Gilles Lépine a accueilli le responsable des sports de l’UQAC, Philippe Gagnon, lors de sa visite à l’Université de la Colombie-Britannique.

Philippe Gagnon à l’autre bout du Canada pour les Inuk

À ses frais, le responsable du sport universitaire à l’UQAC, Philippe Gagnon, s’est rendu à l’autre bout du pays pour passer quelques jours dans l’univers des Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique.

Le Saguenéen visait deux objectifs bien précis lors de ce périple. D’abord, en plus de sortir de sa zone de confort, il désirait côtoyer le responsable Gilles Lépine, qui a occupé les mêmes fonctions avec le Rouge et Or de l’Université Laval pendant 12 ans avant de s’expatrier l’an dernier. «Je me suis dit que de le regarder travailler, agir et interagir, allait me donner des outils», de noter Philippe Gagnon, soulignant sa vision rassembleuse. 

Dans un deuxième temps, Philippe Gagnon voulait voir de ses yeux comment fonctionne le meilleur programme de sport universitaire au Canada. Il mentionne fièrement avoir eu un accès privilégié comme observateur, obtenant l’accès à plusieurs rencontres.  «On les idéalise beaucoup ces programmes-là, mais ils ont des enjeux à la même hauteur que de petits programmes comme nous. Je voulais voir si dans leurs manières de travailler, il y a des choses que je peux ramener chez nous, qui sont transposables avec les Inuk», fait-il valoir. 

L’Université de la Colombie-Britannique, c’est 50 000 étudiants, dont 650 athlètes, ce qui est deux fois plus que le Rouge et Or. Pas moins de 25 équipes portent les couleurs des Thunderbirds qui ont remporté 14 championnats lors de la saison 2016-2017. Pour donner une idée de grandeur, 41 personnes travaillent à temps plein sur les différents programmes sportifs, en plus des entraîneurs. De leur côté, les Inuk regroupent une cinquantaine d’étudiants répartis dans trois disciplines, l’athlétisme, le cross-country et le volleyball féminin, ayant pris la deuxième place de la division 2 lors du plus récent Championnat provincial. Une médaille d’or et deux de bronze ont également été remportées en athlétisme. «C’est sûr qu’on tombe dans une culture complètement différente, mais qu’est-ce qu’on peut apprendre d’eux?», se demande Philippe Gagnon. Malgré qu’on est un plus petit programme, je suis convaincu qu’on peut aller chercher des bribes et s’en inspirer. Ça pourrait nous éviter des erreurs qu’ils ont faites.

«C’est extraordinaire. Ça fait rêver, mais ça ne fait pas rougir. Dans les réunions, je me disais constamment ‘‘ ah, ça on pourrait faire ça’’», rappelle le responsable chicoutimien, précisant qu’à son avis, les deux institutions ont un défi commun soit le défi de l’implication de la communauté universitaire. 

«Je suis convaincu que le sport universitaire dans une université, c’est la meilleure promotion. Ça ne représente pas seulement une faculté, mais tous les étudiants-athlètes. Le sport, ça rejoint tout le monde même quand tu n’es pas un amateur et que tu suis ça du coin de l’oeil. C’est universel.»

Le visage du sport de l’UQAC a changé

Dans les dernières années, le visage du sport à l’UQAC a passablement changé, passant de huit à trois disciplines. Philippe Gagnon garde le dialogue ouvert pour remettre des disciplines au programme. D’ici là, il entend revoir l’encadrement offert aux étudiants-athlètes et sensibiliser les dirigeants de l’université régionale à l’importance du sport. 

«On n’a pas les moyens pour ajouter des équipes. Dès qu’on va avoir les moyens de le faire, on va le faire. Pour l’instant, on ne peut pas», reconnaît Philippe Gagnon qui a dû se résoudre à laisser tomber le soccer à l’issue de la dernière saison. 

Le responsable entend également repenser l’auto-financement des programmes sportifs. Il veut donc entamer des discussions dans le milieu universitaire sur d’autres moyens de financer le sport. «On ne pourra pas ajouter d’équipes tant qu’on n’aura pas amélioré notre service aux étudiants-athlètes», d’indiquer Philippe Gagnon, précisant que des bourses alléchantes représentent une bonne locomotive de recrutement et donc de performance. 

«Le jeune qui a une offre de l’UQTR ou de Laval, on doit devenir une option et qu’un moment donné, il nous choisisse», fait-il valoir