Le gardien Michael DiPietro a reçu les encouragements du homologue finlandais Ukko-Pekka Lukkonen au terme de la défaite du Canada en quart de finale.

Jouer pour ne pas perdre au lieu de jouer pour gagner

CHRONIQUE / L’élimination rapide du Canada au Championnat du monde de hockey junior a fait énormément parler les gens, pour toutes sortes de raisons, souvent pas pour les bonnes.

D’abord, le Canada est condamné à gagner l’or, rien d’autre. Pourtant, à ce que je sache, les Russes, les Finlandais, les Suédois, les Américains et les autres pays avaient tous délégué leurs meilleurs éléments. La majorité du temps, ce championnat a lieu au Canada, soit une année sur deux. La pression repose donc toujours sur l’équipe canadienne. Elle doit performer. Cette pression est donc énorme.

Pourquoi ce tournoi est-il aussi souvent au Canada ? L’aspect financier joue beaucoup parce qu’ici, on fait énormément d’argent avec ce championnat, alors qu’ailleurs, ce n’est pas très rentable.

Il y a quelques années, j’ai eu l’opportunité d’y assister en Suède. J’ai régulièrement vu des assistances de 2000 à 3000 spectateurs, et là-dessus, 50 pour cent étaient des gens qui provenaient du Canada. Dans notre pays, on joue presque toujours devant des foules de plus de 10 000 personnes. C’est la raison première qui explique le fait que le championnat a lieu aussi souvent chez nous. Il y a également les droits de diffusion, qui sont très importants et qui jouent un rôle majeur.

Revenons maintenant sur la défaite du Canada en quarts de finale contre la Finlande. On parle de deux très bonnes formations. D’ailleurs, les Finlandais ont remporté trois des six derniers Championnats du monde junior (2014, 2016 et 2019). Le Canada comptait dans ses rangs 20 joueurs repêchés dans la Ligue nationale de hockey (LNH). La Finlande n’était pas à négliger avec 11 joueurs repêchés.

La différence dans cette rencontre, selon moi, est la stratégie adoptée par l’instructeur de l’équipe canadienne, Tim Hunter. Nos joueurs ont joué pour ne pas perdre, au lieu de jouer pour gagner.

Je m’explique. Après chaque partie, on parlait du nombre de lancers bloqués par notre défensive et du nombre de chances de marquer accordées à l’équipe adverse. Souvent, lorsqu’on prenait une avance d’un ou de deux buts, on décidait de protéger cette avance. On avait également la pire fiche en avantage numérique parmi toutes les formations présentes à ce tournoi.

Aussitôt qu’on jouait un match et qu’on avait une avance d’un seul but, les joueurs envoyés sur la glace étaient souvent ceux qui avaient une attitude davantage défensive qu’offensive.

J’ai des exemples pour vous. Pourquoi Joe Veleno et Alexis Lafrenière ne jouaient presque pas ? D’ailleurs, lors du dernier match, les deux Québécois n’ont pratiquement pas joué en deuxième et en troisième période. C’est simplement parce que l’entraîneur jugeait que leur jeu défensif était inadéquat pour un tel tournoi. L’équipe canadienne aurait sûrement moins joué sur les talons en troisième période avec une priorité de deux ou de trois buts.

Revenons maintenant sur le choix de Maxime Comtois pour le fameux lancer de punition en prolongation. J’aurais probablement aussi choisi Comtois, car il avait de l’expérience et en plus, il était le meneur de cette formation. Non, il n’a pas marqué, et on le blâme. Sauf que presque personne n’a parlé du travail du gardien de but finlandais sur la séquence, qui était là pour faire l’arrêt. Ukko-Pekka Luukkonen a été tout simplement étincelant durant cette rencontre et tout au long de la compétition.

On n’a qu’à se rappeler à un certain moment, en troisième période, alors qu’il restait quatre minutes à faire, qu’il a également bloqué une échappée de l’équipe canadienne.

On est déçus, mais ce n’est pas une catastrophe. Il faut donner crédit à l’équipe de la Finlande, qui avait elle aussi une très bonne formation. Ils l’ont d’ailleurs prouvé en gagnant la médaille d’or.

Je note aussi des remarques de Tim Hunter, qui disait que c’était un tournoi fait pour les joueurs de 19 ans. Eh bien, Monsieur l’instructeur, avez-vous remarqué que la Finlande avait deux joueurs de 17 ans sur la glace lors du but vainqueur et dans la dernière minute de jeu en troisième ? Je pense que chez les Finlandais, on parlait beaucoup plus du talent offensif que du talent défensif.

LHJMQ : Fin des échanges

La période de transactions est maintenant terminée dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). La semaine prochaine, j’aurai l’occasion de vous offrir une analyse des gestes posés par le directeur général des Saguenéens, Yanick Jean, mais si je regarde la ligue dans son ensemble, trois formations ont tout fait pour se retrouver à Halifax, en mai prochain, pour le tournoi de la Coupe Memorial. Les équipes de Baie-Comeau, de Drummondville et de Rouyn-Noranda sont all in, comme on dit dans le langage du hockey. On y va le tout pour le tout.

On verra bien quelle équipe aura les meilleures cartes à la fin de la saison. Pendant ce temps, les Mooseheads de Halifax, assurés de participer au tournoi de la Coupe Memorial en tant qu’équipe hôtesse, ont été très prudents. Rimouski a fait la même chose, car la saison prochaine, l’Océanic aura une très bonne équipe. Si on regarde les Wildcats de Moncton, ils n’avaient pas les choix nécessaires pour obtenir du renfort.

Il reste que la fin de saison va être tout à fait palpitante, surtout dans la conférence de l’Est, dans laquelle les Saguenéens évoluent, alors que plusieurs formations visent les grands honneurs. Dans l’autre conférence, les Voltigeurs de Drummondville et les Huskies de Rouyn-Noranda sont assurés de finir premiers et deuxièmes, ou vice versa.