Après avoir terminé deuxième en 2015 et troisième l’an dernier, Michael Matthews, de l’équipe Sunweb, ambitionnait cette fois de monter sur la plus haute marche du podium... ce qu'il a réussi.

Michael Matthews remporte le GP cycliste de Québec

Le Grand Prix cycliste de Québec s’est encore gagné au sprint massif. Et Greg Van Avermaet a encore fini deuxième. Mais cette fois, c’est Michael Matthews qui l’a coiffé au fil d’arrivée.

Après deux années triomphales dans la Vieille Capitale, Peter Sagan n’était pas de retour pour défendre son titre, vendredi après-midi, préférant aux courses World Tour québécoises la Vuelta d’Espagne comme préparation en vue des Championnats du monde.

Un nouveau roi serait donc couronné sur la Grande Allée au bout de quelque cinq heures d’effort et 201,6 km — 16 fois un circuit de 12,6 km reliant les plaines d’Abraham au Vieux-Québec en passant par le boulevard Champlain. Mais qui aurait pu prédire que ce serait l’Australien de 27 ans, surtout après qu’il ait révélé cette semaine avoir roulé plus de la moitié de la saison sur une selle trop élevée de 8 mm?

Vrai que l’animateur et analyste Louis Bertrand avait vu juste dans sa prédiction faite au Soleil mercredi. Vrai aussi que Matthews aime le circuit de Québec, y ayant terminé troisième l’an dernier, cinquième en 2016 et deuxième en 2015. Il venait de plus de finir deuxième au classement général du BinckBank Tour (Benelux), en août.

«C’est beaucoup plus que juste un crochet à faire sur ma liste d’objectifs. Cette victoire est énorme pour moi», a assuré celui qui célébrait sa première victoire lors d’une course d’un jour du World Tour, le plus haut niveau.

Sur le podium, on l’a vu ému avec bouquet de fleurs et bouteille de sirop d’érable dans les mains. «Cette victoire-là est pour mes deux filles, qui sont à la maison en Australie, ma femme et notre bébé né en janvier. Sans ma femme, je ne serais pas ici à vous parler», a poursuivi le héros du jour.

«J’ai connu une première moitié de saison très tumultueuse et malgré les blessures, la maladie et les défaites, elle n’a pas arrêté de m’encourager et a toujours été là pour moi. D’avoir quelqu’un comme elle à mes côtés en dépit de tout ce que la vie peut m’envoyer, c’est incroyable.»

L’éternel deuxième

Van Avermaet a pour sa part dû répondre aux questions sur l’éternel deuxième. Le Belge de 33 ans venait de finir deuxième pour la troisième année de suite et la quatrième fois en sept participations au GPC de Québec, où il a cinq podiums.

«C’est sûr que ça devient frustrant. L’an dernier, j’ai battu Michael, mais pas Peter et là, cette année, c’est Michael qui me bat. Je ne suis pas content, non. Il semble toujours y avoir quelqu’un de plus rapide que moi à la ligne d’arrivée», a affirmé celui qui a été suivi de son compatriote Jasper Stuyven sur le podium.

Spécialiste des courses d’un jour qui se concluent au sprint massif, Van Avermaet et son équipe avaient toutes les cartes en mains pour l’emporter à Québec. Surtout que dimanche, à Montréal, épreuve qu’il a gagnée en 2016, il estime avoir moins de chances de rafler les grands honneurs.

«Ici, on était cinq ou six qui pouvaient prétendre à la victoire, alors que dimanche, avec un parcours davantage pour grimpeurs, plus de gars pourraient gagner», croit Van Avermaet.

Matthews fait partie de ce groupe. Il aimerait réussir le doublé québécois, comme son compatriote Simon Gerrans en 2014. «J’ai étudié ses deux courses et on voulait suivre le même plan aujourd’hui, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Mais on est deux coureurs qui se ressemblent et on verra comment ça va se jouer dimanche.», dit Matthews.

Coéquipier de Van Avermaet chez la BMC, Gerrans a terminé 90e, à 3 min 3 s du vainqueur.

Fauché par un chien!

Des 146 inscrits vendredi, 144 ont pris le départ. Vingt-et-un n’ont pas rallié le fil d’arrivée pour toutes sortes de raison, la plus douloureuse étant sans doute celle de Nuno Bico.

Le coureur portugais de l’équipe Movistar a été fauché par un chien qui traversait le boulevard Champlain, au sixième des 16 tours. Dans sa chute, Bico s’est fracturé la clavicule droite et a ensuite pris le chemin de l’hôpital. La journée de deux autres coureurs a pris fin sur une blessure à la clavicule.

LIRE AUSSI : BRUNO LANGLOIS HEUREUX COMME S'IL AVAIT GAGNÉ

+

LE TOP 5

1. Michael Matthews, Australie (Team Sunweb), 5h04:17s

2. Greg Van Avermaet, Belgique (BMC Racing Team), même temps

3. Jasper Stuyven, Belgique (Trek-Segafredo), même temps

4. Timo Roosen, Pays-Bas (Team Lotto NL-Jumbo), même temps

5. Patrick Konrad, Autriche (Bora-Hansgrohe), même temps

Meilleur Québécois : 21. Guillaume Boivin (Israël Cycling Academy), même temps

+

LES GAGNANTS AU FIL DES ANS

2018 – Michael Matthews, Australie

2017 – Peter Sagan, Slovaquie

2016 – Peter Sagan, Slovaquie

2015 – Rigoberto Uran, Colombie

2014 – Simon Gerrans, Australie

2013 – Robert Gesink, Pays-Bas

2012 – Simon Gerrans, Australie

2011 – Philippe Gilbert, Belgique

2010 – Thomas Voeckler, France