À l’instar du golf, le curling doit trouver des façons de renouveler sa clientèle, notamment en courtisant les jeunes.

Fini le golf, place au curling

CHRONIQUE / Avec le mois d’octobre qui nous arrive, c’est signe que la saison de golf tire à sa fin. Et quelle saison ! Dame Nature a collaboré de façon tout à fait exceptionnelle. Je suis convaincu que les gens les plus heureux sont certainement les dirigeants des clubs de golf un peu partout à travers la région. Car il faut dire que les dernières années ont été extrêmement difficiles au chapitre des résultats financiers.

Les directeurs de chaque club avaient grand besoin d’une saison comme celle que l’on vient de connaître. Au cours des saisons précédentes, le nombre de membres était en nette diminution et l’achalandage en général des clubs était lui aussi en baisse. Cette année, on a vu la majorité des clubs être très agressifs dans leurs promotions pour attirer une nouvelle clientèle. On sait que les membres de clubs apprécient jouer tôt le matin ou en début d’après-midi. Les clubs ont donc axé leur promotion sur les après-midi, les fins de journée et les week-ends. Et ç’a donné d’excellents résultats dans la majorité des clubs. Il faut le dire, à la fin de la saison, c’est l’achalandage des droits de jeu ou « green fees » comme on les appelle dans le langage du golf, qui fait la grande différence sur le budget et les résultats financiers.

Nouvelles clientèles

On sait que les prochaines années seront cruciales pour tous les terrains de golf un peu partout au Québec, car il faut avouer que le nombre de membres diminue de façon importante et que l’âge des participants est très élevé. Les clubs doivent donc renouveler leur clientèle et pour y parvenir, il faut trouver de nouvelles façons pour remplir les journées et attirer cette nouvelle clientèle. C’est facile à dire, mais pas nécessaire facile à réaliser.

Personnellement, je crois que l’avenir passe par les juniors - et il y en a très peu dans les clubs -, et par les femmes ! Oui, oui, les femmes. Depuis quelques années, la gent féminine est de plus en plus présente sur les parcours des clubs de golf. Le meilleur exemple est Sébastien Néron, l’ancien professionnel du club Saguenay Arvida, avec ses fameux cours du « Mercredi des dames ». Il y a deux ans, il attirait une trentaine de femmes avec cette offre. Cette année, au-delà d’une centaine de femmes ont participé régulièrement à ses cliniques !

Le club Chicoutimi a emboîté le pas avec son professionnel Jonathan Moreau. Là aussi, les cours ont obtenu beaucoup de succès. On a tenté la même expérience chez les hommes. Ç’a connu un certain succès, mais pas de la même ampleur que celui des dames. D’autre part, il faut souligner que parmi les joueuses qui ont suivi ces cours, plusieurs sont devenues des membres réguliers des clubs ou encore, jouent de façon régulière un peu partout dans la région.

C’est un exemple qui confirme que les clubs doivent travailler pour rajeunir leur clientèle et surtout, augmenter leur nombre de membres. Dans les prochains mois, chaque club présentera son bilan et c’est là que nous connaîtrons les résultats financiers. Je suis convaincu que ces résultats seront intéressants, mais il y a encore beaucoup de travail à faire au cours des prochaines années pour rentabiliser les clubs partout au Québec.

Au curling

Avec la fin de la saison de golf, ce sont les clubs de curling qui ouvriront leurs portes dans les prochaines semaines. Il faut le dire, le curling vit actuellement de belles années avec l’augmentation de son nombre de membres. Par exemple, à Kénogami, on compte environ 400 membres. À Chicoutimi, on parle de 300, à Port-Alfred, on frise les 200 membres et on dit qu’à Alma, il y a au-delà de 300 membres. Les clubs de Roberval, de Saint-Félicien et de Dolbeau sont en nette progression.

Le meilleur exemple de la popularité du curling, c’est que tous les tournois organisés dans la région sont à guichets fermés et on doit même refuser des participants. Ces bonnes années permettent aux clubs d’investir dans leurs équipements. Il y a deux ans, le club de Port-Alfred a refait toutes ses glaces. Cette année, c’est le club de Chicoutimi qui investit 1,3 million de dollars pour ses glaces. À Kénogami, on parle également de rénovations dans les prochaines années. Les clubs vivent donc des années de vaches grasses. Mais le curling vit lui aussi le même phénomène que le golf et devra lui aussi relever le défi de convaincre les jeunes de venir pratiquer ce sport. À l’instar des dirigeants des clubs de golf qui travaillent de toutes sortes de façons pour attirer de nouvelles clientèles, les clubs de curling doivent faire la même chose.

Là-dessus, à tous, je vous souhaite une bonne saison de curling !