Pascal Hudon souligne plusieurs anniversaires en 2018. L’entraîneur, qui a eu 40 ans, débute sa 20e saison derrière le banc, sa dixième avec les Jeannois du Collège d’Alma.

Pascal Hudon: 20 ans derrière le banc

Depuis 20 ans, Pascal Hudon est un témoin privilégié de la scène régionale du hockey. Vendredi soir, au Peps de l’Université Laval, l’entraîneur d’expérience a débuté une 20e saison derrière le banc, sa dixième à la barre des Jeannois du Collège d’Alma.

Après avoir joué dans le junior régional et disputé quelques matchs avec les défunts Condors de Jonquière dans le semi-professionnel, Pascal Hudon a rapidement fait le saut derrière le banc, avec le bantam BB à Saint-Bruno. Il a rapidement eu le coup de foudre. «Veut, veut pas, ta première année, c’est un élément déclencheur dans une carrière», lance-t-il, mentionnant avoir bénéficié d’un très bon groupe de joueurs et de parents avec un gérant, André Gagné, qui lui a donné sa chance malgré son jeune âge.

«Ça fait 20 ans que je suis entraîneur et ça fait encore aujourd’hui partie de mes trois ou quatre plus belles saisons. Ça m’a vraiment donné la passion du hockey et de devenir entraîneur. Après, ça n’a jamais vraiment arrêté», mentionne Pascal Hudon, qui a rapidement monté les échelons. Il a même dirigé en même temps le junior AA et le senior AA, en plus de travailler dans des programmes sport-études à Saint-Bruno et Jonquière. «Je faisais du hockey pratiquement à temps plein. Ce n’était pas assez pour gagner ma vie, mais avec les quatre, c’était quand même pas pire. En même temps, ça me permettait d’apprendre avec tous ceux avec qui je travaillais», fait-il valoir.

Le tournant de sa carrière s’est produit quand il a eu sa chance pour la première fois dans un calibre provincial de développement, comme adjoint dans le bantam AA à Saint-Bruno. «J’ai vraiment fait un pas en arrière pour en faire un en avant», indique-t-il.

«C’était vraiment mon premier tremplin, si on veut, dans l’enseignement du hockey», reprend Pascal Hudon qui a ensuite été promu comme entraîneur-chef. Après une saison championne, il a reçu un coup de fil des Élites de Jonquière, dans le midget AAA, qui lui offraient un poste d’adjoint.

Il est tombé dans le bain très rapidement, après le congédiement de tout le reste du personnel découlant d’un début de saison difficile. Il s’est donc retrouvé en charge, un poste qu’il n’était pas encore prêt à assumer, admet-il sans détour. Après une saison plutôt difficile, Claude Bouchard, s’est retrouvé derrière le banc des Élites après son congédiement par les Foreurs de Val-d’Or et il a un peu représenté son mentor.

«Je suis allé à l’université du hockey. C’est probablement l’élément déclencheur dans ma carrière, ce qui fait que je suis maintenant capable de diriger dans des calibres provinciaux. Il a été très dur avec moi et je le remercie d’avoir été dur. Je suis capable d’en prendre et c’est ce qui fait que j’ai la couenne aussi dure et que je peux passer à travers toute l’adversité», souligne Pascal Hudon.

Ce dernier a eu une deuxième chance en chef l’année suivante, qui s’est beaucoup mieux déroulée que la première. «Personnellement, je suis fier de cette année-là. Je pense que j’ai eu une bonne progression et mes joueurs également», insiste l’entraîneur d’expérience.

L’offre d’emploi de ses rêves s’est ensuite présentée avec la relance de la Ligue de hockey collégial quand les dirigeants du Collège d’Alma ont décidé d’embarquer dans l’aventure. Il a été choisi parmi une vingtaine de candidatures, ce qui lui a permis de monter le programme de A à Z.

«On l’a pris vraiment à l’embryon. On l’a monté où on est rendu et je le considère comme un programme très crédible», annonce Pascal Hudon, rappelant qu’il a retranché dernièrement des joueurs qui avaient participé à des camps du junior majeur, ce qui en dit beaucoup sur le calibre du circuit provincial scolaire.

