Les joueurs sont maintenant très bien entourés pour les aider à progresser. Le personnel d’entraîneurs est également plus nombreux et mieux outillé pour ajuster rapidement le jeu lors des matchs.

Le hockey en perpétuel changement

CHRONIQUE / Il y a quelques jours, Ken Dryden présentait la biographie qu’il a écrite sur l’ancien instructeur de la Ligue nationale de hockey, Scotty Bowman. Dans ce livre, on parle des joueurs des années 70 et on fait des comparaisons avec les joueurs d’aujourd’hui également.

Difficile de faire des comparaisons, car il faut admettre que le hockey a énormément changé, depuis plus de 50 ans. Les joueurs ont changé leur façon de s’entraîner et les entraîneurs sont devenus plus que des coachs ; ils sont maintenant des enseignants. Les dirigeants voient aussi leurs joueurs de façon différente et, chez les professionnels, c’est devenu plus qu’une équipe de hockey, c’est une grosse « business ».

Mais regardons plus près de nous, dans notre cour, avec la Ligue de hockey junior majeur du Québec et le hockey élite au niveau mineur. Les joueurs s’entraînent maintenant 12 mois par année, alors que dans les années 70, les joueurs arrêtaient de jouer en avril et, durant la saison morte, ils pratiquaient le baseball, le golf, le cyclisme et diverses activités. On reprenait le hockey en septembre avec un camp d’entraînement qui durait de deux à trois semaines.

Aujourd’hui, le joueur qui termine sa saison régulière prend deux ou trois semaines de repos maximum et il reprend immédiatement l’entraînement au gym. Dans la majorité des cas, ils chaussent les patins de deux à trois fois par semaine.

Pour les jeunes, ce sont des participations à des camps d’entraînement du hockey mineur, des écoles de hockey ou des cours de patinage pour améliorer le coup de patin. On ne peut pas les blâmer, car les camps d’entraînement ne durent qu’une à deux semaines maximum. Par exemple, chez les Saguenéens, Yanick Jean n’a qu’une semaine pour faire son choix pour la prochaine saison. Le cégep débute à la dernière semaine d’août, donc on doit faire rapidement. Il faut donc que les joueurs soient à leur meilleur presque 12 mois par année. Pas beaucoup de repos !

Entraîneurs 2.0

Du côté des instructeurs maintenant : dans les années 70, il y avait derrière le banc un entraîneur en chef et un adjoint, ainsi qu’un préposé aux bâtons qui était préposé médical en même temps. Aujourd’hui, derrière le banc, il y a au minimum un entraîneur-chef, deux adjoints, un diplômé médical ainsi qu’un préposé à l’équipement. En plus, il y a un instructeur sur la galerie de presse pour enregistrer le match et transmettre des informations aux entraîneurs en poste derrière le banc. Les adjoints, eux, ont même des tablettes qui leur permettent de montrer aux joueurs les erreurs commises sur la glace dans le feu de l’action.

De plus, après chaque partie, on peut décortiquer, grâce à un logiciel, toutes les séquences du match. Comme vous pouvez le constater, le hockey a progressé.

Encore mieux, les joueurs d’aujourd’hui peuvent compter sur l’aide de spécialistes individuels. Par exemple, chez les Saguenéens, il y a une nouveauté cette année avec la présence d’un instructeur pour aider à améliorer les habiletés de chaque joueur. Ces derniers ont en outre à leur disposition un spécialiste pour le conditionnement physique, un autre pour l’alimentation et un psychologue sportif.

Toujours dans le junior majeur, le préposé médical doit détenir un diplôme universitaire, ce qui n’était pas le cas il y a plusieurs années. Pour chaque rencontre, on ne peut pas commencer un match sans que le médecin de l’équipe se soit rapporté à l’arbitre en chef. Pas de médecin, pas de match de hockey !

Il y a également une amélioration tout à fait extraordinaire pour les soins lors des blessures. Il suffit de penser aux commotions. À l’époque où j’évoluais, quand on recevait un coup à la tête, on prenait deux aspirines et on retournait dans l’action. Aujourd’hui, il y a tout un protocole à respecter et c’est tant mieux ! C’est l’idéal pour la suite de leur carrière.

Comme vous pouvez le constater, le hockey est en nette progression et c’est tant mieux ! J’aurais aussi voulu vous parler de l’évolution de l’équipement, mais malheureusement, l’espace me manque.

Même au hockey mineur

Souvent les parents disent que le hockey élite coûte énormément cher. Vous avez raison, mais avec les exemples que je viens d’énumérer, vous me direz que la compétence coûte de beaux dollars. Vous me direz aussi que ce sont des exemples pour le junior majeur. Peut-être, mais ça vous donne un ordre de grandeur. D’ailleurs, le hockey élite, à tous les niveaux, se rapproche de ces exemples.

L’autre question qui revient souvent, c’est : « Est-ce que les joueurs des années 70 étaient meilleurs que ceux des décennies suivantes ? »

Difficile de comparer, mais un athlète avec du talent dans les années 70 ou dans les années 2000 demeure un athlète exceptionnel. Les athlètes sont mieux encadrés et mieux dirigés aujourd’hui et tous les spécialistes qui les entourent peuvent les faire progresser beaucoup plus rapidement.

Transactions en vue

On est à un mois du début de la période de transactions dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et je suis sûr que les DG sont déjà en mode transactions. Certains vont vouloir donner plus de profondeur à leur équipe, d’autres seront en mode préparation pour les années futures.

Je vous assure que le DG des Sags, Yanick Jean, est dans le premier groupe, car il souhaite apporter plus de profondeur à son équipe. Il y a encore plusieurs points d’interrogation, mais il reste quand même 30 jours avant le début de ladite période.

Il ne fait aucun doute que Yanick Jean va améliorer son club. Mais je ne suis pas sûr qu’il va y aller « all-in » comme certains clubs l’ont fait il y a quelques années. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici le 15 décembre et les partisans doivent s’attendre à ce que les Sags soient dans la danse le printemps prochain pour la coupe du Président.