-t-il du projet de M. Dufour ? « Je vais voir. J’ai déjà fait la traversée du lac Saint-Jean en équipe et l’an passé, on avait fait la descente du Saguenay. (Le secret), c’est la régularité. Il faut nager cinq à six fois par semaine », mentionne-t-il.

La propriétaire du Manoir Clairval, Johanne Gagné, compte améliorer les infrastructures pour permettre aux nageurs comme Michel Dufour et aux triathlètes d’accéder plus facilement au plan d’eau pour s’entraîner. Une ouverture que le nageur a tenu à saluer.

Gestion complexe

Ces trois mois loin de l’eau en raison de la pandémie de COVID-19 ont représenté un beau défi pour le nageur en eau libre. « Ç’a été toute une gestion pour moi, parce qu’il a fallu que je me structure pour faire au moins une activité physique tous les jours. Et j’ai réussi ! », lance-t-il fièrement avant de se lancer à l’eau.

Dès que la fermeture des piscines a été annoncée, il s’est fait un plan de match. Mais il a d’abord fallu qu’il se remette d’une bronchite avant de pouvoir s’entraîner sur un vélo stationnaire et de la musculation. « J’ai bien réussi mon entraînement à 90 % », estime celui qui testait l’efficacité de son entraînement vendredi, avec un premier aller-retour au lac Clairval.

Il s’est d’ailleurs inspiré de deux regrettés monuments de la nage longue distance en eau libre, soit son idole et mentor Robert Cossette, ainsi que Jacques Amyot. « Robert me disait souvent que dans le temps, il n’y avait pas de piscine intérieure. Alors qu’est-ce qu’il faisait pour être prêt à réaliser l’exploit ? Il s’entraînait en gymnase et à partir du mois de mai, il s’entraînait dans des lacs à l’extérieur », relate celui qui, par le passé, avait réalisé la costaude descente du Saguenay, et ce, malgré une absence de huit ans de nage. À l’époque, il s’était entraîné de mai à août et il avait réussi l’exploit avec beaucoup de satisfaction, rappelle-t-il.

Conscient que ce ne sont pas les conditions idéales pour relever son défi estival, Michel Dufour veut aussi démontrer « qu’il y a une vie » en 2020, même si la COVID-19 a mis tout le Québec et bien des activités sportives sur pause pendant un bon bout de temps.

Étapes d’ici la traversée

Si la date de sa traversée du lac Saint-Jean à la nage n’est pas déterminée, Michel Dufour a établi un plan par étapes pour sa préparation. Si tout va bien, lui et les autres nageurs intéressés à effectuer la traversée en solo ou en équipe envisagent le 22 août comme date potentielle. À ses yeux, les écueils surmontés pour réaliser leur projet ne le rendront qu’encore plus grandiose. « Il s’agira d’un exploit unique qui marquera l’histoire sportive. Pensez-y ! La traversée internationale du lac Saint-Jean a été annulée, et une gang de nageur(se) s amateurs qui réaliseront l’exploit. Ce serait extraordinaire », fait-il valoir via sa page Facebook, en invitant les nageurs qui souhaiteraient se joindre à lui.

La décision finale de la traversée se fera vers le 20 juin, « le temps de voir si notre corps pourra supporter de longs entraînements ». Malgré tout, le Saguenéen semble bien déterminé à réaliser son projet malgré une préparation moins longue, confiant que le plaisir sera quand même au rendez-vous !