C'est un homme heureux qui est arrivé à Saguenay samedi peu après 18h, après plus de 200 km de course à pied en deux jours.

Maxime Brassard réalise l'impensable

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Ce qui semblait une idée folle est finalement devenu un projet réalisé pour Maxime Brassard qui a traversé la Réserve faunique des Laurentides à la course à pied, un périple d’un peu plus de 200 kilomètres qu’il a complété en un peu plus de 37 heures.

En plus de réaliser un exploit remarquable, le Saguenéen de 29 ans voulait amasser 5000 $ pour la Fondation Jeunes en tête qui aide à favoriser la santé mentale chez les jeunes. Cet objectif a également été pulvérisé, alors que samedi soir, la récolte était déjà à plus de 6500$. La collecte de fonds se poursuit jusqu'à dimanche soir.

Maxime est parti de Québec à 5 h vendredi. Par petits blocs de 20 km avec une courte pause entre chacun, il a traversé « le parc » sans marcher, au pas de course pour les 210 km. À son arrivée samedi soir, c’est un homme heureux qui a franchi la ligne d’arrivée.

« La première partie, entre Québec et l’Étape, j’étais très excité et j’essayais de rester concentré. Je ne voulais pas avoir de pensées négatives parce que des fois, ça peut vraiment jouer sur notre énergie. Je prenais de grandes respirations, j’écoutais de la musique pour me changer les idées. Dans les moments les plus difficiles, je me suis rappelé pourquoi je le faisais et les gens derrière tout ça, et ça, ça me donnait un bon “boost”. »

Pour Maxime, c’était tout autant une épreuve psychologique que physique. « De longues distances comme ça, c’est majoritairement mental. Physiquement, j’étais prêt. J’avais mis toutes les chances de mon côté avec une bonne préparation. On ne sait pas ce qui peut arriver, mais il faut rester positif », a expliqué celui qui courrait entre 70 et 80 km chaque week-end avant de se lancer dans l’aventure. 

Une arrivée festive

Dans les derniers mètres, Maxime a pu compter sur le soutien d’une vingtaine de membres de sa famille qui l’attendaient patiemment sous la fine pluie, avec une admiration profonde. « Le fait d’avoir des gens en qui on a confiance, qu’on aime, qui sont là, qui me voient arriver et que tu as hâte de voir, ça te donne de l’énergie et je les remercie. J’étais vraiment heureux de les voir. Ça m’a donné un bon “boost”. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde », a avoué Maxime.

Il n’y a pas qu’à l’arrivée que Maxime a pu compter sur du support. Son frère Jean-François et son ami Émile Gilbert l’ont accompagné tout au long du trajet en lui donnant de la nourriture et des boissons, mais aussi pour courir une partie avec lui, comme l’a fait Jean-François en pleine nuit. « C’était un moment où il faisait noir et froid, où j’étais seul dans “le parc”. Ça m’a fait tellement de bien. Pas nécessairement de parler avec lui, mais simplement de savoir que je n’étais pas seul, parce que sérieusement, la nuit, c’était beau avec les étoiles, mais on se sent seul », a raconté Maxime Brassard, qui a couru une fois de plus avec son frère dans les derniers kilomètres, cette fois en compagnie de sa sœur Hélène.

Une fierté d’aider

La fierté de Maxime était grande en apprenant qu’il avait réussi à amasser plus de 6500$. « Les gens sont vraiment généreux. On a dépassé l’objectif et ce n’est pas encore terminé. J’ai choisi la Fondation Jeunes en tête parce que j’aimais vraiment leur approche de faire de la santé mentale un sujet normal de discussion, les animations qu’ils donnent dans les écoles pour outiller les jeunes et ils étaient vraiment ouverts sur mon projet. »

De son propre aveu, il a également puisé de l’énergie en pensant aux jeunes et aux gens qui ont participé à la collecte de fonds. « Je suis content de la forme que ç'a pris. Ça ne ressemblait pas à ça au départ. Il y a beaucoup de gens qui ont suivi ma traversée, il y a beaucoup de gens qui ont donné. C’est le genre de pensées que j’avais. Il y a du monde en arrière de moi et ça m’a donné de l’énergie pour continuer. » Même un automobiliste s’est arrêté sur la 175 pour faire un don de 100 $.

Il croit d’ailleurs qu’en ces temps de pandémie, il est encore plus important de parler de santé mentale. « Cette pandémie-là a isolé beaucoup de gens et c’est dans ces temps-là que notre voix intérieure nous dit des choses qu’on ne devrait peut-être pas écouter. La pandémie, tout le monde la vit, alors il faut en parler. »

Il n’écarte pas la possibilité de se lancer dans une nouvelle aventure. « Je ne peux pas dire ce que ce sera ni quand, mais il y en aura d’autres. Depuis que j’ai lancé le projet en mai, j’ai aimé toute l’aventure. C’est sûr que ce sera relié à l’activité physique, parce que je crois que l’activité physique et la santé mentale, ça va ensemble. »