Après 12 années de compétition en slopestyle et en Big Air sur les scènes régionale, provinciale, nationale et internationale, la Saguenéenne Océane Fillion prend sa retraite. Elle continuera toutefois d’être impliquée dans son sport en tant que coordonnatrice, pour le Québec, d’un nouveau programme d’initiation de Snowboard Canada.

Océane Fillion prend sa retraite

Après avoir longuement mûri sa décision, la planchiste Océane Fillion prend officiellement sa retraite de la compétition en slopestyle et en Big Air. Mais la Saguenéenne restera près de l’action puisqu’elle agira à titre de coordonnatrice au sein de l’Association Québec Snowboard.

Les blessures et le soutien financier dans un sport où les compétitions sont souvent tenues à l’autre bout du pays ou aux quatre coins de la planète ont pesé lourd dans sa décision. De fait, depuis 2016, l’athlète qui vient tout juste d’avoir 21 ans a subi son lot de blessures sérieuses, en plus de ne pas avoir réussi à obtenir le fameux brevet, principale source de financement de l’élite sportive canadienne.

« Ça fait depuis le printemps dernier que je suis en processus de réflexion. Au fil des années, j’ai eu de l’aide de fondations et de commanditaires, mais peu importe le nombre qu’on a, quand on n’obtient pas le brevet de l’équipe canadienne, c’est vraiment difficile », explique-t-elle, parfaitement sereine avec sa décision.

« De plus, ils ont fait une restructuration cette année. Ils ont redivisé l’équipe de développement en deux pour inclure plus de jeunes. Nous étions trois filles et quelques gars plus vieux qu’ils ne voulaient pas nécessairement monter sur l’équipe A. J’aurais quand même pu continuer à faire des coupes du monde, mais avec l’équipe du Québec. Ça n’aurait pas changé grand-chose, car c’est le même entraîneur. Mais c’était certain que je n’aurais pas eu de brevet d’athlète. C’est sûr que ç’a eu un impact sur ma décision », convient-elle en entrevue téléphonique.

Présence différente

La jeune femme a aussi pensé à son avenir, elle qui souhaite pouvoir pratiquer son sport encore longtemps. Même si elle s’est rétablie d’une déchirure au ligament croisé antérieur à un genou à l’automne 2016, d’une fracture à une vertèbre et d’une commotion au printemps dernier, la Saguenéenne a pesé le pour et le contre. « J’aime la compétition, le risque et le sport extrême, mais je veux encore être capable de faire du snow quand j’aurai 50 ans. (...) Ce n’est pas que je n’avais plus le désir de compétitionner et de me dépasser, mais c’était plus le fait que j’étais rendue à un point où je risquais beaucoup (pour ma santé). Cela dit, je suis quand même sereine avec ma décision parce que même si je quitte la compétition, je ne quitte pas le snowboard. »

En effet, avec son poste de coordonnatrice à l’Association Québec Snowboard, elle pourra continuer de dévaler les pentes puisqu’elle devra organiser une série d’événements d’initiation à la planche pendant l’hiver, un peu partout dans la province . « C’est sûr que je serai sur la neige ! Ça me permet de faire une transition en douceur », explique celle qui est la responsable du volet québécois du nouveau circuit d’initiation de Snowboard Canada. Elle devrait d’ailleurs organiser deux événements au Mont-Lac-Vert d’Hébertville.

La jeune femme jongle d’ailleurs avec d’autres options qui lui permettront de continuer à exploiter son talent. Ça pourrait prendre la forme d’une participation à un tournage (vidéo, film, etc.). Pour l’instant, elle n’a rien de planifié à cet égard.

Enfin, en ayant délaissé la compétition, l’étudiante en commerce (majeure en marketing) à l’Université McGill pourra désormais s’impliquer à fond dans sa faculté.

« Même si j’ai toujours réussi à bien concilier le sport et mes études, maintenant, je pourrai me concentrer dans mes études et m’impliquer à l’université », de conclure la dynamique jeune femme.

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DE BEAUX SOUVENIRS

En 12 ans de compétitions et de camps d’entraînement au pays et un peu partout dans le monde, inutile de dire qu’Océane Fillion a fait de belles rencontres et amassé de bons souvenirs.

En terme de résultats, elle place en tête de liste sa médaille d’or aux Jeux du Canada en 2015 et sa médaille de bronze aux Championnats du monde juniors remportée en Italie en 2016. «Ce sont les résultats dont je suis super fière!»

Elle se sent aussi choyée d’avoir pu apprendre aux côtés des meilleurs. «J’ai aussi eu la chance de pouvoir ‘‘rider’’ en compagnie de l’élite de l’équipe canadienne, dont son amie Laurie Blouin (médaillée d’argent aux Jeux de PyeongChang). D’avoir pu m’entraîner et côtoyer les meilleurs, c’est vraiment une expérience qui vaut beaucoup pour moi.»

La Saguenéenne n’a que de bons mots pour son sport. «Le snow m’a permis d’être bilingue et d’aller à des endroits où je ne serais jamais allée autrement. Ça m’a rendue plus débrouillarde. C’est une école en tant que telle. J’y ai appris beaucoup de choses qui m’ont permis de grandir. Je suis contente de passer à autre chose, mais ça reste de beaux moments!», énonce-t-elle, en avouant que la coupure n’est pas facile «parce que je renonce à plein de choses que j’aimais dans ce monde».

Parmi ses moins bons moments, il y a bien sûr cette opération à un genou qui lui a fait perdre une saison complète. «Je me suis bien rétablie, mais un an, c’est difficile à rattraper sur le circuit, surtout quand tu es encore en train de monter.» Il y a aussi eu cette commotion subie ce printemps, durant le Jamboree à Québec, qui est venue contrecarrer sa participation à ce qui allait être la dernière édition de cette Coupe du monde de Big Air en snowboard et en ski acrobatique présentée au Québec. «C’était tellement un bel événement, toujours bien organisé. Je comprends que c’est une question de commanditaires, mais c’est triste, car c’était l’emblème du snowboard au Québec», déplore-t-elle.

Enfin, la jeune planchiste a tenu à remercier ses principaux commanditaires qui l’ont soutenue, soit Ripcurl (vêtements), YES (planches à neige), Now (fixations), l’optométriste Steve Otis et les Boutiques S3 Boardshop.