Pilar Geijo, facilement

Pas de doute du côté des femmes. Pilar Geijo de l'Argentine a été couronnée pour une troisième fois, loin devant ses poursuivantes.
Pilar Geijo l'avait emporté en 2010 et 2011 et avait pris la deuxième place l'été dernier, derrière la Russe Olga Kuzydub qui avait même menacé les hommes. Elle était de loin la plus fraîche du groupe des meneurs à son arrivée et a été la seule à s'adresser immédiatement aux journalistes avant de passer par la clinique médicale. Tout sourire, elle ne cachait pas sa joie, d'autant plus que cette victoire lui permettait de prendre la tête du classement mondial, après quatre épreuves. «Je suis vraiment contente. La Traversée, c'est vraiment ma course préférée. C'est l'une des plus difficiles dans le monde. C'est toujours spécial», a indiqué celle qui retrouvait son titre à sa sixième participation à l'épreuve jeannoise.
Comme tous les autres participants, elle a toutefois dû trimer dur. La nageuse de 29 ans a réussi à suivre le rythme des meneurs pendant un peu plus de quatre heures avant d'être lâchée pour terminer une quinzaine de minutes derrière et au 7e rang au cumulatif. Elle avouait que l'eau froide, mais surtout les vagues, lui avait donné du fil à retordre.
«Ce n'est jamais facile ici, a-t-elle lancé en riant. Aujourd'hui, c'était la journée la plus difficile (par rapport aux autres années). Il y avait beaucoup de vagues pendant deux heures.»
Lavoie 5e
La fatigue extrême n'a pas empêché l'Almatoise Sabryna Lavoie d'afficher un large sourire après avoir touché la plaque d'arrivée. La seule représentante régionale et seule Canadienne en lice chez les filles a enregistré un premier résultat officiel à sa troisième participation avec une sixième place (8h09m53).
À sa première tentative, Sabryna Lavoie avait été contrainte à l'abandon. L'an dernier, elle avait conclu, mais n'avait pas terminé dans les délais prescrits, soit moins de deux heures après la gagnante. Hier, elle a suivi la championne, Pilar Geijo, de moins d'une heure. «Mon objectif était d'améliorer mon temps, je pense que j'ai réussi», s'est-elle exclamée, radieuse, sous les applaudissements nourris de la foule encore une fois très nombreuse à l'arrivée.
Elle a ajouté qu'elle avait énormément progressé lors de la dernière année, sous la supervision d'Emmanuel Vergé, dans le programme du Rouge et Or de l'Université Laval. Son entraîneur l'accompagnait dans la chaloupe et a dû travailler sur sa motivation. «C'était très froid. Il y avait beaucoup de vague de face, a-t-elle relaté, ce qui résumait la pensée de bien des nageurs.
«Dès le départ, j'ai vu que ça ne serait pas facile et j'ai eu un petit découragement, mais je n'ai pas lâché», de confier Sabryna Lavoie qui était finalement très heureuse d'avoir persévéré.