En finale de la coupe Memorial, la logique a été respectée alors que les Huskies de Rouyn-Noranda, meilleure équipe au Canada durant toute la saison, sont revenus de l’arrière avec quatre buts sans réplique pour se sauver avec la victoire.

Une fin de saison rêvée au hockey junior majeur

CHRONIQUE / Le 50e anniversaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) s’est clôturé de très belle façon, dimanche, avec une finale de la Coupe Memorial mettant aux prises deux équipes du circuit Courteau, les Huskies de Rouyn-Noranda et les Mooseheads de Halifax, et ce, pour une deuxième fois seulement dans l’histoire du tournoi. Que demander de mieux !

L’événement a connu un superbe succès avec 9000 forfaits vendus avant le début du tournoi, ce qui a permis de présenter pratiquement tous les matchs à guichets fermés. Les gens de Halifax étaient au rendez-vous. La seule réprimande que je peux faire à cette population, c’est qu’elle a appuyé les équipes de la Ligue de l’Ontario et de la Ligue de l’Ouest quand Rouyn-Noranda était impliquée. J’ai un peu eu de misère avec cette attitude.

On a souhaité une finale toute LHJMQ, et c’est ce qu’on a eu. La majorité des experts avait d’ailleurs prédit une finale entre Rouyn-Noranda et Halifax. Au cours des 10 dernières années, le gros trophée a été remporté à cinq reprises par une équipe de la LHJMQ.

S’il fallait que le circuit Courteau obtienne les mêmes résultats que la Ligue de l’Ouest, alors que l’équipe championne n’a pas gagné un seul match au tournoi de la Coupe Memorial depuis 2015 – victoire des Rockets de Kelowna en demi-finale contre les Remparts de Québec –, je vois déjà plusieurs médias monter aux barricades contre le hockey québécois. On aurait surtout reproché à la province de ne pas développer nos joueurs de hockey, mais avec les résultats obtenus depuis 10 ans, c’est difficile de critiquer Hockey Québec, et surtout la Ligue midget AAA, qui fournit la majorité des joueurs à la LHJMQ.

Les régionaux s’illustrent

Les joueurs de la région se sont fait remarquer pendant le tournoi. Le gardien Samuel Harvey a connu un début de tournoi difficile, mais en demi-finale et en finale, il a été tout à fait exceptionnel. De son côté, Rafaël Harvey-Pinard, le grand leader de l’attaque chez les Huskies, a été la bougie d’allumage de cette formation. D’ailleurs, les rumeurs veulent qu’il devienne la propriété des Saguenéens de Chicoutimi à titre de joueur de 20 ans la saison prochaine. Ce serait toute une acquisition pour le club local.

Noah Dobson, le super défenseur des Huskies, a joué plus de 39 minutes en demi-finale et il en a joué pratiquement autant lors de la grande finale. C’est un exploit exceptionnel ! Et justement, en finale, la logique a été respectée alors que les Huskies de Rouyn-Noranda, meilleure équipe au Canada durant toute la saison, sont revenus de l’arrière avec quatre buts sans réplique pour se sauver avec la victoire. Mais les Mooseheads leur ont offert toute une opposition et ils peuvent être fiers de leur performance.

Mario Pouliot, l’instructeur des Huskies, a gagné une deuxième Coupe Memorial consécutive, après son titre acquis à la barre du Titan d’Acadie-Bathurst il y a un an. Pourtant, il avait été congédié il y a quelques années par le Drakkar de Baie-Comeau, faute de succès. Comme quoi le travail d’entraîneur n’est pas toujours de tout repos.

Finalement, la LHJMQ tiendra son repêchage annuel dans deux semaines, à Québec. La rumeur veut qu’en première ronde, seulement huit des 18 formations vont repêcher un joueur. Les autres équipes échangeraient leur sélection. Les Saguenéens ont toujours leur choix de premier tour – 18e au total –, mais est-ce qu’ils l’auront encore le 8 juin ? C’est la grande question.

Les fameux arbitres !

Je suis heureux de ne plus faire partie de la confrérie des arbitres. Que ce soit les arbitres au hockey, au baseball, au basketball ou au football, ils n’ont plus droit à l’erreur. Les joueurs peuvent se permettre d’en faire, mais pour les officiels, plus rien n’est accepté par les spectateurs. C’est pourquoi c’est devenu presque inhumain de faire de l’arbitrage.

On est rendus à présenter reprise par-dessus reprise. J’accepte qu’on utilise la reprise dans certains cas pour le junior majeur ou dans la Ligue nationale de hockey (LNH), par exemple pour confirmer ou infirmer un but. Maintenant, on est rendus à réviser les hors-jeu, les rondelles dans les estrades, les bâtons élevés, et ça ne finit plus. Avec toutes ces reprises, les parties s’éternisent.

La question que je me pose : quand un joueur commet une erreur, on ne va pas automatiquement à la reprise vidéo, mais quand c’est le cas des arbitres, on a immédiatement le droit à la reprise, mais on n’a surtout pas droit à l’erreur. Les arbitres demeurent des humains ; ce ne sont pas des robots.

J’ai arbitré pendant une vingtaine d’années au baseball et au hockey. J’ai fait des erreurs, il n’y a aucun doute là-dessus, mais personne ne m’en parle aujourd’hui. On me parle des souvenirs du temps. Heureusement, à mon époque, il n’y avait pas de reprises vidéo. Une chance, car je n’aurais jamais fait une vingtaine d’années comme arbitre. Je trouve qu’on exagère.

Imaginez, quand vous regardez un match de baseball à la télévision, on vous montre un carré pour afficher la zone des prises. Ça ajoute encore à la pression que les arbitres doivent vivre. Le lendemain, dans certains médias, les analystes parlent beaucoup plus des reprises contre les officiels que du travail des joueurs. C’est le monde à l’envers.

Ne cherchez pas pourquoi on a tant de difficulté à recruter des jeunes pour faire ce travail aussi ingrat. Ils ne veulent pas vivre ce qu’ils voient à la télévision. Espérons que dans un avenir rapproché, on va essayer de donner de l’aide aux arbitres plutôt que de tenter de les faire mal paraître.