Phil Desgagné
Sûrement que l’année 2020 sera une année dont Gilles Courteau va se rappeler longtemps à titre de grand patron de la LHJMQ. Avec un calendrier 2019-20 qui ne s’est jamais terminé et un règlement hors cour qui a coûté 30 millions $, dont 250 000 $ à chacune des formations, c’est une saison qui va certainement passer à l’histoire !
Sûrement que l’année 2020 sera une année dont Gilles Courteau va se rappeler longtemps à titre de grand patron de la LHJMQ. Avec un calendrier 2019-20 qui ne s’est jamais terminé et un règlement hors cour qui a coûté 30 millions $, dont 250 000 $ à chacune des formations, c’est une saison qui va certainement passer à l’histoire !

LHJMQ: un repêchage mémorable

CHRONIQUE / C’est vendredi et samedi qu’aura lieu la séance de repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). L’événement va certainement marquer l’histoire du circuit Courteau. La LHJMQ a toujours fait beaucoup de marketing et organisé un grand spectacle autour de cette séance de repêchage. Mais cette année, comme tout le monde, la ligue doit s’adapter et réinventer ses façons de faire.

Ce qu’il y a de particulier pour cette séance de repêchage, c’est qu’en plus d’être sur YouTube au lieu d’être télédiffusée, chaque club sera confiné dans sa ville respective. C’est le commissaire Gilles Courteau qui va annoncer tous les choix des équipes durant cette sélection.

L’autre façon de faire sera également particulière. On était habitués de voir les directeurs gérants se promener de table en table pour échanger des discussions en vue d’une éventuelle transaction. Mais là, on devra s’en tenir au téléphone. J’ai bien l’impression que toutes les équipes auront deux ou trois téléphones pour mener les discussions et que plusieurs personnes seront impliquées durant ce repêchage.

Avancer dans l’inconnu

L’autre phénomène marquant de ce repêchage, c’est qu’au moment où il se déroulera, vendredi et samedi, on ne connaîtra pas encore la date du début de la prochaine saison ni le nombre de parties que les clubs vont jouer.

Ce sera sûrement assez particulier comme séance de sélection, car pour certains clubs, c’est une année de vérité. Par exemple, Sherbrooke, qui a une excellente équipe, et même les Saguenéens auront un très très bon club. Pour d’autres équipes, ce sera une année de reconstruction.

Je serais surpris que certaines formations fassent comme l’an passé, alors que plusieurs avaient décidé d’y aller « all-in ». Je parle ici de Chicoutimi, Moncton, Cap-Breton, Sherbrooke et Rimouski. Car cette année, il reste encore beaucoup de points d’interrogation au sujet du calendrier.

Pressions

Depuis le début, je croyais que le calendrier pourrait être de 30 à 40 parties, mais il semble qu’il y a de la pression venant de certains agents de la Ligue nationale de hockey (LNH). De voir leur futur joueur étoile jouer seulement une demi-saison ne leur plaît pas du tout ! On avance même que certains joueurs vedettes pourraient aller jouer aux États-Unis et que les Européens resteraient en Europe et joueraient là-bas. Ce serait donc une lourde perte pour certains clubs de la Ligue canadienne de hockey (LCH).

Un autre phénomène entre également en jeu, alors que le ministère de l’Éducation a annoncé que les étudiants des cégeps devraient être sur les bancs d’école dès le mois de septembre. Donc, tout est en place pour convaincre le gouvernement de l’importance que le hockey débute au plus tard au mois d’octobre.

Y aura-t-il du monde dans les arénas ? Ça, c’est un autre débat que devra faire la LHJMQ avec les gouvernements et les provinces. Car n’oubliez pas que le Nouveau-Brunswick a déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de rassemblement avant le 1er janvier 2021. Ce dernier pourrait-il changer d’idée ? Ou bien aider les clubs sur le plan financier afin de les aider à passer à travers cette fameuse crise ?

La valeur des joueurs

L’autre chose que l’on devra également surveiller, c’est la valeur des joueurs dans une saison où il y a autant d’incertitudes. C’est véritablement un casse-tête !

Par exemple, les Saguenéens, au moment où l’on se parle, ont l’un des meilleurs clubs du circuit. Ils voudront peut-être tenter d’y aller « all-in » pour une deuxième année consécutive. Mais est-ce qu’ils ont les moyens de payer pour obtenir ce renfort ? On a donné beaucoup en janvier. Et si oui, est-ce que le public sera au rendez-vous au Centre Georges-Vézina après le passage du virus ? Personne ne connaît la réponse.

L’autre solution, pour Yanick Jean, pourrait être de sacrifier plusieurs bons éléments pour rebâtir, en pensant à lutter pour les prochaines années. Est-ce qu’il pourra obtenir le prix désiré pour les joueurs ? Parce qu’on ne connaît pas la vraie valeur des joueurs dans le moment présent.

Prudence

Il y a encore beaucoup de questions et très peu de réponses. Et c’est pourquoi, à quelques heures du repêchage, il y a très peu de rumeurs sur ce qui va se passer et très peu de rumeurs également sur les transactions. Et c’est aussi pourquoi c’est un rendez-vous à ne pas manquer, vendredi et samedi.

Au moment d’écrire cette chronique, je sais que les Saguenéens n’ont pas beaucoup de choix de repêchage. Est-ce que Yanick Jean nous prépare un grand coup ? Je ne sais pas, mais je le répète, Yanick Jean est l’un des meilleurs directeurs gérants de tout le circuit Courteau. Donc, il va peut-être tenter d’attirer encore une fois l’attention lors de cette séance de sélection. Ce sera sûrement intéressant à suivre. Mon feeling personnel : si le calendrier est vraiment réduit et que le début de saison ne se fait qu’en janvier, je ne crois pas que les Saguenéens tenteront encore une fois d’y aller pour les grands honneurs.

Enfin, sûrement que l’année 2020 sera une année dont Gilles Courteau va se rappeler longtemps à titre de grand patron de la LHJMQ. Avec un calendrier 2019-20 qui ne s’est jamais terminé et un règlement hors cour qui a coûté 30 millions $, dont 250 000 $ à chacune des formations, c’est une saison qui va certainement passer à l’histoire !

Hockey universitaire en péril

Si la LHJMQ et la Ligue de hockey midget AAA vivent certains problèmes et sont dans le néant, j’apprenais dans les dernières heures que la Ligue de hockey universitaire n’est pas assurée d’avoir une saison en 2020-21.

Au moment où on se parle, les universités Concordia et McGill ont décidé, dans les circonstances actuelles, de ne pas avoir d’équipes pour la prochaine saison.

De plus, les équipes de l’Ontario ne veulent pas venir jouer au Québec. Donc, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) se retrouverait complètement seule. Que feront l’entraîneur-chef natif de Chicoutimi, Marc-Étienne Hubert, et la direction de l’UQTR ? À suivre.