Le Trifluvien Vincent Godin nagera de l’anse à Poulette à La Baie, samedi, en compagnie des trois nageurs qui complètent la Descente du Saguenay. Ils nageront ensemble les cinq derniers kilomètres du défi, dans le but de faire connaître la cause de la dysphasie. Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, les accompagnera également.

Nager pour faire connaître la dysphasie

Vincent Godin, un Trifluvien de 23 ans, nagera cinq kilomètres entre l’anse à Poulette et La Baie, samedi. Il le fera pour une cause qui lui tient à coeur, la dysphasie, un trouble du langage primaire dont il est atteint. Il sera accompagné d’Alexandre Cloutier, député péquiste de Lac-Saint-Jean. Ensemble, ils se joindront aux trois nageurs qui complètent la Descente du Saguenay.

Tous ensemble, ils nageront ces cinq derniers kilomètres de la Descente du Saguenay pour la cause. Le jeune Vincent Godin est très fier de faire connaître sa cause, en plus d’être soutenu par un député. « En m’associant avec des politiciens, ça m’aide à apporter ma cause au niveau politique », a affirmé le nageur.

C’est la première fois que le nageur plongera dans le fjord du Saguenay, excepté pour ses quelques entraînements des derniers jours. « Je voulais relever un défi personnel. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est une région qui m’a toujours attiré, et j’avais senti le besoin de venir sensibiliser les gens, ici, de venir faire passer mon message », a confirmé Vincent Godin.

Le Trifluvien n’en est pas à son premier défi en eau libre. L’athlète a fait une première épreuve à 15 ans. Il avait alors nagé dans le fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Trois-Rivières. Ensuite, à 17 ans, il est parti de la Nouvelle-Écosse, et il a nagé jusqu’aux Îles-de-la-Madelaine. Tout ça, pour faire connaître sa cause, et ça marche !

« De plus en plus de gens connaissent la cause. Plus elle est connue, plus les personnes repèrent facilement qui est atteint de dysphasie et sont capables de les aider », s’est-il réjoui. Davantage de personnes l’associent à la cause et lui écrivent des messages pour montrer leur soutien.

À travers ses défis, il tient à prouver que les gens vivant avec la dysphasie sont capables de faire de grandes choses. « Ça me fait chaud au coeur de voir que je peux être porteur d’espoir pour les jeunes dysphasiques, mais aussi pour leurs parents. Ça m’aide beaucoup à continuer et à atteindre mes objectifs », a partagé Vincent Godin.

De nombreux projets visant à faire rayonner la cause de la dysphasie sont dans la mire du Trifluvien. De plus en plus sollicité, il aimerait faire des conférences dans les écoles, devant les étudiants du niveau secondaire et collégial. « Je pense que mon message est valorisant et positif pour les gens dysphasiques », a souligné le nageur.

Même si l’athlète réussit des défis d’envergure, il tient à souligner que sa dysphasie n’est pas de tout repos et que son trouble du langage lui apporte un lot de défis quotidiens. « La compréhension pour moi, ç’a été le plus gros obstacle. Aussi, si je n’ai pas de routine, ou d’agenda, si je ne suis pas encadré, c’est difficile de bien exécuter mes tâches. C’est excessivement difficile au niveau de l’écriture. Je dois me concentrer plus », a confié le jeune homme. Mais il ne baisse pas les bras.

Il espère que la mobilisation visant à soutenir la cause de la dysphasie permettra d’apporter davantage de support aux gens qui vivent avec ce trouble. « J’aimerais que la dysphasie soit davantage reconnue. J’aimerais qu’on donne davantage de services, qu’on nous encadre plus, qu’on s’ajuste plus facilement aux jeunes », a mentionné le jeune homme.

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LA DYSPHASIE EN BREF

Selon l’organisme Dysphasie Québec, la dysphasie, aussi appelée trouble primaire du langage ou trouble développemental du langage, « est une atteinte neurologique qui persiste tout au long de la vie ». Ce trouble affecte l’expression et la compréhension du langage.

Les personnes atteintes de dysphasie peuvent éprouver des difficultés avec les sons et la parole, l’accord ou l’ordre des mots, le vocabulaire, et la compréhension. Au Québec, on estime que 9,4 % des enfants de 5 ans en milieu scolaire ont un trouble primaire du langage. À 12 ans, des chercheurs ont constaté que 72 % de ces enfants ont toujours une problématique persistante sur le plan du langage, selon l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.