Il y a beaucoup d’avenir dans l’arbitrage. Un jeune a plus de chance d’atteindre le circuit professionnel au hockey en tant qu’arbitre que joueur dans la LHJMQ. Le natif d’Albanel, Justin St-Pierre, est un bon exemple de l’ascension d’un arbitre dans le circuit professionnel de la LNH.

Arbitre, un métier à revaloriser

CHRONIQUE / La semaine dernière, dans la région de Québec, on a dû annuler certains matchs de hockey pour des raisons très précises : manque d’arbitres. Ce n’est pas nécessairement une surprise pour moi. Depuis des années, on met beaucoup d’emphase sur le métier d’instructeur et de nombreuses cliniques sont tenues sur les joueurs. Oui, on pense aux officiels, mais ç’a moins d’impacts sur les arbitres. Pourtant, c’est un métier nécessaire parce que s’il n’y a pas d’arbitres, il n’y a pas de match.

Il y a tellement de points négatifs à l’égard d’un travail aussi important. Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui veulent se diriger vers ce travail très ingrat qui mériterait cependant d’être revalorisé. Je vais vous donner un exemple très précis qui démontre pourquoi les jeunes abdiquent rapidement quand ils décident de s’impliquer comme officiel. J’ai deux petites-filles qui jouent au soccer dans la région de Montréal. Les deux ont voulu faire un peu d’arbitrage au soccer. Rapidement, elles ont pu voir le côté négatif de l’arbitrage et ce sont les parents de joueurs qui sont en grande partie responsables. Les parents sont prêts à admettre que leur fils ou leur fille fasse des erreurs, mais ils se montrent très critiques envers les officiels et très sévères quand ces derniers commettent des erreurs. Mes deux petites-filles ont vite abdiqué en voyant que ça ne valait pas la peine pour le peu d’argent que ça donne et les désagréments de se faire crier après par des parents, et souvent par des instructeurs des équipes. Non merci, on ne veut pas faire de l’arbitrage.

D’ailleurs, quand est-ce que vous avez vu un instructeur de la Ligue nationale de hockey (LNH), de la Ligue junior majeur (LHJMQ) ou encore de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) dire, après une rencontre, que l’officiel avait fait un bon travail ? Moi, en 20 ans d’exercice dans l’arbitrage, je n’ai jamais entendu personne dire publiquement que j’avais fait du bon travail. Oui, c’est arrivé qu’on me le dise en privé à quelques occasions, mais c’est très rare.

La semaine dernière, dans la LNAH, l’entraîneur des Éperviers de Sorel-Tracy, Christian Deschênes, a voulu ridiculiser les officiels en envoyant son gardien de but adjoint au banc des pénalités. C’est là un bel exemple qui démontre pourquoi le sport en général a de la difficulté à recruter de jeunes officiels.

Pourtant, il y a beaucoup d’avenir dans l’arbitrage. Un jeune a plus de chances d’atteindre le circuit professionnel au hockey en tant qu’arbitre que celui qui joue dans la LHJMQ. En effet, le tiers des arbitres de la LNH provient du circuit Courteau. Ce n’est pas le cas du côté des joueurs de la LHJMQ. Hockey Québec devrait donc investir plus d’énergie à revaloriser le métier d’officiel.

Localement, Justin St-Pierre, réputé arbitre de la LNH, a démarré l’an dernier, dans la région, une école d’arbitre de très grande qualité. Le résultat a été mitigé en terme d’inscriptions à l’école. J’espère que plusieurs jeunes voient dans cette école une opportunité pour faire carrière. C’est un métier difficile, mais un beau défi à relever.

Série mondiale

Si, au cours des prochains jours, vous rencontrez Maurice Boudreault, demandez-lui de vous raconter son expérience à Boston, mercredi dernier, à l’occasion du deuxième match au Fenway Park, de la Série mondiale de baseball. Il a adoré son expérience et il flotte encore sur un nuage.

Sags et Marquis

Revenons sur les performances des Saguenéens de Chicoutimi lors de leurs deux matchs contre Baie-Comeau en fin de semaine. Il ne fait aucun doute que la longue liste des blessés commence à se faire sentir. Mais il faut quand même donner crédit au Drakkar de Baie-Comeau qui est l’une des meilleures formations du circuit Couteau.

Yanick Jean a souligné avec beaucoup de justesse le manque d’efforts de certains joueurs. Je me suis posé la question. Où était Vladislav Kotkov en fin de semaine ? Je ne l’ai pas vu. Oui, il a signé un contrat chez les professionnels, mais il lui reste encore beaucoup de travail à faire afin d’atteindre le circuit pro. Je trouve également que le défenseur Jérémy Diotte prend beaucoup de chances et en plus, il prend de très mauvaises pénalités. Il met souvent son équipe en très grande difficulté. Maintenant, avec le départ de Théo Rochette pour le Défi mondial des moins de 17 ans et la longue liste des blessés, Yanick Jean devra trouver des solutions rapidement, surtout que les Sags jouent à domicile en fin de semaine.

Quant aux Marquis de Jonquière, ils ont ajouté deux autres belles victoires à leur fiche et se retrouvent déjà près du premier rang au classement général. C’est une bonne nouvelle pour les partisans des Marquis, mais ce qui est inquiétant, par contre, c’est la baisse des assistances. À Berlin, on parle d’à peine 500 spectateurs qui assistent régulièrement aux matchs depuis le début de la saison. À Thetford, vendredi dernier, on parle de 850 spectateurs. Et même Jonquière, avec seulement 1200 spectateurs au Palais des sports. Pourtant, l’équipe, après quelques premiers matchs chancelants, connaît maintenant un excellent début de saison.