Le Français Maxime Rouyer s’est imposé avec les Redmen de McGill.

Maxime Rouyer défonce les barrières

Premier joueur européen à porter les couleurs de l’équipe de football des Gaillards de Jonquière, Maxime Rouyer continue de défoncer les barrières. Le secondeur français a été sélectionné récemment au quatrième rang, lors du repêchage européen de la Ligue canadienne de football (LCF), par les Eskimos d’Edmonton.

Maxime Rouyer est débarqué au Saguenay en 2013 et a rapidement fait sa place dans la brigade défensive des Gaillards, même s’il provenait d’un petit programme à l’époque, les Pygargues de Troyes, et qu’il a subi une importante blessure à sa première saison. Il devait revenir pour une troisième année, mais en raison de changements d’âge au Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) après la saison 2014, il a dû faire le saut dans les rangs universitaires dès l’année suivante. Méconnu à son arrivée avec les Redmen de McGill, il s’est vite imposé, devenant rapidement partant à la première de ses quatre saisons dans l’uniforme montréalais.

« Au départ, je n’avais aucune attente. Quand j’ai commencé en France, je jouais pour le plaisir. Je jouais pour être avec mes amis, et on s’amusait. Ensuite, quand j’ai eu l’opportunité de partir à Jonquière, je voyais juste ça comme une belle expérience. Ça me permettait de découvrir de nouvelles choses, d’explorer le monde également, mais tout en continuant à jouer au sport que j’aimais et à étudier, chose qui a toujours été super importante pour mes parents », relate Maxime Rouyer, dans un échange de messages sur Facebook.

Dernièrement, les dirigeants de la Ligue canadienne de football ont exprimé un désir d’aligner plus de joueurs internationaux, ce qui fera partie des négociations de la prochaine négociation collective. En marge du nouveau repêchage, une quinzaine de joueurs avaient été conviés au camp d’évaluation auquel a participé Maxime Rouyer, à Toronto. Il est ensuite devenu quelques semaines plus tard l’un des neuf joueurs repêchés, dont quatre sont d’origine française.

« C’est sûr qu’être repêché était une belle surprise. Je savais que j’avais de bonnes chances que mon nom sorte parce que j’ai déjà joué dans le système canadien. Je connais le jeu. J’ai aussi joué beaucoup sur les unités spéciales, en plus de la défensive. Ça faisait partie des choses qui jouaient en ma faveur. Le fait que j’ai plutôt eu de bons tests lors des évaluations renforçait aussi mon profil. Mais il fallait rester terre à terre et attendre. Il y a un an de ça, je me faisais opérer le genou avec des possibilités de ne plus jouer au football, alors je suis vraiment chanceux et honoré d’avoir été sélectionné par l’organisation des Eskimos d’Edmonton, de raconter Maxime Rouyer. « Pour le camp, je compte aller là-bas pour performer, montrer que j’ai le profil pour jouer dans la LCF et que l’organisation a bien fait de me prendre. En attendant ça, je vais continuer de me préparer et me garder en santé », annonce celui qui obtiendra prochainement son diplôme en éducation physique et à la santé.

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UNE BONNE CARTE DE VISITE

Le repêchage européen de la Ligue canadienne de football (LCF) ouvrira des portes aux joueurs du Vieux Continent, tandis que la sélection de Maxime Rouyer aura également des répercussions positives pour les Gaillards du Cégep de Jonquière.

« Vu que ça vient d’arriver, ça n’a pas servi cette année. C’est clair que l’an prochain, on a déjà prévu sortir cette carte-là de notre jeu », annonce l’entraîneur-chef François Laberge. 

« Tout ce qui lui arrive, il le mérite. Ça va devenir un super ambassadeur pour nous en France, c’est certain. Il reste également attaché aux Gaillards et à Jonquière. Je suis en contact avec lui; on se parle souvent. C’est sûr que ce sera une excellente carte de visite au recrutement de 2020 », raconte Laberge, estimant que la présence des joueurs français est devenue une nécessité pour plusieurs équipes de division 3. Les Gaillards ont recruté récemment six joueurs du pôle d’excellence de la Fédération de football français et aligneront, au total, une vingtaine de joueurs de la France la saison prochaine. 

« On a déjà un très bon nom en France, fait-il valoir, se souvenant très bien du passage de Maxime Rouyer avec l’organisation jonquiéroise. Il est parti de rien. Quand il est arrivé, il était tout petit. Il avait beaucoup de travail à faire. C’est l’exemple parfait de détermination », de souligner François Laberge, estimant que sa polyvalence pourrait l’aider à se tailler un poste avec les Eskimos. 

« C’est une bête des unités spéciales », annonce-t-il. 

Pour le principal intéressé, la possibilité de faire une place aux joueurs internationaux sur les alignements ouvrira des portes dans les niveaux inférieurs. 

« C’est certain que ça va encourager les jeunes, je le souhaite. Je pense que ça va aider des jeunes à prendre la décision de partir au Canada. Avant, on était très limités et on savait qu’après nos années universitaires, le football s’arrêtait. Maintenant, on a l’opportunité de pouvoir s’accrocher au fait qu’on peut jouer au niveau professionnel. Le seul conseil que je pourrais donner aux futures générations, c’est croyez en vos rêves, croyez en vous! Il va y avoir des hauts et bas dans votre parcours, mais c’est important de rester fixé sur ses objectifs et de ne jamais se décourager », de conclure Maxime Rouyer.