L’attaquant du Drakkar de Baie-Comeau, Mikisiw Awashish (à droite), est honoré de représenter la LHJMQ en tant que finaliste au Prix Alec-Reid remis à l’athlète engagé 2020 de l’Alliance Sport-Études. Le natif de Mashteuiatsh pose en compagnie du capitaine Nathan Légaré et d’un jeune fan.
L’attaquant du Drakkar de Baie-Comeau, Mikisiw Awashish (à droite), est honoré de représenter la LHJMQ en tant que finaliste au Prix Alec-Reid remis à l’athlète engagé 2020 de l’Alliance Sport-Études. Le natif de Mashteuiatsh pose en compagnie du capitaine Nathan Légaré et d’un jeune fan.

Mikisiw Awashish finaliste pour le Prix Alec-Reid

Fort de l’appui massif des communautés autochtones, l’attaquant du Drakkar de Baie-Comeau, Mikisiw Awashish, est le finaliste de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) au Prix Alec-Reid de l’Alliance Sport-Études décerné à l’athlète-étudiant engagé. Dès mardi, à compter de 10h, les gens seront invités à soutenir sa candidature parmi les finalistes de cette catégorie en votant par des mentions «J’aime» via Facebook, et ce, jusqu’à samedi midi (11 avril).

L’athlète natif de Mashteuiatsh est maintenant en lice avec sept athlètes d’autres disciplines pour la dernière étape des finalistes de ce prix nommé en l’honneur du joueur de l’Armada de Blainville-Boisbriand persévérant, dédié et impliqué dans plusieurs causes sociocommunautaires qui est décédé il y a un an à la suite de complications reliées à l’épilepsie.

Mikisiw faisait partie des six demi-finalistes de la LHJMQ qui avaient été retenus dans une première étape. C’est donc lui qui a récolté le plus de votes via les mentions «J’aime, J’adore ou Wouah» via Facebook. En entrevue téléphonique, le Jeannois avoue ne pas avoir été vraiment surpris d’être couronné vainqueur de cette première ronde, même si rien n’était joué d’avance.

«Il y avait plusieurs autres candidats qui avaient tous de beaux profils et la possibilité de sortir gagnant de ce concours, souligne-t-il d’entrée de jeu. Mais je suis vraiment content, même si je savais que j’aurais un bon support, avant même que ça commence, de toute la communauté autochtone. On s’appuie toujours tous comme ça. Et avec les médias sociaux, c’est beaucoup plus facile.»

De fait, outre Mikisiw, les autres candidats étaient le capitaine des Saguenéens, le Jonquiérois Rafaël Harvey-Pinard, Jérôme Gravel de Chambord, des Tigres de Victoriaville, Alex-Olivier Voyer du Phoenix de Sherbrooke (fils du Jonquiérois Luc Voyer), Anthony D’Amours de l’Océanic de Rimouski et Félix-Olivier Chouinard des Cataractes de Shawinigan.

Redonner à sa communauté

L’athlète de Mashteuiatsh est très conscient qu’il constitue un modèle pour les jeunes autochtones de sa région, mais aussi pour tout le Québec. «Déjà aujourd’hui, j’ai l’honneur d’être une source d’inspiration pour plusieurs jeunes de ma communauté. Je tente de les motiver à continuer d’aller à l’école et à poursuivre leurs plus grands rêves. J’adore lorsque des activités s’organisent dans la communauté afin de permettre à ceux qui le veulent de venir me voir jouer et me voir après les matchs. C’est une chance pour moi de leur retransmettre ce que j’apprends et aussi, de faire à mon tour ce que mes idoles de jeunesse ont déjà fait pour moi», a-t-il exprimé dans sa lettre de candidature.

Comme d’autres avant lui, dont le hockeyeur et concitoyen Francis Verreault-Paul, Mikisiw Awashish souhaite redonner encore plus à son milieu dans le futur. «Je n’ai pas la chance de le faire comme je le voudrais. Présentement, je suis un modèle pour les jeunes, mais dans le futur, je veux redonner à ma communauté comme plusieurs l’ont déjà fait avant moi», assure celui qui étudie en sciences de la nature au Cégep de Baie-Comeau.