Une des choses qui le rend le plus fier, c’est de pouvoir gagner sa vie avec sa passion et dans sa région natale, un réel privilège pour lui. «C’est beau la gloire, mais mon but, c’est de faire du hockey. À 40 ans, je ne veux pas me péter les bretelles et dire que je ‘‘coache’’ à tel ou tel endroit. Mon but, c’est de gagner ma vie avec ma passion, de me lever le matin et avoir hâte d’aller travailler. J’ai même hâte, en fin de semaine, de faire encore le Parc des Laurentides pour aller faire du hockey et voir progresser mes gars. C’est ma drogue. J’ai le goût de ça chaque matin et chaque semaine, même si je le fais depuis 20 ans. Je suis chanceux, je le fais dans un beau calibre en plus», raconte Pascal Hudon, soulignant également la proximité entre les joueurs dans le petit milieu d’Alma, ce qui n’est pas le cas dans d’autres programmes dans de plus grandes villes.

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UNE DÉFAITE POUR DÉBUTER

À leur premier match de la saison régulière, les Jeannois du Collège d’Alma ont baissé pavillon 6-3 devant les Dynamiques de Sainte-Foy au Peps de l’Université Laval. 

Les locaux ont marqué une fois en fin de première période, puis trois fois rapidement en début de deuxième pour se forger une avance de quatre buts. Les Almatois n’ont pas abandonné, inscrivant trois des quatre derniers buts de l’engagement pour réduire l’écart à deux buts. Les Dynamiques ont complété le pointage avec un peu plus de cinq minutes à faire à la rencontre. Le vétéran gardien Jérémy Beaudoin-Mireault a disputé toute la rencontre, faisant face à 33 tirs. 

Les Jeannois auront l’occasion de ramener une victoire de ce premier voyage de la saison alors qu’ils seront du côté de Thetford samedi soir. 

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PASCAL HUDON SUR...

La façon de diriger les jeunes

«Ça doit faire au moins quatre fois que je suis obligé de changer un peu ma façon de travailler et d’approcher les jeunes. Oui, ç’a changé beaucoup. Il y a des choses qu’on pouvait faire avant qu’on ne peut plus faire. Il y en a d’autres qu’on n’était pas obligés de faire et qu’on doit faire maintenant. On le voit dans tous les domaines comment les jeunes ont changé, ce qui force à travailler différemment. Ils ont beaucoup plus besoin de se faire dire le pourquoi. C’est aussi devenu beaucoup plus difficile de les brasser collectivement. Il faut le faire, mais pas trop souvent. On va organiser beaucoup plus de rencontres individuelles où on va chercher à maximiser le potentiel individuel des jeunes», relativise-t-il.

«Avant, on les traitait pratiquement tous pareil. Maintenant, le mandat que je me donne en début de saison, c’est de connaître chacun des joueurs et de trouver des manières d’aller chercher le maximum de chacun pour que l’équipe ait du succès», mentionne-t-il, précisant que les vétérans et les meneurs lui permettent d’avoir un meilleur pouls du vestiaire.  

Son avenir

Pour le moment, Pascal Hudon ne voudrait pas être ailleurs que derrière le banc des Jeannois du Collège d’Alma. Il avoue avoir eu des discussions avec des équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec lors des dernières années, mais sans plus. «Au bout de la ligne, quand je m’assois et que je réfléchis comme il faut, il n’y a jamais rien qui me fait pencher d’un bord, par rapport à ce que je peux vivre ici avec les Jeannois et de la manière que je le vis. C’est tout le temps facile de prendre des décisions», de convenir l’entraîneur d’expérience. 

L’édition 2018-2019 des Jeannois

Pascal Hudon et ses adjoints auront sous la main une défensive jeune, mais une attaque expérimentée. À la ligne bleue, seulement deux vétérans sont de retour avec cinq recrues de 17 ans. «Ce n’est pas un point d’interrogation, parce que je suis conscient que nos jeunes sont bons. Sauf qu’il y aura quand même une adaptation à faire en début de saison. Pour les jeunes, il y a toujours une bonne marche à franchir pour jouer collégial, peu importe d’où ils arrivent. Ces jeunes-là vont faire des erreurs, mais on va être patients. On va les envoyer dans des situations difficiles pour les faire progresser rapidement», signale Pascal Hudon qui fera confiance au duo de gardiens formé du vétéran Jérémie Beaudoin-Mireault et le nouveau venu Philippe Bond.
En attaque, les Jeannois auront huit vétérans, auxquels se sont greffés six joueurs de 17 ans. «On a vraiment grossi l’équipe, fait valoir Pascal Hudon. C’est un peu le mandat qu’on s’était donné. Ce sont des joueurs qui sont bons, mais gros, qui sont capables de jouer au hockey et d’amener un aspect physique.»