Le nouveau véhicube spatial du Grand défi Pierre Lavoie attend sagement la fin du confinement pour partir en tournée à travers les écoles du Québec. Le plaisir de la découverte n’est que partie remise. ­Avec son fils Wilson, 3 ans, c’est avec fierté que la Saguenéenne Pascale Paiement a participé au dévoilement de la cinquième version .
Le nouveau véhicube spatial du Grand défi Pierre Lavoie attend sagement la fin du confinement pour partir en tournée à travers les écoles du Québec. Le plaisir de la découverte n’est que partie remise. ­Avec son fils Wilson, 3 ans, c’est avec fierté que la Saguenéenne Pascale Paiement a participé au dévoilement de la cinquième version .

Pascale Paiement, la fée derrière la magie du véhicube

Les différentes générations du véhicube qui font la joie des jeunes lors des tournées dans les écoles à travers le Québec ont une touche bien saguenéenne. C’est en effet Pascale Paiement, fille des architectes de Saguenay Daniel Paiement et Maude Thériault, qui apporte sa touche magique pour la conception de ces lieux de pur divertissement et d’apprentissage sur les saines habitudes de vie.
La Saguenéenne Pascale Paiement, la fée qui conçoit les différentes versions du véhicube qui faut la tournée des écoles dans le cadre du Grand défi Pierre Lavoie. Avec son fils Wilson, trois ans, c’est avec fierté qu’elle a participé au dévoilement de la cinquième version: le Véhicube spatial et sa remorque. 

Lorsque le Grand défi Pierre Lavoie (GDPL) a vu le jour en 2008-09, Pascale a été la toute première employée engagée. Douze ans plus tard, elle est toujours à son poste. Même si son travail a évolué au fil des années passées, elle s’amuse toujours autant à concocter des plans pour que les jeunes se retrouvent dans un univers enchanté dès qu’ils mettent les pieds dans les modules du véhicube, dont la cinquième version a été dévoilée en janvier dernier.

À l’autre bout du fil, la directrice projets spéciaux au GPDL parle de son travail avec enthousiasme, elle qui se sent comme un poisson dans l’eau dans la recherche et le développement pour le GDPL, où elle repousse sans cesse les limites technologiques et pédagogiques pour surprendre les jeunes qui entrent dans l’antre magique du véhicube.

Les astronautes Joshua Kutryk et David Saint-Jacques de l’Agence spatiale canadienne ont testé avec les enfants les différents modules dans le véhicube spatial, lors du lancement officiel, en janvier dernier. ­

Mais lorsqu’elle a décidé de faire équipe avec les fondateurs du GDPL, Germain Thibault et Pierre Lavoie, se doutait-elle que 12 ans plus tard, elle serait encore en poste avec toujours le même entrain ? « Moi, en autant que j’aie du plaisir, je vais toujours rester. C’est sûr que mon mandat a évolué au fil des ans. Pierre et Germain sont des visionnaires qui voient grand, qui voient loin et qui me permettent de trouver des idées. Quand ils me confient un mandat entre les mains, je n’ai aucune limite. Je savais que ça irait loin et qu’on aurait du plaisir. On ne réalise pas tout ce qu’on veut, mais on atteint souvent des choses qu’on ne pensait pas atteindre », assure celle qui réside maintenant à Québec.

Au début, le travail de la Chicoutimienne d’origine était très polyvalent et pas juste pour la logistique. En plus de concevoir le véhicube, d’animer durant les tournées du véhicube et d’aider au montage et démontage de la scène, elle s’occupait aussi de l’étourdissante Grande récompense du concours Lève-toi et bouge (cubes énergie), qui se déroulait au Stade olympique. Elle a apporté sa contribution à toutes les facettes du Grand défi, que ce soit la Boucle, le 1000 km, le concours Lève-toi et bouge, la Course et même la Tournée mini-cube dans les Centres de la petite enfance (CPE) et garderies du Québec.

Son cerveau semble toujours en ébullition et d’ailleurs, elle pense déjà à la sixième version du véhicube. « Je pense qu’un esprit créatif, ça n’arrête pas ben ben. Ça ne me fatigue pas ; ça me stimule ! , exprime-t-elle. Moi, j’ai hâte d’être devant mon ordinateur et d’écrire, de partager mes idées. Ça me passionne. Mon cerveau n’arrête pas. Mon cerveau a toujours des idées, même dans la situation actuelle (confinement). On essaie de trouver quand même des idées pour que ce soit positif et plaisant ! »

Sortir de sa zone de confort

Comme la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, Pascale Paiement a pour ainsi dire toujours baigné dans un univers de créativité. Après avoir étudié en design industriel, « où on apprend à sortir de sa zone de confort », elle s’est dirigée vers l’événementiel (gestion des organismes culturels et design d’événements).

« Tout le volet événementiel, c’est quelque chose qui m’attire depuis longtemps », souligne celle qui a pris de l’expérience en travaillant au Vieux-Port de Chicoutimi, au Festival de jazz et aux Francofolies, entre autres. Sa soif de découvrir ce qui se fait dans ce domaine l’a même amenée à aller en Europe, où elle a ouvert ses horizons sur les façons de faire et s’en est inspirée. Elle a étudié un an au Portugal, où elle a travaillé en événements, suivi d’un séjour en France. « On dit souvent que l’inconfort rend plus fort. Donc, je suis allée dans des zones moins connues pour trouver de nouvelles idées. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. De voir le monde, ce qui se passe. À travers tous les voyages que j’ai faits, je m’inspire de plein de choses », énonce celle qui fait aussi beaucoup de visites virtuelles d’événements et de sites d’ailleurs dans le monde.

