Le programme Podium Pierre Lavoie a récompensé l’excellence de 5 athlètes de Saguenay, mardi soir, en remettant 4 bourses de 5000 $ et une bourse de 10 000 $. De gauche à droite : Pierre Lavoie, Claudie Simard (triathlon), Nancy Gaudreault pour Claudia Gagnon (patinage de vitesse), Anne-Frédérik Drolet (athlétisme), Josée Néron, mairesse de Saguenay, Arno Blacquière (judo) et Christine Bureau pour Océane Fillion (surf des neiges).

Podium Pierre Lavoie: 30 000$ pour 5 athlètes

Le judoka Arno Blacquière s’est taillé la part du lion, mardi soir, en repartant avec une bourse de 10 000 $ à l’issue de la cinquième et dernière remise des bourses du Podium Pierre Lavoie. Les quatre autres récipiendaires de l’édition 2018, Anne-Frédérik Drolet (athlétisme), Océane Fillion (surf des neiges), Claudia Gagnon (patinage de vitesse) et Claudie Simard (triathlon) ont chacune mérité une bourse de 5000 $.

Au total, les cinq athlètes se sont partagé les 30 000 $ du programme d’aide créé en 2013, sous l’égide de Ville de Saguenay qui assurait le financement. Cette aide financière n’a pas été renouvelée (voir autre texte).

Cela dit, les cinq lauréats de la cuvée 2018 ont été récompensés non seulement pour leur excellence sportive, mais aussi pour leur implication dans leur milieu et leur dossier académique.

Âgé d’à peine 16 ans, Arno Blacquière pourra poursuivre sa progression sur la scène nationale et internationale. Champion canadien en titre chez les U18, moins 55 kilos, Blacquière a conservé son titre en gagnant l’or à la très sélecte compétition Élite 8. Il a aussi participé aux Championnats panaméricains U18 au Mexique où il a remporté le bronze. Grâce à ses succès, il a été choisi pour prendre part à des camps d’entraînement et des compétitions internationales (Italie et Espagne). Parmi ses objectifs, il vise l’or aux Jeux du Canada 2018. 

La Jonquiéroise Anne-Frédérik Drolet fait partie de l’élite régionale en athlétisme. En plus de se distinguer au plan académique, elle se démarque sur la scène provinciale et nationale. Cette année, elle aspire entre autres à se tailler une place dans le top-5 du 1500 m au Championnat canadien junior d’athlétisme (U20) et à se qualifier pour les championnats du monde d’athlétisme. Son potentiel lui a valu une bourse de la Fondation Bruny Surin pour participer à un camp d’entraînement en Floride (IMG Academy).

Ralentie par une opération majeure à un genou, Océane Fillion, 19 ans, est de retour sur sa planche et elle continue de rêver d’une participation aux Jeux olympiques d’hiver. La spécialiste du slopestyle a d’ailleurs ajouté la discipline du Big Air à son programme et elle espère se tailler un poste au sein de l’équipe nationale senior. Pour améliorer son classement, la Saguenéenne doit participer à plusieurs camps d’entraînement et compétitions dans l’Ouest canadien ou ailleurs dans le monde.

Claudia Gagnon, 19 ans, de La Baie, vient de clore une excellente saison. Médaillée de bronze sur 1000 m aux Championnats canadiens juniors, elle s’est qualifiée pour les Mondiaux juniors en Pologne. Au relais, elle a contribué à la conquête historique de la toute première médaille d’or du Canada à cette épreuve des Championnats du monde juniors et elle se joindra à l’équipe nationale.  

Enfin, Claudie Simard, 19 ans, de Chicoutimi, est la première triathlète de la région à faire partie de l’équipe du Québec. En 2017, elle s’est distinguée avec une 6e place au Championnat canadien junior tenu à Ottawa, en plus de signer la meilleure performance des Québécoises. Elle s’est aussi démarquée avec une 20e position à ses tout premiers championnats panaméricains juniors. Cette année, elle fait son entrée dans la catégorie U23, mais ses objectifs ne sont pas moins élevés. D’ailleurs, elle revient d’un camp d’entraînement avec l’équipe du Québec junior en Arizona afin d’être fin prête pour le début de la nouvelle saison. 

PIERRE LAVOIE RÊVE D'UN AIDE RÉGIONALE

Le non-renouvellement du programme de bourses d’athlètes Podium Pierre Lavoie (PPL) sera peut-être l’occasion de créer une nouvelle fondation d’envergure régionale cette fois.

L’idée a été lancée, mardi soir, lors de la dernière remise de bourses à cinq athlètes de Saguenay qui se sont distingués sur la scène nationale et internationale. Chaque année, depuis cinq ans, le PPL a attribué un montant total de 30 000 $ pour offrir une aide substantielle à des athlètes de Saguenay qui ne bénéficiaient pas de brevet d’athlètes (carding).

Prenant la parole en présence de la mairesse de Saguenay, Pierre Lavoie s’est dit très confiant pour la suite des choses, peu importe la forme que cela prendra. Il a même lancé l’idée de profiter de l’occasion pour créer une nouvelle entité régionale qui viendrait en aide aux athlètes de talent de l’ensemble de la région. 

« C’est encore une réalité, quand on atteint un certain niveau et qu’on réside dans la région, il y a une période de transition avant d’être ‘‘cardé’’ et de recevoir un peu de financement provincial et fédéral. Ce n’est pas facile pour les parents et les athlètes », souligne Pierre Lavoie, qui s’est dit fier des athlètes qui ont bénéficié du programme PPL au cours des cinq dernières années, bien qu’il soit conscient que les besoins dépassent largement l’aide disponible. Il a d’ailleurs tendu la main au milieu des affaires. 

« Mon rêve est que l’on poursuive cette aide sous une forme à définir. On va voir de quelle façon (Saguenay) peut poursuivre cette aide et comment nous, nous pourrons collaborer par nos contacts. L’implication de la ville est importante, mais je pense que le milieu peut aussi s’impliquer. C’est la responsabilité de tout un chacun d’aider un jeune qui atteint un niveau d’excellence. »

Pierre Lavoie souhaite rallier la région. « Les athlètes du Lac ont aussi des besoins. Ce renouveau sera peut-être l’occasion de créer une association entre le Lac et le Saguenay dans laquelle on impliquera des entreprises. On sera peut-être en mesure d’aller chercher un montant significatif pour continuer à aider cette strate (d’athlètes) qui n’a pas toujours les moyens de compétitionner au national et à l’international. (...) Si on rallie la population et les entreprises, je pense qu’on serait en mesure de créer quelque chose qui va perdurer dans le temps, que ce soit une nouvelle structure ou une qui existe déjà, mais que l’on pourrait bonifier », ajoute-t-il en précisant qu’il mettra l’épaule à la roue.

La mairesse Josée Néron est aussi d’avis que les athlètes doivent continuer d’être soutenus et que le milieu doit s’impliquer. « Le dossier est à l’étude et il y a des pourparlers avec des organisations qui sont déjà en place pour assurer la suite. Mais soyez assurés qu’en tant que ville, nous sommes conscients qu’on doit être au rendez-vous. Je suis pleinement d’accord avec Pierre que le milieu doit nous rejoindre pour pouvoir assurer la possibilité, pour nos jeunes, de rester en région et de pouvoir se développer en région. »