Malgré d’importants problèmes d’ampoules, Léandre Bouchard a réussi à conclure son périple à la marche entre Québec et Chicoutimi plus rapidement que prévu.
Malgré d’importants problèmes d’ampoules, Léandre Bouchard a réussi à conclure son périple à la marche entre Québec et Chicoutimi plus rapidement que prévu.

Périple entre Québec et Chicoutimi à la marche: Bouchard gagne son pari [VIDÉO]

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Les problèmes d’ampoules de Léandre Bouchard ne l’ont pas ralenti, loin de là. L’athlète almatois a même accéléré le rythme pour rallier Chicoutimi jeudi soir, complétant ainsi plus rapidement que prévu une randonnée de 207 kilomètres depuis Québec à pied en solitaire et en autonomie complète.

« C’était beaucoup plus que je pensais, a-t-il laissé tomber peu après son arrivée, lors d’une entrevue téléphonique. J’ai déjà fait pas mal de voyages de cyclotourisme. Je pensais que ce serait semblable, mais à la marche, ça met un stress très supérieur sur le corps. Il y a aussi le fait que j’ai pas mal moins de volume d’entraînement à la marche qu’en cyclisme. »

Léandre Bouchard avait débuté son périple samedi dernier, empruntant sensiblement le même parcours que l’ancien Raid Pierre Harvey. Son coéquipier de l’équipe Pivot Cycles, Mathieu Bélanger-Barrette, l’avait fait revivre le temps d’une journée au début de l’été à vélo.

« Le stress que j’infligeais à mes pieds, c’est le facteur que j’avais le plus sous-estimé. C’est ce qui a tiré le plus d’attention négativement dans mon périple. C’est l’aspect qui a été le plus dur à gérer », d’avouer Léandre Bouchard, qui a dû composer avec d’importantes ampoules, ce qu’il l’a forcé à remplacer le soulier par une sandale à compter de mercredi.

« Je n’ai pas osé réessayer le soulier. Ça fait 75 kilomètres avec la babouche. Elle a fait son bout de chemin et n’en aurait pas fait énormément plus. Elle commençait à être usée », d’admettre en riant Léandre Bouchard qui avait prévu sept jours pour sa traversée, mais qui en a eu besoin de seulement six.

Quand il trouvait un endroit qui convenait, Léandre Bouchard installait sa petite tente pour passer la nuit.

Il s’agissait pour lui d’une première expérience en autonomie complète qui venait en quelque sorte remplacer un éventuel voyage de cyclotourisme qu’il ne pourra pas faire dans les circonstances actuelles. Le moment était également très bien choisi quelques semaines après une saison écourtée et qui l’a motivé à faire un gros volume d’entraînement dans sa préparation.

« J’avais mes repas pour chaque jour et je pense que j’en avais amené suffisamment. Je me sentais rassasié, mais pas trop non plus, parce que ce que tu traînes en plus, c’est du poids sur les épaules. Au départ, le plus gros problème de poids, c’était définitivement l’eau. Il faut dire que je partais avec sept jours d’autonomie. Vers la fin, j’avais prévu des aliments plus légers et si ça s’étirait, j’aurais allongé mes rations », souligne Léandre Bouchard dont le menu, qui se répétait, comprenait deux bagels au beurre d’arachides le matin, des barres tendres, une demi-tasse de noix et deux portions de sachets déshydratés le soir.

« J’ai calculé que ça me donnait autour de 3700 calories par jour, ce qui était suffisant », confirme-t-il. Pour la nuit, il s’arrangeait comme il le pouvait à la tombée du jour.

« J’ai une petite tente une place, ce qui ne prend pas beaucoup de place au sol. C’était donc assez facile de trouver un endroit. Des fois, honnêtement, je ne me cassais vraiment pas la tête et je m’installais à côté du sentier. Je me disais que je ne croisais personne dans le jour, je ne pouvais pas croire que j’allais en croiser pendant la nuit », de raconter Léandre Bouchard, qui voulait également tester sa tente en mouvement après y avoir passé sa quarantaine, à son retour d’Europe pour trois compétitions internationales de cross-country en vélo de montagne. Il pouvait également compter sur son ami Joé Dufour comme personne ressource d’urgence qui aurait pu l’assister en cas de besoin, ce qui n’a heureusement pas été nécessaire. Il mentionne qu’à moins d’une dizaine de kilomètres de Laterrière, il avait encore de la difficulté à obtenir du réseau cellulaire.

Athlète de l’année de la FQSC


En plus de cet exploit, Léandre Bouchard a reçu un honneur de taille, jeudi soir, étant nommé Athlète masculin de l’année en vélo de montagne de la Fédération québécoise des sports cyclistes. En raison des circonstances actuelles, au lieu d’un gala en bonne et due forme, les 44 récipiendaires étaient dévoilés cette semaine de manière virtuelle sur différentes plateformes. Double champion québécois et champion du circuit de la Coupe du Québec, l’Almatois a notamment pris la 26e place au Championnat du monde de cross-country olympique en Autriche.

« Je l’avais su en primeur, mais ç’a été annoncé seulement une fois que j’étais sorti du bois », a confié Léandre Bouchard qui, après une courte pause à la suite de cette aventure dans la Réserve faunique des Laurentides, reprendra rapidement l’entraînement prochainement en vue de la prochaine saison de vélo de montagne, laquelle pourrait culminer par une deuxième participation aux Jeux olympiques.