Phil Desgagné
Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ
Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ

Attention au talon d’Achille du circuit Courteau

CHRONIQUE / Quand la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a mis fin à ses activités en raison des événements que l’on connaît, la question que tout le monde a posée au commissaire Gilles Courteau a été de savoir si tous les clubs seraient de retour pour la prochaine saison. Immédiatement, le commissaire a déclaré que oui, mais qu’il devra y avoir des changements, dont un nouveau plan d’affaires.

Quelques semaines plus tard, j’ai l’impression que la donne a changé. Le virus semble vouloir perdurer et il y a aussi la possibilité qu’une nouvelle vague à l’automne n’affecte le début de la saison en septembre prochain. Je crois de plus en plus que la saison ne débutera qu’en janvier prochain. D’autant plus que les gouvernements nous disent régulièrement que ce sera long. À ce moment-là, est-ce que l’avenir de certains clubs pourrait être remis en cause?

Dans des entrevues accordées à La Presse et à Radio-Canada, le commissaire Gilles Courteau a de quoi rendre inquiet les fans de hockey junior, mais aussi la majorité des propriétaires d’équipes. Ses propos étaient assez clairs. Il y a deux semaines déjà, j’écrivais dans cette chronique, et ce, même avant la sortie médiatique de Gilles Courteau, que plusieurs marchés auraient beaucoup de difficultés à se relever de la crise que nous vivons actuellement.

Dans le circuit Courteau, on peut diviser les 18 clubs en trois groupes. Il y a un premier groupe qui compte quelques gros marchés avec des propriétaires biens nantis. Je parle ici d’Halifax, Moncton, Rimouski, Saint John, Québec et Blainville-Boisbriand, les deux derniers appartenant à Québecor. Oui, ces équipes vont être affectées, mais les propriétaires ayant les reins solides vont faire en sorte qu’ils vont passer plus facilement à travers cette crise.

Il y a ensuite le groupe du milieu, soit les marchés intermédiaires. Je parle ici de Shawinigan, Gatineau, Cap-Breton, Drummondville, Sherbrooke, Charlottetown et Chicoutimi. Ce sont des marchés qui vont réussir à passer à travers eux aussi, mais en déployant énormément d’efforts. Par contre, ici, à Saguenay, la situation n’est pas nécessairement la même que dans d’autres cas, car l’équipe appartient à la Ville. Et il faut admettre que même si la saison s’est terminée abruptement, la deuxième moitié de saison a été très fructueuse, avec d’excellentes foules. Je suis convaincu que les dirigeants ont pu amasser des fonds dans les coffres de l’équipe.

Les autres clubs du groupe intermédiaire vont s’en tirer, car ils ont de nombreux et de très bons actionnaires pour passer à travers la crise. Le milieu va être impliqué, mais avec, bien entendu, des montants moins importants.

Fragiles

Le groupe le plus inquiétant, aux yeux de Gilles Courteau, est celui des clubs du troisième tiers : les petits marchés. Je parle ici des concessions de Victoriaville, Bathurst, Val-d’Or, Rouyn-Noranda et Baie-Comeau. Quoique la situation de Baie-Comeau est un peu différente, car tout comme pour les Saguenéens, la ville est propriétaire de la franchise. Baie-Comeau devrait donc être en mesure de garder son club.

Dans ce dernier groupe, il y a également de très bons actionnaires, mais c’est l’implication du milieu qui risque d’être passablement amoindrie. Surtout que plusieurs de ces commerces sont actuellement fermés et ils en seront énormément affectés. Donc, il va falloir être très créatif dans ces milieux pour trouver de nouvelles sources de financement et compenser les pertes de ces clubs.

Je crois vraiment que les villes devront être impliquées financièrement comme c’est le cas pour Saguenay et Baie-Comeau, si elles veulent garder leur club dans la LHJMQ. Sinon, certains clubs pourraient déménager ou tout simplement fermer les livres.

Repêchage

Toujours en parlant du circuit Courteau, la ligue vient d’annoncer que le fameux repêchage via Internet aura lieu les 5 et 6 juin. J’ai hâte de voir! Habituellement, beaucoup de transactions s’effectuent sur le plancher durant l’événement, mais par Internet, ce sera beaucoup plus compliqué. Surtout pour les directeurs généraux! Je ne sais pas si ce sera possible de suivre tout le déroulement, mais ce sera certainement intéressant de voir comment la LHJMQ va procéder.

Chez les Saguenéens, on n’a pas beaucoup de choix. Donc, ça devrait être relativement tranquille... À moins que Yanick Jean décide bien entendu de sacrifier plusieurs joueurs de 19 ans. Le cas échéant, il pourrait y avoir de l’action.

L’autre question, c’est si les clubs voient que la saison ne débute pas en septembre, mais bien en janvier prochain, quelle sera leur stratégie et quelle sera celle des Saguenéens? C’est un beau questionnement que l’on doit avoir. Les Saguenéens ont encore un très bon club de hockey. Pourraient-ils, encore cette année, y aller pour la coupe du Président? C’est un pensez-y-bien, car ce n’est pas tous les ans que les Saguenéens auront des Lapierre, Mercer, Houde, Shank, Crevier, Kniazev, etc. Je suis convaincu qu’il y a matière à réflexion du côté des dirigeants des Saguenéens. Là-dessus, bonne semaine de confinement!