Pierre Pilote fils a vu la statue de bronze de son père une première fois, vendredi, au Palais des sports de Jonquière.

Pierre Pilote retourne là où tout a commencé

Pierre Pilote s’est toujours décrit comme un « p’tit gars de Kénogami » et ses enfants n’ont surtout pas oublié leurs racines. La preuve, c’est que l’un d’eux, Pierre Pilote fils, est de passage dans la ville qui a vu grandir l’ancien défenseur vedette des Blackhawks de Chicago.

M. Pilote fils est arrivé au Saguenay en début d’après-midi vendredi, dans ce qu’il appelle un retour aux sources et un pèlerinage. Accompagné de sa conjointe Anita, celui qui ressemble fortement à son père, décédé le 10 septembre 2017, a apporté différents souvenirs familiaux, en plus des cendres du paternel et de sa mère.

Une première rencontre a eu lieu au Palais des sports de Jonquière, devant la statue de bronze grandeur nature de Pierre Pilote, réalisée par l’artiste-sculpteur Jérémie Giles et inaugurée en 2012. Deux cousines et une petite-cousine demeurent encore au Saguenay, et même si les membres directs de la famille sont de moins en moins nombreux, personne n’a oublié les racines kénogamiennes de M. Pilote.

« Ça veut dire beaucoup de revenir ici et de connecter avec les membres de la famille, a raconté Pierre fils, qui voyait la statue pour une première fois. Je veux montrer cet héritage à mes enfants que nous sommes fiers de ce que mon père a fait. On ne vit pas au Québec, mais on demeure très fiers. »

Pilote fils a appris il y a quatre mois que son père allait être intronisé au Panthéon des sports du Québec, à titre posthume, la semaine prochaine. C’est à ce moment que le projet de revenir au Saguenay a refait surface. Il est entré en communication par courriel avec Lise Blanchette, une cousine qu’il n’avait jamais rencontrée jusqu’à vendredi. C’est d’ailleurs grâce à Mme Blanchette que Le Progrès a pu assister aux premières retrouvailles, vendredi après-midi, dans le hall du Palais des sports.

La dernière visite de Pierre Pilote fils dans la région remontait à 1967, alors qu’il avait à peine 10 ans. Malgré son jeune âge, quelques souvenirs ont refait surface lors de son arrivée, vendredi.

« En conduisant dans le secteur, je me suis rappelé des rues, a partagé le sympathique homme. Avant que mon père décède il y a deux ans, nous avions planifié un voyage ici pour visiter tout le monde. Il est ensuite tombé malade, mais le plan du voyage est demeuré. »

Pierre Pilote fils a fait le voyage au Saguenay en compagnie de sa conjointe, Anita. Il a également apporté les cendres de ses parents.

La progéniture de l’ancien défenseur #3 des Blackhawks de Chicago a été élevée en milieu anglophone. Pierre fils est né à Fort Erie, en Ontario, avant d’être élevé à Chicago. Il habite aujourd’hui en Ontario, de sorte qu’il s’exprime uniquement en anglais. Il s’est d’ailleurs excusé de ne pas maîtriser la langue de Molière. « C’est dommage », a-t-il dit en français. David, Renée et Denise sont les trois autres enfants de la famille.

Pierre Pilote père a quitté sa Kénogami natale à l’adolescence. Son père, à l’emploi du Canadien National, avait alors été transféré en Ontario.

Pierre Pilote fils tenait depuis longtemps à revenir dans la ville natale de son père.

« Il est parti quand il avait 13 ans, mais il a appris sa passion pour le hockey, les sports et la vie, ici, dans la région. Il a quitté le Québec, mais le Québec ne l’a jamais vraiment quitté », a fait remarquer son fils, conscient du statut de vedette de son père au Saguenay, particulièrement à Kénogami et Jonquière.

« C’est vraiment revigorant de revenir ici, de voir tous ces gens et de retrouver les racines familiales », a-t-il conclu.

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UNE ILLUSTRE CARRIÈRE

Pierre Pilote est né le 11 décembre 1931, à Kénogami. Après avoir fait ses classes dans la Ligue américaine, il joint les Blackhawks de Chicago au milieu des années 50, où sa carrière a pris son envol.

En plus de remporter la coupe Stanley en 1961, il a remporté le trophée Norris à trois reprises, remis au meilleur défenseur de la Ligue nationale de hockey. Il a aussi été nommé capitaine des Hawks en 1961. Fort d’une carrière de 14 saisons, son chandail #3 a été retiré par l’organisation en 2008.

Il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1975. Il a finalement joué 821 matchs avec Chicago, amassant 477 points, en plus d’en disputer 82 autres en séries éliminatoires. Il a conclu sa carrière dans la LNH en 1968-1969, dans l’uniforme des Maple Leafs de Tortonto.

«On se souviendra de lui en raison de sa robustesse, de son leadership et de sa fiabilité, comme le démontrent ses années passées à titre de capitaine et sa séquence de 376 matchs. Nous serons toujours grandement reconnaissants pour son incroyable contribution aux Blackhawks et au hockey», avait écrit l’organisation lors de l’annonce de son décès, en septembre 2017.

Son fils Pierre a eu la chance de le voir évoluer dans le mythique Chicago Stadium en compagnie de son frère et ses soeurs. Il a vu de près les Bobby Hull, Stan Mikita et autres vedettes du club, en plus de se souvenir d’un certain Jean Béliveau.

«J’étais assis entre les bancs des deux équipes et je regardais chaque détail du jeu, s’est souvenu Pierre Pilote fils. Après le match, je traversais la patinoire et j’allais me promener près des vestiaires du Chicago Stadium.»