Le curling gagne à être connu

CHRONIQUE / La popularité du curling est en croissance au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les gens qui me connaissent savent très bien que je suis un fan de golf. Je joue régulièrement une centaine de parties par saison. Mais je vous avoue que j’ai découvert une autre passion, le curling.

J’avais déjà joué au curling pendant plusieurs années, mais depuis quelque temps, je suis régulièrement le Réseau des sports (RDS) qui nous présente des tournois importants, que ce soit les championnats canadiens ou les championnats internationaux.

Guy Hemmings, qui analyse le curling à RDS, me fait découvrir un peu plus ce sport. Cet ancien champion canadien nous fait apprécier le sport, mais surtout, il nous parle des stratégies qui existent pendant un match.

Cette année, je me suis investi au curling. J’ai joué de façon très régulière, à la fréquence de quatre fois par semaine, ce qui a fait en sorte que j’ai trouvé l’hiver un peu moins long que d’habitude. En plus, avec la popularité du curling dans la région, on a vu d’excellents résultats sur le plan national.

On n’a qu’à penser à la performance d’Émilia Gagné, une skip d’Alma qui, avec son équipe junior, a représenté le Québec au Tournoi des Coeurs Scotties. C’était une première pour la province que d’être représentée par une équipe junior au championnat canadien. Les filles ont joué contre les meilleures joueuses au pays, parfois même contre les meilleures au monde, et elles ont impressionné bien des observateurs. J’ai l’impression qu’on va les revoir très bientôt dans ce championnat.

En curling mixte, c’est Robert Desjardins et sa conjointe Véronique Bouchard qui vont représenter le Québec au championnat canadien. L’an passé, Isabelle Néron, une autre du Club de curling de Chicoutimi, avait également participé à ce tournoi.

La semaine dernière, Annkatrin Perron et ses partenaires ont remporté le Championnat provincial de curling U18. Elles vont donc également participer à un championnat canadien.

En double mixte, deux équipes de la région vont représenter le Québec. Je parle de Robert Desjardins, encore lui, et sa fille Émilie, ainsi que Jesse Mullen et Roxanne Perron. 

Comme vous pouvez le voir, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est presque la Mecque du curling au Québec au niveau des performances. De plus, dans les dernières années, on a vu que les clubs ont rafraîchi leurs installations. Au Club Port-Alfred de La Baie, on a mis près de 1,4 M$ pour refaire les glaces. Cette année, le Club de curling de Chicoutimi va consacrer 1,2 M$ pour refaire les glaces également.

J’ai parlé à Gilles Deschênes, du Club de curling de Kénogami, et il me disait que dès l’an prochain, il pourra probablement investir 800 000 $ dans le but d’agrandir le club et le mettre aux normes actuelles.

Par ailleurs, le membership va plutôt bien. À La Baie, on parle de 150 membres, à Chicoutimi près de 300, à Kénogami près de 400 membres et à Alma près de 350 membres. Je ne connais pas les résultats du côté de Roberval et de Dolbeau, mais on dit que le membership est aussi en progression à ces deux clubs.

Une autre popularité qu’on doit regarder, ce sont les fameux tournois seniors qui existent un peu partout dans la région. J’ai même été refusé dans certains tournois !

À Kénogami, on parlait de 250 joueurs inscrits et à Chicoutimi, il y en avait 225. À La Baie, avec seulement trois glaces, 170 joueurs ont participé à la compétition. Comme vous pouvez le voir, il y a énormément de gens.

Maintenant, pourquoi cette popularité, si on fait abstraction à la présentation des tournois à la télévision ? D’abord, les coûts sont quand même intéressants. On parle de moins de 500 $ pour jouer une saison. Si on compare avec le golf, c’est toute une différence.

On peut également jouer en couple, et ça prend très peu d’équipement, soit une bonne paire de souliers et une brosse. On peut également jumeler des joueurs avec différentes aptitudes. On peut parler d’un débutant jusqu’à un expert. La majorité des retraités ont également le loisir de choisir à quel moment ils veulent jouer, que ce soit en avant-midi ou en après-midi. 

La température n’est pas non plus un facteur et le temps approximatif pour jouer un match de curling est de 2 h à 2 h 30.

Le dernier facteur à prendre en considération, et non le moindre, est le côté social. Les deux équipes s’assoient à la même table après une partie de curling, on boit un café, une liqueur ou une bonne bière dans la majorité des cas, et on se raconte des bonnes histoires. Les gens aiment bien ces rencontres entre les joueurs qui évoluent sur la même glace.

Je rencontre également des gens avec qui j’ai joué au baseball ou que j’ai arbitrés au hockey. Ce sont toujours de belles retrouvailles. Il y a donc énormément de social de ce côté.

Je me suis beaucoup amusé durant le dernier hiver qui a été très long, mais j’ai aussi gardé la forme. Ceux qui pensent que le curling est un sport de « p’tits vieux », je vous suggère d’aller lancer quelques pierres et vous m’en reparlerez après !

Le curling vit également d’autres phénomènes comme on voit au golf, notamment le recrutement chez les 25-54 ans. C’est une problématique dans la majorité des clubs, mais à Chicoutimi, on remarque une recrudescence dans ce type de clientèle et ça donne de très bons résultats.