« Quand je suis arrivée au Grand défi, j’avais vu pas mal de choses et j’en vois encore pas mal. Je ne m’arrête pas qu’à ce qui se passe au Québec, même si, ici, il se passe des choses extraordinaires en technologies et en design industriel. C’est vraiment très évolué, mais je vais tout le temps voir plein de choses à travers le monde. C’est très stimulant. En Europe, ils sont un peu plus avancés en événements, car ils ont des événements majeurs à l’année. Au Québec, on en a, mais c’est pas mal plus l’été et on n’a pas les mêmes défis », ajoute-t-elle, en pointant notamment l’hiver rigoureux du Québec.


« « On dit souvent que l’inconfort rend plus fort. Donc, je suis allée dans des zones moins connues pour trouver de nouvelles idées. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. De voir le monde, ce qui se passe. À travers tous les voyages que j’ai faits, je m’inspire de plein de choses.» »
Pascale Paiement

Maman de deux jeunes enfants, Wilson, 3 ans et June, 2 ans, Pascale a encore plus de plaisir à se glisser dans la peau des jeunes qui visitent le véhicube pour voir ce qui les allume.« Quand j’étais enceinte de June, on a fait le mini-cube pour les CPE et les garderies. Ça m’a amené une nouvelle réalité où je pouvais dire que je le faisais pour mes enfants. Ce n’est pas pareil. La première garderie où l’on a fait l’essai était celle de mon garçon. De voir la magie dans leurs yeux et de voir mon garçon dire ‘‘Ma mère, c’est elle qui fait les autobus.’’ C’est quand même plaisant ! », lance-t-elle en riant.

SAVOIR SE RENOUVELER ET REPOUSSER LES LIMITES

Comme tous les créateurs, Pascale Paiement est fière de son petit dernier, la cinquième version du véhicube du Grand défi Pierre Lavoie (GDPL), qui prend des allures de station spatiale. Mine de rien, la conceptrice doit toujours trouver des idées qui vont surprendre les jeunes et qui ne seront pas désuètes un an plus tard, ce qui n’est pas une mince tâche. 

« Faire un véhicube est un investissement important, car on change tous les trois ou quatre ans. On est en amélioration continue, confirme la Saguenéenne. L’an passé, on a beaucoup travaillé l’intérieur du véhicube pour les ateliers en classe pour les maternelles, la façon d’animer, etc. Physiquement, on a fait de gros changements, mais il faut toujours s’assurer de faire des choix qui ne seront pas périmés », souligne la directrice des projets spéciaux au GPDL.

Par exemple, la technologie évolue si rapidement qu’il faut s’assurer de faire des choix judicieux, d’autant plus que plusieurs jeunes sont déjà bien au fait et qu’il devient difficile de les impressionner. « Il faut être à jour et alertes pour trouver des choses que les jeunes voudront refaire sans arrêt parce que c’est le fun, que c’est quelque chose qu’ils n’ont pas à la maison et qu’ils voudront réessayer. »

Toujours plus loin

À ses yeux, Walt Disney demeure un leader un incontournable pour le divertissement des jeunes et une source d’inspiration comme quoi il y a toujours moyen de repousser ses limites, même pour le GDPL. « Walt Disney n’a pas atteint son maximum, alors nous non plus ! On veut toujours aller plus loin et c’est sûr qu’un jour, il y aura une sixième version. Avec la cinquième version, on a franchi une grosse étape et la marche était haute, mais avec une petite équipe, on a réussi à y arriver. On a aussi réussi à arriver dans le budget et dans le temps », souligne-t-elle fièrement. 

Un défi qu’elle a notamment relevé avec la collaboration de l’idéateur et directeur général du Grand défi, Germain Thibault, et pour le volet nutrition, avec Natalie Alméras, chercheuse au CRIUCPQ. 

« On a tout changé les jeux. Je suis allée faire des visites virtuelles dans d’autres musées à travers le monde pour voir comment ça se passait, ce qui était intéressant. On a travaillé ensemble pour trouver des jeux et des activités qui fonctionnaient et étaient plaisants, relate-t-elle. C’est le fun parce qu’au Grand défi, il n’y a pas de limite. On essaie toujours de trouver de nouveaux projets, de nouvelles choses, qui vont rendre l’événement plus dynamique, plus attrayant. Parfois plus efficace aussi, rien qu’en changeant de petites choses qui peuvent paraître banales et qui ne le sont pas. Je suis fière de l’avoir réalisé en équipe », fait valoir celle qui a eu droit aux félicitations de l’astronaute David Saint-Jacques lors du lancement en janvier.

Car au-delà de la magie que les enfants, les professeurs et les gens voient, il y a toute une mécanique derrière les installations. « C’est plein de petits détails auxquels on ne pense pas et qui sont tout aussi importants. Il y a plein de choses à prévoir parce qu’au Québec, il y a quatre saisons, dont des hivers très rigoureux. Il faut s’assurer que les extensions ne soient pas affectées par la neige et la glace, les bottes et manteaux d’hiver qu’il faudra enlever et ranger pendant que les jeunes découvrent les différents ateliers du véhicube, etc. Toutes sortes de petits détails à prévoir et à régler qui feront une grosse différence au bout du compte.