Novak Djokovic, qui avait glissé hors du top 20 mondial en mai, connaît une véritable renaissance : après avoir gagné à Wimbledon et à Cincinnati ces derniers mois, le voici maintenant en finale à Flushing Meadows.

Nadal abandonne, Del Potro affrontera Djokovic en finale

NEW YORK — Plongé dans un bain de jouvence depuis son sacre à Wimbledon venu refermer deux ans de vicissitudes — entre coude douloureux, opéré en début d’année, et tête en vrac —, Novak Djokovic n’est plus qu’à un match de donner encore une autre dimension à sa spectaculaire renaissance.

L’ex-numéro 1 mondial a rejoint l’Argentin Juan Martin Del Potro (3e) en finale des Internationaux de tennis des États-Unis en écartant le Japonais Kei Nishikori (19e) en trois sets (6-3, 6-4, 6-2), vendredi.

Le Serbe de 31 ans tentera de remporter son 14e trophée en Grand Chelem dimanche, son troisième à Flushing Meadows après 2011 et 2015.  S’il s’impose dimanche contre Del Potro — sa fiche en carrière contre l’Argentin est de 14-4, dont trois victoires l’an dernier —, Djokovic égalera l’Américain Pete Sampras au nombre de titres en Grand Chelem et reviendra à six longueurs de Roger Federer, détenteur du record avec 20 couronnes.

Et il se réinstallera sur le podium mondial, au troisième rang, alors qu’il avait entamé la saison hors du top 10. Fin mai, il avait même glissé hors du top 20 pour la première fois depuis 12 ans.

Si Del Potro jouera sa deuxième finale majeure neuf ans après son sacre à Flushing Meadows, «Djoko» disputera quant à lui sa 23e au total, sa huitième rien qu’aux Internationaux des États-Unis. À New York, seuls Ivan Lendl et Pete Sampras ont fait aussi bien.

Débarrassé de la chaleur et de l’humidité étouffante qui l’avaient fait souffrir depuis le début de la quinzaine new-yorkaise, l’ex-no 1 mondial n’a jamais été en danger contre Nishikori. «J’ai joué avec la bonne concentration et beaucoup d’intensité d’entrée. J’ai vraiment, vraiment bien joué aujourd’hui.»

Nadal : «Ce n’était plus un match de tennis»

Dans la première demi-finale, Del Potro avait bénéficié de l’abandon de Rafael Nadal alors qu’il menait 7-6 (3) et 6-2. Le numéro 1 mondial et vainqueur sortant a été trahi une fois de plus par son genou droit.

«Je ne pouvais pas courir, pas poser mes appuis, ni pousser au service», a énuméré le Majorquin de 32 ans. «À la fin, ce n’était plus un match de tennis... Je déteste abandonner, mais au niveau physique et mental, c’était la décision la plus logique. Je ne crois pas que ce soit très grave, je pense que c’est la même blessure que d’habitude, une tendinite, mais elle m’empêche de jouer.»

«C’est sûr que ce n’est pas comme ça que vous souhaitez gagner. Je n’aime pas le voir souffir, alors de le voir comme ça, ça me rend triste», a confié Del Potro, lui-même dont la carrière a été ralentie par quatre opérations aux poignets. En février 2016, il était 1045e à l’ATP.

«Je n’arrive pas à croire que je vais avoir une autre chance de jouer une finale en Grand Chelem ici, dans mon tournoi préféré», s’est félicité l’Argentin. «J’ai dû surmonter beaucoup, beaucoup de problèmes pour en arriver là», a-t-il rappelé.

Quand ses poignets ne le laissaient pas en paix, Del Potro, le moral en berne, avait même envisagé de dire adieu au tennis. Voilà sa persévérance récompensée.