Phil Desgagné

Des rivalités démesurées dont on ne s’ennuie pas vraiment

CHRONIQUE / La semaine dernière, comme bien des amateurs de hockey, j’ai regardé le fameux match Canadiens-Nordiques du Vendredi saint. Je vous le dis dès le départ, c’était mon premier match de hockey que je regardais depuis l’arrêt des activités de la Ligue nationale de hockey (LNH) et de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

J’ai regardé par curiosité... et aussi par nostalgie. Oui, oui, par nostalgie ! Les fameux duels Canadiens-Nordiques ! Ç’a marqué les grandes rivalités Québec-Montréal. Je vous avoue que ça me manque un peu.

Ce que j’ai retenu surtout de cette rencontre, c’était l’intensité entre les deux équipes et la grande rivalité qu’il y avait entre les joueurs. Je ne sais pas si c’est le fait qu’il y avait beaucoup de francophones dans les deux formations ou si c’était la grande rivalité qui existait entre les deux entraîneurs, Michel Bergeron et Jacques Lemaire. Oui, ces deux individus s’haïssaient vraiment !

Il faut dire également que c’était les fameuses années de la radio avec des lignes ouvertes qui duraient des heures et des heures ! Ça m’a d’ailleurs rappelé de très belles années que j’ai vécues à la radio régionale. C’était fou, les lignes ouvertes ! C’était rendu que la rivalité entre les animateurs de lignes ouvertes était aussi intense qu’entre les joueurs au niveau de la glace. Surtout entre Québec et Montréal ! Il y a eu les grandes confrontations entre Michel Villeneuve et Pierre Trudel et quelques autres.

C’était les années de la radio locale où c’était, là aussi, très, très chaud ! Je parle ici des émissions en fin d’après-midi à CKRS Radio et à CJMT à ce moment-là. Lors du duel du Vendredi saint, à part les deux batailles générales, j’ai pu revoir des joueurs dont j’avais complètement oublié qu’ils avaient un jour joué pour les Nordiques ou le Canadien. J’ai vu des John Chabot, André Doré, Jean Hamel, Wally Weir et quelques autres.

Hockey plus permissif

J’ai également regardé ce match comme un ancien arbitre. Le hockey était beaucoup plus permissif à cette époque qu’il ne l’est aujourd’hui. Cette fameuse bataille générale m’a également rappelé que j’avais été impliqué, en tant qu’arbitre, dans de grandes rivalités. Je me rappelle très bien de la série entre Alma et les Marquis de Jonquière. Pour ceux qui s’en souviennent, Marc Bernier du côté d’Alma et Germain Munger du côté des Marquis de Jonquière.

Je me rappelle particulièrement d’un soir, au Palais des sports de Jonquière, où il y avait au-delà de 4000 spectateurs. Il y avait eu une bataille générale durant la période d’échauffement et en plus, quand j’ai mis la rondelle au jeu en première période, plusieurs autres bagarres ont éclaté. J’avais distribué au total 44 punitions majeures durant cette partie. Ça s’est terminé au petit matin. Quel match de fou et quel mauvais souvenir je retiens de cette rivalité qui était folle et démesurée ! Ça faisait même les manchettes partout à travers le Québec.

Je vous raconte tout ceci et je me rends compte qu’aujourd’hui, le hockey a énormément changé et c’est tant mieux pour les spectateurs. Je vous l’ai dit dès le début de cette chronique, c’était la première fois que je regardais un match à la télévision depuis le début de la pandémie. Regarder des matchs de hockey, de baseball, de football, des tournois de golf, de curling ou autres sports en sachant déjà le résultat, malheureusement, ça ne m’incite pas à les écouter. J’ai hâte que le petit écran revienne bientôt avec des matchs en direct, que ce soit du golf et peut-être même du hockey en juillet.

Chère liberté

On a beau changer le mot aîné pour sage, il n’en demeure pas moins que ça fait plus de six semaines que je suis confiné et je commence à être un peu impatient. Oui, oui, un peu impatient. Je marche tous les jours comme on nous le suggère et je connais maintenant par coeur toutes les rues de mon quartier.

Mais ce que je veux, c’est surtout de retrouver un peu de liberté. Je veux bien profiter de ma retraite, mais même si je respecte les consignes, je voudrais bien reprendre rapidement mes activités. Ce que je déplore le plus, c’est qu’on vise toujours le groupe des 70 ans et plus.

Oui, je crois que ça va bien aller, mais un jour ou l’autre, si l’on reste confiné, j’ai donc l’impression que ça va mal aller...

Janvier 2021?

Je voyais dans les derniers jours que malgré le déconfinement au Nouveau-Brunswick, on annonçait que les grands rassemblements ne seraient pas permis jusqu’au 31 décembre 2020. Ça pourrait peut-être changer, mais ça nous indique de plus en plus qu’on pourrait voir la LHJMQ reprendre ses activités seulement en janvier 2021.

Roberto le gentleman

Je ne savais pas quoi écrire sur le départ de Roberto Lavoie. Le journaliste Dave Ainsley a bien résumé la belle carrière du petit gars de Petit-Saguenay. Mais moi, j’ai eu le plaisir d’être régulièrement sur la même glace que lui pendant toute sa carrière de hockey junior. Je retiens un mot : gentleman. Oui, c’était un vrai gentleman.

La dernière fois que je lui ai parlé, c’était l’été passé. J’avais reçu un appel de Serge Thivierge, un professionnel de golf qui était dans la région et qui me proposait d’aller jouer une ronde de golf avec lui et sa conjointe au Club de golf Chicoutimi.

Malheureusement, je n’étais pas disponible. Il m’avait donc demandé de lui organiser une ronde avec deux autres personnes avec qui il aurait du plaisir. Je me suis rendu au club de golf et j’ai vu Roberto avec son épouse, Doris. Je leur ai parlé de cette possibilité et ils ont accepté avec plaisir.

Quelques jours plus tard, Roberto me faisait part qu’il avait passé une journée tout à fait exceptionnelle avec un vrai pro où il a vu du golf tout à fait extraordinaire. Il m’a dit qu’il avait passé une journée dont il allait se rappeler. Ce fut ma dernière rencontre avec Roberto le gentleman. À Doris, Fabien et Anne-Marie, je vous salue !