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Jérôme Gaudreau
La Tribune
Jérôme Gaudreau
Phillip Danault
Phillip Danault

Phillip Danault ou le « joueur essentiel du CH »

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CHRONIQUE / S’il y a quelqu’un qui connaît l’importance d’un joueur comme Phillip Danault, c’est bien Yanic Perreault. Deux joueurs au style similaire, mais en plus, l’ancien hockeyeur de Sherbrooke a également assisté aux premiers coups de patin de Danault dans la LNH chez les Blackhawks de Chicago. « Dans toutes les équipes, il y a ces vétérans qui aideront les plus jeunes et sur lesquels les entraîneurs peuvent compter peu importe la situation. Phillip en fait partie. Il est un joueur essentiel pour le CH. »

Les parcours de Danault et Perreault se ressemblent beaucoup. Après un passage remarqué dans la LHJMQ, les deux joueurs de centre ont dû faire leurs preuves dans la Ligue américaine pendant deux ou trois ans avant de percer la Ligue nationale de hockey à des époques différentes. Les deux Québécois sont ensuite devenus de vrais spécialistes des mises en jeu, capables de produire une cinquantaine de points par saison.

« Quand Phillip est arrivé à Chicago, il avait ce désir d’apprendre qui a fait de lui un meilleur joueur, se souvient Yanic Perreault. Il était le premier à sauter sur la glace et le dernier à en sortir. À mes débuts, comme lui, je regardais travailler les meilleurs joueurs de mon équipe et je tentais d’apprendre en faisant comme eux. Dans le junior ou dans la Ligue américaine, je n’avais pas vraiment de base. J’y allais selon mon instinct, mais ça prenait plus que de l’instinct pour avoir du succès dans la LNH. »

« Chez les Blackhawks, on a des Jonathan Toews, Andrew Shaw, Patrick Kane ou des Duncan Keith qui n’hésiteront jamais à appuyer les recrues, poursuit Perreault. Malgré son jeune âge, Phillip est déjà un modèle pour plusieurs jeunes coéquipiers, j’en suis certain. Tout comme Shea Weber ou Carey Price par exemple. »

Dans cette chronique, la semaine dernière, l’ancien du CH Marc Bureau rappelait à quel point les joueurs de centre étaient parfois laissés à eux-mêmes lorsque venait le temps de pratiquer les mises en jeu. 

« Il y a un entraîneur des gardiens, un entraîneur des défenseurs, un responsable de l’avantage numérique ou de l’infériorité numérique, alors pourquoi la majorité des équipes de la LNH n’ont-elles pas d’entraîneur pour les joueurs de centre et les mises en jeu? » se demandait Marc Bureau. 

Yanic Perreault est justement l’un de ces rares responsables des mises en jeu en poste dans la LNH.

« Avec la COVID-19, je me retrouve moins souvent sur la glace avec les joueurs à cause des restrictions, donc on doit se rabattre souvent sur les séances vidéo. »

Celui qui est attitré au développement des joueurs chez les Hawks et les IceHogs de Rockford admet que l’absence d’un vétéran joueur de centre comme Toews fait mal à son équipe cette saison. 

« Il est tout un leader. Il manque beaucoup aux Blackhawks. »

Par son rôle de mentor, Perreault a eu le luxe de pouvoir allonger sa carrière d’une saison ou deux. Ce qui pourrait être le cas de Danault à Montréal... ou ailleurs.

« À ma dernière année, aider les recrues faisait partie de mon rôle à Chicago. Chaque équipe tente d’avoir le mélange parfait de jeunes et de vétérans. Ce sont ces vétérans qui sont envoyés sur la glace avec des missions spéciales. Le Canadien a des joueurs comme Phillip pour effectuer ce genre de tâches. Quand on regarde ses statistiques aux cercles de mises en jeu entre autres, c’est impressionnant, mais ça l’est encore plus quand on sait qu’il obtient ces chiffres en étant même envoyé sur la glace pour affronter les meilleurs, dont le spécialiste des mises en jeu des autres équipes! »

Yanic Perreault a pu ajouter quelques années de plus à sa longue carrière dans la LNH en jouant le rôle de mentor, ce que pourrait faire également un joueur comme Phillip Danault chez le Canadien... ou ailleurs.

Le cœur entre Montréal, Anaheim et Chicago

Même s’il habite Chicago depuis de nombreuses années, Yanic Perreault revient à Magog chaque été et continue de garder un œil sur les activités de son ancien club, le Canadien de Montréal.

« Mes enfants suivent encore le Canadien et on regarde les parties en famille. Montréal a connu un bon début et mise beaucoup sur sa profondeur. Le Canadien a généré de l’offensive à ses premiers matchs, ce qui le rend très intéressant à regarder cette saison. Le CH a montré qu’il formait une solide équipe de la division canadienne. »

Pendant ce temps, Perreault suit également de loin les Ducks d’Anaheim puisque son fils a été repêché en première ronde l’été dernier par cette même équipe.

Âgé de seulement 18 ans, Jacob Perreault peut exceptionnellement évoluer dans la Ligue américaine étant donné que la Ligue de hockey de l’Ontario n’avait toujours pas repris ses activités en début de campagne. 

« C’est une belle expérience pour lui. Il a participé au camp des Ducks et puisque les Gulls de San Diego évoluent cette année à Anaheim, les Ducks demandent souvent à Jacob de se joindre à eux pour assister en personne aux parties. »

Jacob Perreault habite présentement avec deux autres espoirs des Ducks, Trevor Zegras et Jamie Drysdale, qui profitent du même privilège que lui. 

« Ils ont la chance d’avoir un avant-goût de ce qu’est le hockey professionnel. Ils côtoient des joueurs âgés d’une dizaine d’années de plus qu’eux, c’est donc le moment parfait pour ces jeunes joueurs d’ajouter des outils à leur coffre avant de faire le grand saut dans la LNH. »