Le deuxième exercice nécessite de soulever 20 fois un sac de sable de 20 kilos, ce qui reproduit l’échange des sacs pendant une inondation. ­­

Pas si faciles, les tests de l'armée

CHRONIQUE / Le test physique que doivent réussir les militaires des Forces armées canadiennes n’est pas de la petite bière, même s’il n’est pas nécessairement difficile d’atteindre la norme de passage.

Les journalistes régionaux ont été invités à passer le test mercredi, à la Réserve navale, ce qui a permis d’avoir une très bonne idée de la forme physique requise. Je faisais partie du quatuor délégué par Le Quotidien, qui était complété par le jeunot Jonathan Hudon, Mélyssa Gagnon et le vétéran Normand Boivin. Les tests étaient menés de main de maître par les moniteurs en condition physique de la base de Bagotville, les kinésiologues Claudie Descôteaux et Mathieu Girard, des employés civils. D’entrée de jeu, tous les collègues seraient acceptés s’ils voulaient réorienter leur carrière. Jonathan a même atteint le niveau bronze, réservé à environ la moitié des membres des forces. Pour ma part, il me manquait 17 points pour parvenir à ce standard. « Ce sont des exigences minimales pour indiquer si les militaires ou les aspirants sont opérationnels, précise Claudie Descôteaux. Ce n’est pas un test de performance. Ce sont des critères de base pour être en mesure de répondre aux opérations. Les quatre exercices ont été déterminés en fonction des tâches que les militaires pourraient devoir accomplir dans des missions ou des événements qui peuvent se produire au quotidien. »

Le test Forces a été changé en 2014 justement afin de mieux refléter la réalité. Il se décline en quatre exercices destinés à évaluer la capacité opérationnelle des nouvelles recrues. Les militaires déjà en poste doivent également se qualifier chaque année. Un échec se traduit par un programme d’entraînement physique spécialisé obligatoire et une période de 90 jours pour réussir le test, sans quoi la personne sera libérée. Vous pouvez vous rassurer immédiatement, seulement 0,1 % des militaires échouent, ce qui est pratiquement le même pourcentage de ceux qui font partie de l’élite, appelée Platinium. « C’est sûr que quelqu’un qui ne fait pas d’entraînement physique va trouver le test difficile, mais va quand même se retrouver dans la norme verte, qui est la norme opérationnelle », assure Claudie Descôteaux. 

Pour revenir aux quatre épreuves, on retrouve, dans un ordre précis, la course précipitée sur 20 mètres, le soulever des sacs de sable, la course-navette intermittente avec charge et la traction des sacs de sable. Des limites de temps sont imposées, sauf la dernière où il faut franchir la distance de 20 mètres, sans interruption, en traînant la charge de près de 250 livres. Cet exercice reproduit en quelque sorte de déplacer une personne sur une certaine distance. La course précipitée, qu’il faut franchir en 51 secondes, permet d’imiter le mouvement de se coucher au sol. Le soulever des sacs de 20 kilos illustre parfaitement l’échange des sacs de sable pendant une inondation. 

Étant donné mon poids, de près de 200 livres, les épreuves qui demandaient une force physique étaient plus faciles pour moi que pour ma collègue Mélyssa Gagnon par exemple. Dans la vraie vie, les sacs ne sont pas moins lourds pour une fille tout comme une victime au sol, rappelle Claudie Descôteaux. « C’est sûr que la traction de 120 kilos (265 livres), pour une femme de 100 livres, ça peut être plus difficile. Nos femmes sont préparées pour lever ces charges. Pour les aspirants, qui n’ont pas d’idée des tâches militaires, c’est différent, mais on est là pour les familiariser, mais aussi pour les prendre en main », fait valoir la kinésiologue. 

Avant de me présenter aux tests, j’ai eu la brillante idée de tout de même aller à mon entraînement de boxe, en compagnie de Michel Desgagné, du club de Chicoutimi. Honnêtement, je croyais les tests plus faciles et surtout moins exigeants. Comme mon réservoir d’énergie n’est pas inépuisable, j’ai cassé au troisième exercice alors que je suis parti en lièvre pour terminer en tortue. Probablement qu’avec une bonne performance, j’aurais réussi à atteindre le fameux niveau bronze et pouvoir ainsi éviter les quelques blagues de mon jeune collègue. Claudie Descôteaux a promis d’offrir de nouveau les tests l’an prochain. Je commence dès maintenant mon entraînement !

Les gens intéressés pourront également tenter leur chance, vendredi et samedi. Il faut toutefois s’inscrire avant de se présenter par courriel au info.chicoutimi@forces.gc.ca.

Le deuxième exercice nécessite de soulever 20 fois un sac de sable de 20 kilos, ce qui reproduit l’échange des sacs pendant une inondation.
Mathieu Girard a expliqué les exercices. Pour l’occasion, j’étais accompagné de Jean-Marie Munger et Catherine Doucet, de Radio-Canada, et de Carolyne Labrie, d’Énergie et Rouge FM.