Dans sa lettre de présentation, celui qui vient tout juste d’avoir 19 ans rappelle «qu’en tant que membre d’une Première Nation, il va sans dire que l’encouragement de la pratique du sport chez les jeunes autochtones est pour moi d’un grand intérêt. J’aimerais éventuellement m’impliquer davantage dans le comité du hockey mineur de ma communauté d’origine. Actuellement, il est difficile pour moi de le faire considérant que je suis loin de chez moi plusieurs mois par année. Toutefois, il est certain qu’à long terme, je souhaiterais m’investir dans la mise en place d’une organisation de soutien et d’encadrement pour le hockey auprès des jeunes des Premières Nations au Québec».

À vos claviers!

Dès lundi, les huit finalistes du Prix Alec-Reid seront dévoilés sur la page Facebook de l’Alliance Sport-Études. L’attaquant du Drakkar espère que le soutien obtenu pour la première étape se poursuivra au cours des prochains jours.

«Dans ma présentation, j’ai mentionné à quel point c’était un honneur d’être candidat pour ce prix. C’est une première étape franchie et je suis content. On espère que l’engouement sera le même pour la finale», conclut celui qui a d’ailleurs côtoyé Alec Reid durant quelques années, «tantôt en tant que coéquipier et d’autres fois en tant qu’adversaire. Je peux vous assurer qu’Alec est, à mes yeux, un réel synonyme d’engagement et d’implication. On ne l’oubliera jamais. C’est pour cette raison qu’il serait un grand honneur pour moi de remporter le prix qui porte son nom», a-t-il précisé dans sa lettre de candidature.

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FAIRE LE PLEIN D'EXPÉRIENCE ET D'ASSURANCE POUR CONSOLIDER SA PLACE

Satisfait de sa première saison avec le Drakkar de Baie-Comeau, l’attaquant Mikisiw Awashish a déjà hâte à la prochaine saison pour continuer d’acquérir l’expérience et l’assurance qui lui permettront de prendre encore plus sa place au sein de l’alignement.

«C’est sûr qu’il a fallu que je travaille sur certains aspects de mon jeu et que je m’adapte. Mais au final, avec du recul, puisqu’on a du temps en masse pour y penser ces temps-ci, je considère que ç’a bien été. J’ai hâte de reprendre ça la saison prochaine», résume-t-il à l’autre bout du fil.

Bien conscient qu’il n’est pas le type de joueur à marquer 50 buts, le #22 du Drakkar espère être en mesure de prendre un peu plus sa place dans l’alignement en prenant «plus d’expérience et d’assurance dans mon jeu et dans mon rôle.»

En attendant, le vétéran qui vient d’avoir 19 ans est de retour dans sa communauté de Mashteuiatsh où il s’entraîne avec les moyens du bord. L’organisation ne leur a pas fourni de programme précis pour se maintenir en forme, mais elle les incite à le faire en utilisant des objets courants pour remplacer par exemple des poids.

«Ils nous donnent surtout des outils, des conseils pour utiliser des objets dans la maison qui peuvent paraître banals, mais qui peuvent être transformés en machine d’exercice», explique-t-il.

«Les premières semaines, j’ai trouvé ça long (le confinement), car les cours à distance du cégep (de Baie-Comeau) n’étaient pas encore commencés. On ne commence les cours en ligne que lundi. Donc, après une heure, une heure et demie d’entraînement, il en restait quand même une dizaine d’autres à meubler. Le temps était long!», avoue l’étudiant en sciences de la nature. 

D’ailleurs, côté études, le hockeyeur n’a que de bons mots pour le Cégep de Baie-Comeau, qui fournit un bon encadrement aux joueurs. La petite taille de l’établissement fait en sorte que les joueurs bénéficient d’un soutien de qualité très apprécié.