Phil Desgagné
L’abolition des batailles dans la LHJMQ pourrait faire pire que bien. Les propriétaires des équipes du circuit Courteau devront bien réfléchir aux impacts que cela pourrait créer avant de prendre une décision.
L’abolition des batailles dans la LHJMQ pourrait faire pire que bien. Les propriétaires des équipes du circuit Courteau devront bien réfléchir aux impacts que cela pourrait créer avant de prendre une décision.

Batailles dans la LHJMQ: l’enfer est pavé de bonnes intentions

CHRONIQUE / La semaine dernière, ma chronique portait sur la réduction ou non du nombre de matchs dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Cette semaine, j’aimerais aborder un autre sujet chaud qui touche encore une fois le circuit Courteau et sur lequel les propriétaires devront aussi se prononcer très bientôt. Doit-on bannir les batailles dans la LHJMQ ? La question va certainement susciter de très fortes réflexions chez les propriétaires des équipes de la ligue.

D’entrée de jeu, je vous dis que je suis contre l’abolition des batailles dans la LHJMQ. À mon avis, c’est un débat qui a lieu pour plaire à certains médias et journalistes qui ne suivent pas régulièrement les activités du circuit Courteau. Et en plus, ce sont ces mêmes personnes qui critiquent régulièrement le circuit junior majeur du Québec, soit sur les batailles, soit sur le calendrier trop long. Les transactions sont trop importantes et trop nombreuses pendant la période des Fêtes, les gros et les petits marchés, etc.

Mais revenons aux batailles. Les statistiques démontrent qu’il y a seulement 0,26 bataille par rencontre, ce qui veut dire une bataille toutes les quatre rencontres pour chaque équipe du circuit Courteau. C’est dire qu’il n’y en a presque plus. On n’est plus à l’époque où j’arbitrais et où il y avait quatre ou cinq bagarres par rencontre. On est maintenant à des années-lumière de cette période. Mais il y a beaucoup plus de coups de bâton vicieux et de mises en échec par-derrière, qui causent des blessures plus importantes qu’une de ces fameuses batailles.

Si la LHJMQ décide d’abolir les batailles, je crains qu’il y ait encore plus de pression sur les officiels. Et il y en a déjà beaucoup. Je suis sûr que certains entraîneurs vont se servir de cette réglementation pour tenter de sortir du match certains éléments importants de l’équipe adverse lors de rencontres importantes. Il ne faut pas oublier que 90 % des batailles dans la LHJMQ ne sont pas planifiées et se produisent souvent dans le feu de l’action. Donc, personne n’est à l’abri d’un coup vicieux ou d’une mise en échec par-derrière, où le joueur réagit, et à ce moment-là, les critiques vont arriver.

Actuellement, dans ces circonstances, une bataille, c’est cinq minutes d’absence pour un joueur. Mais avec le nouveau règlement, le joueur sera expulsé de la rencontre. Imaginez-vous, par exemple, que le meilleur défenseur des Saguenéens est provoqué par un adversaire et qu’il engage le combat. Il ne sera pas chassé pour cinq minutes, mais pour tout le match. L’équipe adverse aura donc réussi sa mission et les spectateurs verront leur meilleur joueur disparaître de la rencontre. D’ailleurs, ceux qui ont eu l’occasion de voir des matchs universitaires, où les batailles sont également exclues, vous diront qu’ils voient beaucoup plus de coups vicieux que dans la LHJMQ.

D’autre part, on va arriver à la Coupe Memorial, et les règlements n’existeront pas parce que les deux autres circuits de la Ligue canadienne de hockey (LCH) n’appliquent pas ce règlement. Je regarde aussi des matchs internationaux, où les batailles ne sont pas permises non plus. Le jeu est très vicieux et tout le monde est unanime à le dire. Je suis persuadé que si on demandait aux joueurs leur opinion, leur réponse serait que les batailles ne les dérangent pas vraiment.

Je crois que la LHJMQ veut se montrer précurseure dans ce domaine, mais n’oubliez pas, messieurs les propriétaires, que le hockey est un jeu de contacts, de rapidité et d’habiletés. Ce n’est pas une bataille à toutes les quatre rencontres qui va ternir l’image du circuit Courteau.

Beau geste à Rouyn

Samedi, les gens de Rouyn-Noranda ont démontré une grande classe, lors des cérémonies d’avant-match pour la remise des bagues des Coupes du Président et Memorial à leurs anciens joueurs, Rafaël Harvey-Pinard et Félix Bibeau, qui ont contribué à gagner ces championnats le printemps dernier. Les partisans ont démontré beaucoup d’attachement à ces deux joueurs. Ils ont marqué l’histoire de Rouyn-Noranda.

Curling

En fin de semaine, j’ai eu l’occasion de participer au tournoi de curling des Hivernades, au Club de curling Chicoutimi. Quelque 150 joueurs ont participé au tournoi, lequel a encore connu un très grand succès. J’ai fait partie, avec Pierre Tremblay, Michel Simard et Sylvie Girard, de l’équipe qui a remporté notre classe. Pour moi, ç’a été un bel événement parce que c’était la première fois que je remportais, avec une équipe, un tournoi de curling.