Le lutteur de la JCW, Matt Angel, a réussi à se démarquer au cours des derniers mois.

Matt Angel parmi les 500 meilleurs lutteurs au monde

Le Jonquiérois Mathieu Bouchard Lapointe, alias Matt Angel, a vécu une année 2016 exceptionnelle pour sa carrière de lutteur. Parmi les faits marquants des derniers mois, ce fut certes sa nomination dans le top-500 des meilleurs lutteurs au monde.
Peu importe l'endroit, le lutteur jonquiérois Matt Angel (pantalon bleu) ne ménage pas les efforts pour en mettre plein la vue.
L'athlète jonquiérois pointe en effet au 392e rang du classement des 500 meilleurs catcheurs au monde pour l'année 2016, tel que publié dans le Pro Wrestling Illustrated. Pour vous donner une idée du prestige de ce classement, le meilleur lutteur canadien, Kevin Owens, occupe le 6e rang mondial. Le natif de Marieville, en Montérégie, est champion à Raw, où il porte la ceinture de champion universel de la World Wrestling Entertainment (WWE).
C'est Patrick Laprade, la référence de la lutte professionnelle au Québec et coauteur, entre autres, de la biographie de Maurice «Mad Dog» Vachon, qui lui a appris sa nomination dans le classement mondial.
L'athlète de 22 ans avoue qu'il a été surpris de se retrouver dans ce club sélect. «Surtout parce que ça ne fait pas longtemps que je lutte à l'extérieur et que je me fais remarquer. Car ça fait peut-être depuis un an et demi que je me fais remarquer. Alors pour moi, c'est comme ma petite tape dans le dos!»
Les membres de la JCW (Jonquiere Championship Wrestling) ont aussi été très étonnés de le voir apparaître sur ce palmarès prestigieux. «C'est la première fois que quelqu'un au Saguenay réussit à accomplir autant dans la lutte québécoise, explique Matt Angel, sans aucune prétention. Oui, il y en a qui sont allés à l'extérieur, mais (ils ne se sont pas démarqués) à ce point-là. Pas parce qu'ils étaient moins bons, mais peut-être parce qu'ils n'étaient pas prêts à faire les sacrifices. Car c'est beaucoup de sacrifices d'aller lutter à l'extérieur», dit-il en citant le voyagement, l'intégration à de nouveaux groupes, etc.
«Je suis content (de cette nomination) parce que je représente le Saguenay», ajoute celui qui souhaite inspirer d'autres à tenter leur chance. Je suis présentement entraîneur pour les futurs lutteurs à la JCW et je leur dis que je suis la preuve qu'un jour, on peut se rendre où l'on veut et que je peux les soutenir dans leurs projets.»
Lui-même a eu la chance d'être épaulé par DGenerate durant sa progression et il remercie d'ailleurs son mentor. «C'est lui qui m'a appris la base et c'est celui qui a le plus soutenu dans ce que j'ai fait. C'est aussi lui qui est le plus fier de moi. Il m'a même pris sous son aile pour m'entraîner physiquement. Il est la personne que je respecte le plus», dit-il.
De spectateur à acteur
Le Jonquiérois s'est initié à la lutte à l'âge de 16 ans en s'entraînant dans les locaux de la JCW. «J'écoutais la lutte et j'étais un fan. Quand j'ai su qu'il y avait de la lutte à Jonquière, j'y suis allé. Au début, j'avais de la misère et j'ai pas toujours été bon, mais c'est quand on persévère qu'on réussit. Ça a pris environ un an avant que je livre mon premier combat devant une foule. Pendant quatre ans, j'ai seulement lutté à Jonquière et une fois de temps en temps, j'allais à Québec. Puis, je me suis fait offrir un combat une fois à Québec et par après, ça a comme déboulé; je me suis fait offrir (des combats) à Montréal, Ottawa puis Toronto.»
Le jeune homme ne pensait pas que sa passion l'amènerait à ce niveau. Dans la vraie vie, le Jonquiérois travaille sur la ferme laitière familiale, ce qui aide à garder une certaine forme physique, et au centre de recherche en agriculture Agrinova, à Alma. «La lutte, c'est un peu ma deuxième vie, mais c'est tout le temps le fun quand les gens apprennent que je fais de la lutte. Ce n'est pas un sport ni un divertissement commun.»
Le jeune homme s'est même découvert un talent pour stimuler les foules. Outre son talent pour la haute voltige, son interaction avec la foule fait aussi partie de son succès. ««La lutte, c'est surtout de l'endurance, pas juste un bon cardio. Mais il faut aussi avoir une certaine psychologie pour réagir avec l'adversaire et la foule, capter l'attention», explique-t-il.
«On fait cela pour du divertissement et pour la foule. Si la foule embarque, tu sais que tu as réussi ta job.» Savait-il qu'il avait ce talent? «J'ai déjà été gêné rétorque-t-il avec humour. À un moment donné, il faut prendre le dessus. J'ai réussi à le faire et j'en suis bien content.»
À 22 ans, Matt Angel estime qu'il a encore de bonnes années devant lui. «On le fait surtout par passion et pour la satisfaction que ça nous procure. Je veux en faire tant que je suis capable. Le jour où je vais sentir que j'y vais de reculons, je vais arrêter, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.»
Un essai aux États-Unis avec ROH
En plus d'être sollicité pour se produire régulièrement à Québec, Montréal, Ottawa et depuis peu à Toronto, le lutteur jonquiérois Matt Angel aura la chance de se faire valoir aux États-Unis l'été prochain. Une première qui pourrait lui ouvrir les portes sur de nouveaux débouchés pour sa carrière.
«C'est un essai, nuance-t-il. J'y vais faire un séminaire de lutte et peut-être un combat hors caméra pour me tester et voir ce que je vaux. C'est une belle opportunité, car peut-être qu'il y aura d'autres personnes (du monde de la lutte américaine) qui me verront. J'aimerais commencer à explorer un peu plus les États cet été pour voir de quoi ça a l'air et ensuite on verra si j'ai une offre plus intéressante», explique celui qui n'a toutefois pas de date déterminée.
En plus de cet essai dans la Ring Of Honor (ROH) (la plus grosse organisation indépendante après la WWE), Matt Angel a également reçu une invitation pour effectuer une autre prestation prévue à Toronto en février. Éventuellement, l'athlète de 22 ans aimerait vivre de son art. «Pour l'instant, c'est encore une passion où je m'amuse beaucoup. Mais c'est sûr qu'un jour, j'aimerais peut-être en vivre. Ce qui est très difficile (à faire) au Québec parce que ce n'est pas ici que ça paye le plus, énonce-t-il. Ça devient payant quand tu as un contrat et les contrats sont surtout offerts aux États-Unis, en Europe, au Japon et au Mexique.»
Cela dit, le lutteur travaille présentement avec de bonnes organisations. Outre la JCW, à Québec il a des offres de la NSPW (North Shore Pro Wrestling) et il en est d'ailleurs le Champion Junior Heavyweight; à Montréal, il se produit avec la IWS (International Wrestling Syndicate) et Battlewar; à Ottawa, il fait affaire avec la C*4 (Capital City Championship Combat); en Ontario, il a décroché des offres avec la MPW (Mecca Pro Wrestling) et avec la Greektown Pro Wrestling (GPW).
Pour le Jonquièrois, le plus difficile est de percer chacun de ces milieux. «Tout le monde se connaît et je suis le seul du Saguenay. Le plus difficile, c'est de se faire respecter, de se faire un nom et de se créer un réseau. Mais en ayant une bonne attitude, les gens t'apprécient.»