Le concept d’équipe, l’atout du Canada

CHRONIQUE / Le Championnat du monde de hockey junior vient de se terminer par une belle victoire de l’équipe canadienne et une 17e médaille d’or. Chaque année, on a beaucoup de critiques sur la qualité de hockey junior canadien. On parle du calibre de jeu moins bon et on avance que les Européens sont de loin supérieurs aux Canadiens sur le plan individuel. Pourtant, chaque année, le Canada réussit à se faufiler dans le carré d’as et souvent il se retrouve en grande finale.

On peut toujours parler de la qualité individuelle des Russes, des Suédois et des Finlandais, mais quand on parle de concept d’équipe, les Canadiens et les Américains sont toujours supérieurs aux Européens. Je crois d’ailleurs que c’est là que se démarque la qualité de notre hockey. Je pense que la qualité de nos instructeurs joue un rôle excessivement important dans le succès de notre équipe. On en a eu la preuve encore une fois cette année. 

Dominique Ducharme, entraîneur-chef et DG des Voltigeurs de Drummondville, a mené l’équipe canadienne aux grands honneurs. Il en était à sa troisième participation comme instructeur avec l’équipe nationale junior, deux comme entraîneur-chef et une comme adjoint. Il a démontré beaucoup de leadership et également de contrôle dans les grands moments. Ducharme avait une pression énorme en tant qu’entraîneur-chef, car pour nous, amateurs de hockey, il est impensable que notre équipe ne puisse pas gagner la médaille d’or. La pression est donc toujours là. 

De plus, cette année, Joël Bouchard et lui, les deux représentants de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) chez les hommes de hockey, n’avaient choisi que deux joueurs du circuit Courteau pour représenter le Canada. Donc, ils se devaient de gagner, sinon les critiques auraient été faciles pour les amateurs de hockey du Québec. Mais avec la médaille d’or, aucune critique sur leur choix.

Vous allez me dire que seulement deux joueurs du circuit Courteau, c’est peu. C’est vrai, mais il ne faut pas oublier que les Québécois Pierre-Luc Dubois et Samuel Girard auraient certainement fait l’équipe nationale junior de hockey, mais ces derniers jouent régulièrement dans la Ligue nationale de hockey. D’autre part, comme amateur de hockey, regarder le championnat mondial junior durant la période des Fêtes, c’est du bonbon en terme de qualité de hockey. De plus, dans les prochaines années, on verra la majorité de ces joueurs évoluer dans la LNH.

Période d’échanges

La période de transactions dans la LHJMQ est maintenant terminée. Les joueurs des équipes pourront maintenant se concentrer pleinement sur leur équipe au lieu de passer du temps à surveiller leur téléphone pour savoir s’ils seront échangés ou non. Je trouve que cette période d’échange est beaucoup trop longue. On fait vivre aux joueurs des angoisses dont ils n’ont pas besoin.

Je crois que les DG pourraient régler cette situation en l’espace d’une dizaine de jours maximum (au lieu de 20 jours, soit du 18 décembre 2017 au 6 janvier 2018). Car avant d’arriver à cette période de transactions, ils ont quand même eu trois mois pour évaluer leur équipe et leurs troupes. Je suis convaincu que les joueurs apprécieraient beaucoup plus leur période de congé pendant les Fêtes, plutôt que de vivre le stress d’une possible transaction.

Chez les Sags

Regardons maintenant d’un peu plus près les gestes posés par le DG des Saguenéens, Yanick Jean. Déjà, au début de la saison, on savait très bien que les joueurs German Rubtsov et Olivier Galipeau passeraient dans une transaction pour rebâtir la banque de choix pour les prochaines années. Car l’an passé, Yanick Jean a dû sacrifier quelques choix importants pour accéder à la demi-finale. Je crois que Yanick Jean et ses hommes de hockey peuvent dire mission accomplie. Les Saguenéens ont retrouvé un minimum de deux choix de repêchage et plusieurs autres choix dans les premiers tours.

De plus, en juin, on va connaître les autres aléas de ces fameuses transactions. Certains choix pourront se traduire par des joueurs ou d’autres choix importants. Yanick a de plus ajouté de la profondeur à son équipe en accueillant certains nouveaux joueurs.

De bon augure

Que va-t-il se passer avec les Saguenéens d’ici la fin de la saison ? Pas de problème pour les Bleus, ils vont accéder aux séries de fin de saison. De plus, on a pu voir dans les dernières rencontres que certains jeunes ont pris du galon depuis le départ de certains vétérans. Dernièrement, on a vu les Houde, Desgagnés, Kotkov, Lavigne, Lapalme, Marcotty et Groleau prendre leur place et ça, c’est le futur des Sags. Devant le filet, aucun problème non plus. Alexis Shank nous a démontré depuis le début de la saison qu’il est un beau futur pour les Saguenéens.

Mais les partisans devront être patients pour terminer la saison, car certains soirs, ce sera difficile. Mais la grande qualité de cette équipe, c’est son éthique de travail. Souvent, ça donne de très bons résultats comme on en a eu la preuve dimanche contre les Remparts.

Enfin, bravo à Yanick Jean : 400 victoires, c’est très beau, mais ce qui m’impressionne encore plus, c’est la passion qu’il a pour son travail ! Actuellement, il est au 9e rang des entraîneurs ayant remporté le plus de matchs dans le circuit Courteau.