Benoit Gratton n’a pas connu une saison de tout repos à la barre des Marquis, mais il a quand même su tirer son épingle du jeu.

Les hauts et les bas de la LNAH

CHRONIQUE / L’année dernière, à pareille date, nous étions en pleine finale de la coupe Vertdure. Les Marquis de Jonquière, avec à leur tête Richard Martel, avaient raflé les grands honneurs du circuit de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH). L’avenir s’annonçait prometteur pour les Marquis et la direction de l’équipe s’attendait à une saison remplie de succès en 2017-18.

Mais en juillet dernier, alors que personne ne s’y attendait, un changement important est survenu lorsque Richard Martel a quitté son poste d’instructeur-chef des Marquis pour devenir commissaire de la LNAH. Marc Boivin et son associé Éric Claveau se sont donc retrouvés sans entraîneur alors que la majorité de ceux qui cherchaient un travail à travers la ligue s’étaient déjà branchés pour la prochaine saison. Les Marquis n’ont pas eu le choix de regarder ailleurs. Toutefois, après mûre réflexion, la direction de l’équipe a décidé de ne pas effectuer trop de changements et d’y aller avec la continuité. Benoit Gratton, qui était en fin de carrière et qui jouait déjà pour les Marquis, s’est montré intéressé par le poste qui lui a d’ailleurs été confié pour la saison qui vient de se terminer.

Benoit Gratton a quand même fait un travail honnête et connu une bonne saison. Mais il a dû vivre avec les aléas de la LNAH. Il faut aussi avouer que Gratton n’a pas été gâté. Il a dû composer avec une multitude de blessures au sein de ses troupes durant toute la saison. Il n’a presque jamais joué avec une équipe complète et en plus, certains joueurs ont manqué des matchs de façon régulière, que ce soit à cause de blessures ou de leur travail. D’autres également regardaient pour leur après-carrière, soit le coaching, et c’est tout à fait normal dans les circonstances.

Toutefois, dans les séries de fin de saison, cette réalité a rattrapé la formation jonquiéroise. Plusieurs joueurs n’étaient pas disponibles dans les moments clés des séries et ça, Marc Boivin l’a très bien réalisé. Il en a d’ailleurs fait la remarque lors de l’élimination en six matchs de son club. Il a dit vouloir trouver une solution pour l’an prochain à ce problème que représentent certains joueurs moins dédiés à l’équipe. Autre point qui n’a pas aidé Benoit Gratton dans son mandat, c’est son inexpérience comme instructeur-chef dans la LNAH. C’est là qu’un gars comme Richard Martel, avec 20 ans d’expérience, pouvait faire la différence dans des rencontres super importantes.

L’âge des joueurs de l’équipe s’est également fait sentir. Plusieurs ont plus de 30 ans. En quart de finale, ça ne pose pas trop de problèmes, mais en demi-finales, quand ils ont joué trois matchs en autant de soirs, les Marquis ont manqué d’énergie et ç’a paru contre les 3L de Rivière-du-Loup.

Aujourd’hui, on ne parlerait même pas des Marquis de Jonquière de cette manière, n’eût été ce fameux 4e match, alors que les Marquis menaient par un but avec deux minutes à faire dans la rencontre. Je suis convaincu que s’ils avaient remporté ce match, ils se retrouveraient aujourd’hui en grande finale contre la formation de Sorel-Tracy.

Assistance en baisse

Je veux également parler des assistances durant la saison, à la baisse de façon quand même importante à Jonquière. Le calendrier de 36 parties a fait mal aux Marquis. Régulièrement, la formation jonquiéroise a été absente pendant presque deux semaines consécutives, sans disputer une partie à domicile. C’est difficile, dans ces circonstances, de maintenir l’intérêt et la fidélité des partisans.

Le manque de robustesse s’est également fait sentir. Jonquière a été l’une des formations les moins robustes du circuit. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable: plusieurs spectateurs qui assistent régulièrement aux matchs sont des adeptes du jeu robuste. C’est aussi un peu l’ADN de la Ligue nord-américaine. Marc Boivin a d’ailleurs fait savoir qu’il remédierait aussi à cette lacune, afin que des joueurs comme Villemaire ne puissent plus se permettre des gestes comme ceux commis envers le gardien Cédrick Desjardins en demi-finale.

D’autre part, les résultats n’ont pas toujours été au rendez-vous durant la saison, mais l’absence répétée de certains joueurs a fait également fuir des partisans du Palais des sports. Il faut aussi avouer que l’impact Richard Martel s’est fait sentir. L’an passé, Martel était un entraîneur-chef populaire auprès des partisans et il donnait un bon spectacle derrière le banc. Les Marquis devront faire beaucoup plus de promotions dans les années à venir afin d’attirer une nouvelle clientèle pour assister régulièrement à leurs parties.

Par ailleurs, j’y vais d’une petite prédiction: bien que Richard Martel ne sera pas de retour comme commissaire de la LNAH, il va certainement annoncer, dans les prochaines semaines, qu’une ou deux nouvelles franchises vont se joindre au circuit. 

D’autre part, il y a toujours l’incertitude concernant Trois-Rivières. Les gens me parlent beaucoup de Roberval et certains avancent même que si Martel n’est pas élu comme député (fédéral de Chicoutimi-Le Fjord), il pourrait faire partie des dirigeants de cette formation pour la saison prochaine. C’est certainement un dossier à suivre.

Ça brasse au junior majeur

Au cours des derniers jours, beaucoup d’action dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Il y a eu plusieurs surprises. D’abord l’élimination rapide et inattendue des Tigres de Victoriaville en quatre matchs aux mains du Titan d’Acadie-Bathurst, puis l’entrée en scène de Patrick Roy comme DG et entraîneur-chef confirmé la semaine dernière par les Remparts de Québec, sans oublier le congédiement de l’entraîneur-chef des Mooseheads d’Halifax qui accueilleront la coupe Memorial l’an prochain. Il y a aussi Dominique Ducharme qui quitte l’organisation des Voltigeurs de Drummondville, laquelle était en pleine ascension. Ducharme devient l’adjoint de Claude Julien derrière le banc du Canadien de Montréal. Ce sera intéressant de surveiller l’évolution de la succession de l’instructeur-chef chez les Voltigeurs de Drummondville.

J’ai aussi l’impression que quelques transactions annoncées seront bientôt confirmées.