À 55 ans, Nancy Ratté tentera samedi pour une deuxième fois la traversée du lac Saint-Jean à la nage, 30 ans après sa première expérience.
À 55 ans, Nancy Ratté tentera samedi pour une deuxième fois la traversée du lac Saint-Jean à la nage, 30 ans après sa première expérience.

Nage en eau libre: les amateurs délaissés, déplore Nancy Ratté

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Nancy Ratté s’apprête à traverser le lac Saint-Jean à la nage, samedi, en compagnie d’une vingtaine d’autres nageurs. À 55 ans, elle tentera le coup pour une deuxième fois, 30 ans après sa première expérience. Elle croit cependant que la nage en eau libre est délaissée au Saguenay–Lac-Saint-Jean, alors que la région est propice à ce sport.

Certes, il y a la Traversée internationale du lac Saint-Jean, mais Mme Ratté estime que la région pourrait en faire plus, alors que la Traversée ne fait pas de place aux nageurs amateurs. «Il n’y a plus de nage en eau libre dans la région. Oui, il y a la Traversée, mais il n’y a plus de place pour les amateurs. Si on veut le faire, on doit le faire par nous-mêmes, nous organiser par nous-mêmes et eux, ils ne nous aident pas. Pourtant, ils auraient tout pour le faire. Nous le ferons samedi et nous ne pouvons même pas faire homologuer notre temps», raconte Mme Ratté, qui, selon les statistiques de la Traversée, serait la plus vieille femme à réaliser l’exploit.

Elle déplore également que le volet par équipe ait été retiré, ce qui représentait une belle occasion de tester le lac Saint-Jean. «Le faire à relais, c’est une belle occasion de l’essayer et de voir pour le faire à deux ou peut-être tenter le coup en solo, mais il n’y a plus de volet par équipe. Oui, la nage est un sport individuel, mais quand on le pratique en équipe, c’est encore plus plaisant et motivant», explique celle qui veut nager en l’honneur de la conductrice qu’elle a sauvée de la noyade, il y a quelques mois, quand la voiture de la dame s’était retrouvée dans les eaux du lac Kénogami.

Le lac Kénogami, un endroit idéal
Pour remédier à ça, elle souhaite qu’un corridor de nage soit aménagé dans le lac Kénogami. «Il y a ça un peu partout au Québec, des zones réservées aux nageurs. On a plein de beaux lacs dans la région, mais on n’a pas accès, à moins qu’on passe sur la pelouse de quelqu’un. On veut offrir à nos jeunes une place sécuritaire pour faire de la longue distance en eau libre.»

Elle croit d’ailleurs que les installations pourraient être utilisées pour organiser une autre compétition d’envergure, à l’image de la Traversée. «La Traversée du lac Memphrémagog n’existe plus et c’était la seule autre épreuve internationale. On a déjà fait des 15 km au lac Kénogami. C’est possible. Il faut seulement avoir les installations. De plus, ce serait beaucoup plus accessible pour les amateurs.»

Mme Ratté a fait des démarches auprès du conseiller municipal du secteur, Jimmy Bouchard. Elle raconte lui avoir envoyé des modèles utilisés dans d’autres lacs. «Quand je vois des installations qui ont été faites ailleurs cette année, je lui envoie le lien avec toutes les informations. Je lui ai aussi montré l’endroit idéal pour le faire, où il n’y a pas de circulation de bateau et un stationnement déjà aménagé.»

Conseiller intéressé
Le conseiller municipal dit avoir un grand intérêt à mener à terme ce dossier, mais la pandémie retarde son cheminement. «Je crois que ce serait très intéressant pour le lac. On a un comité qu’on a monté en mars pour la gestion du lac Kénogami dans son ensemble. Ce comité comprend des gens de Larouche, d’Hébertville, de Saguenay et des services d’urgence. J’ai l’intention d’amener le dossier dans ce comité-là, mais avec la pandémie, on ne s’est pas encore réunis. Je m’attends à ce que ça bouge un peu plus à l’automne et j’espère mettre ça en place pour l’été prochain», explique Jimmy Bouchard.

Il n’est d’ailleurs pas fermé à l’idée d’y organiser des compétitions. «On n’a pas encore parlé de ça, mais si l’engouement est là et qu’on a les installations, ce serait possible. Mais ce n’est pas dans les cartons pour l’instant», résume le conseiller.