Pierre Bourdon
Pierre Bourdon

Pour Pierre Bourdon, le passé de la Traversée est garant de l’avenir

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Journaliste retraité, auteur et nageur ayant lui-même concrétisé son rêve de traverser le lac Saint-Jean à la nage, en 1963, l’ancien journaliste du Quotidien Pierre Bourdon est de ceux qui ont la Traversée internationale du lac Saint-Jean tatouée sur le coeur. Bien que déçu pour l’organisation, qui a dû se résoudre à annuler la 66e édition de la traversée de 32 km ainsi que le 10 km FINA, ce dernier est persuadé que les organisateurs sauront surmonter cette situation exceptionnelle.

« Je trouve que c’est une très bonne décision. Ça s’imposait, surtout avec ce qui s’est passé pour les Jeux olympiques (reporté en 2021). Et puis, c’est la Fédération internationale de natation (FINA) qui décide. La Traversée n’a pas vraiment son mot à dire », fait valoir Pierre Bourdon en entrevue téléphonique.

Pour Pierre Bourdon, l’organisation de la Traversée a déjà su surmonter d’autres difficultés par le passé et elle sera en mesure de se tirer de ce mauvais pas à nouveau.

« C’est le plus vieil événement du genre au Québec. L’autre organisation qui a le même nombre d’années d’existence, c’est le Carnaval de Québec », rappelle-t-il.

« Les organisateurs ont toujours su maintenir la Traversée contre vents et marées et ils ont toujours su prendre les décisions pour maintenir l’événement. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, il y a eu des années où ça n’a pas été facile. Quand il y a eu les traversées aller-retour du lac Saint-Jean, c’était une époque de creux de vague. On manquait de nageurs. Les organisateurs se sont virés de bord et ils ont décidé de faire l’aller-retour. Par après, ils sont revenus à la formule initiale », cite-t-il en exemple.

«Mais actuellement, c’est comme un genre d’’Act of God’. On ne sait pas quand ça va s’arrêter. En plus, il n’y a pas beaucoup de commanditaires, à ce moment-ci, qui sont chauds à l’idée de s’embarquer avec une organisation sans savoir ce qui peut arriver », ajoute-t-il.

Outre l’organisation, Pierre Bourdon a aussi une pensée pour les athlètes. « C’est évidemment décevant, autant pour les organisateurs que les athlètes, mais ça s’imposait. Ce qui est malheureux, par contre, ce sont les gens qui s’entraînaient pour ça. En natation, une norme assez connue veut qu’une personne qui ne s’entraîne pas pendant une semaine ait besoin d’un bon mois pour retrouver le niveau d’efficacité physique qu’elle avait auparavant. Si elle arrête trois semaines, ça prend trois mois d’entraînement, etc. Dans ce contexte, c’est bon que les athlètes puissent l’apprendre un peu d’avance. Certes, ils doivent être déçus, mais pas autant que s’ils l’avaient appris à la dernière minute. »

Pierre Lavoie

Pierre Lavoie

Cofondateur du Grand défi qui porte son nom, Pierre Lavoie est évidemment triste pour le comité organisateur de la 66e édition de la Traversée, mais dans le contexte actuel et avec le report des Jeux olympiques, il croit lui aussi que c’était la décision qui s’imposait pour le volet international de la compétition.

« Comme organisateur, il faut peser le pour et le contre et se dire que, parfois, quand l’environnement n’est pas idéal, il vaut mieux sauter une année pour revenir beaucoup plus fort. Les gens vont s’ennuyer (de l’événement) », énonce Pierre Lavoie à l’autre bout du fil. Son équipe et lui ayant dû se résoudre à annuler plusieurs de leurs grands rendez-vous (Course des jeunes, le 1000 km, La Boucle, etc.), il comprend bien la situation dans laquelle l’organisation robervaloise se retrouve. Mais parfois, il vaut mieux pour les organisations de passer un tour plutôt que de s’entêter et de se retrouver avec des engagements financiers importants à supporter, estime-t-il.

Michel Dufour, au centre

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MICHEL DUFOUR MAINTIENT LE CAP

Bien connu pour ses exploits de nage en eau libre, Michel Dufour mijotait un nouveau projet en lien avec le lac Saint-Jean, cet été. Comme tous les amoureux de natation, le Saguenéen est bien sûr déçu de voir les deux épreuves, la 66e édition de la Traversée internationale du lac Saint-Jean et le 10 km FINA, annulées, mais il comprend qu’avec la pandémie mondiale du coronavirus qui prévaut, l’organisation n’avait pas vraiment le choix. 

« Dans les circonstances, je crois que c’est une sage décision », estime celui qui a déjà réussi la traversée amateur du lac Saint-Jean en solo à quelques reprises.

Quant à son projet estival, il n’y a pas renoncé pour l’instant, tout comme la Traversée n’a pas renoncé à présenter les compétitions provinciales. Ce qui complique les choses actuellement, c’est qu’il n’est pas possible pour les éventuels participants de s’entraîner en piscine ni dans les petits lacs encore gelés.

« Il est trop tôt pour décider si j’annule l’événement. Ce sont des circonstances exceptionnelles et les probabilités qu’on fasse le lac Saint-Jean cette année sont assez minces. Mais j’attends encore un peu avant d’annoncer quoi que ce soit. D’ici là, on maintient le cap », assure celui qui se remet d’une vilaine grippe (non, ce n’est pas la COVID-19). 

« Je me tiens tranquille et je récupère et, par la suite, je devrais faire de la musculation. »