Mathieu Bouchard-Lapointe, alias Matt Angel, a atteint un nouveau sommet. Il est maintenant classé 255e meilleur lutteur au monde, selon Pro Wrestling Illustrated.
Mathieu Bouchard-Lapointe, alias Matt Angel, a atteint un nouveau sommet. Il est maintenant classé 255e meilleur lutteur au monde, selon Pro Wrestling Illustrated.

Matt Angel classé 255e meilleur lutteur sur la planète

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Le lutteur jonquiérois Mathieu Bouchard-Lapointe, mieux connu sous le nom de Matt Angel, a reçu une bonne nouvelle, au cours des derniers jours. Lorsqu’il a consulté le nouveau classement mondial du Pro Wrestling Illustrated, il a pu apercevoir son nom qui figurait au 255e rang chez les lutteurs de la planète, de quoi le réjouir après un printemps difficile.

C’est la cinquième année consécutive que le nom de Matt Angel figure dans ce palmarès, lequel réunit les 500 meilleurs athlètes de cette discipline. Bien que la lutte soit un spectacle avant d’être une compétition, Mathieu Bouchard-Lapointe ne cache pas sa joie quant à son meilleur classement à vie.

« C’est à prendre avec des pincettes dans le monde de la lutte, mais c’est toujours le fun. Ça reste un classement mondial qui est publié à travers le Canada, les États-Unis et le monde, et qui est reconnu mondialement. Ce qui est le fun aussi, c’est de voir ma progression. En 2016, j’étais 392e et maintenant, je suis 255e. C’est un bel exploit et je suis fier de ça. C’est une belle tape dans le dos », avoue d’entrée de jeu le sympathique lutteur.

Ce bond au classement pourrait lui ouvrir des portes. « C’est pris au sérieux, ce genre de classement. Il y en a qui regarde ça et qui tombe sur mon nom au 255e rang, devant des lutteurs aux États-Unis, d’autre du Japon ou de l’Europe. Ça montre que j’ai eu un impact sur la lutte sur la scène mondiale, pas juste au Québec », souligne avec fierté celui qui a fait ses débuts aux États-Unis cet hiver pour la populaire fédération Ring of Honor, à Philadelphie, où il a assez impressionné l’organisation pour qu’on lui dise qu’il allait être invité à nouveau.

Des mois difficiles

Si Matt Angel se réjouit autant de ce classement, c’est que la lutte représente beaucoup pour lui. De son propre aveu, la pause occasionnée par la pandémie a été très difficile pour son moral. « Ça fait neuf ans que je lutte. Neuf ans que je fais ça chaque semaine, ou presque, même deux ou trois fois par semaine. Sur le coup, c’était difficile. J’avais un manque. C’était le néant pour moi. Je me sentais misérable, parce que je n’avais plus rien. C’est ce que je sais faire de mieux. Mon focus et mes pensées sont toujours tournés vers la lutte. »

Cette pause est arrivée à un bien mauvais moment, alors qu’il touchait à son but de gagner sa vie avec son sport. « Je n’étais pas loin. La lutte, c’est long avant de devenir payant et où j’étais rendu, ce l’était. Je n’aurais peut-être pas vécu de ça dans les prochains mois, mais j’étais sur la bonne voie pour en faire un salaire décent. En même temps, je suis chanceux, parce que j’avais encore un travail. Si je n’avais vécu que de la lutte, je me serais retrouvé avec rien. »

Il devra maintenant prendre son mal en patience puisque les opportunités à l’étranger se feront rares dans les prochains mois. « Mon nom est fait au Québec, alors il me reste encore ça, mais pour les États-Unis, c’est plus difficile. Dans la prochaine année, ils ne viendront peut-être pas chercher des gars au Canada, pour ne pas courir de risque à nous payer pour rien parce que les frontières sont fermées. Peut-être que je me trompe et que ça va changer. Je vais travailler fort pour y retourner. »

Avec sa grande énergie et son enthousiasme, il a réussi à rebondir et à se trouver d’autres projets. « J’ai commencé à voir ça autrement. D’habitude, je n’ai pas vraiment d’été parce qu’il y a des spectacles un peu partout dans les festivals, mais là, j’ai pu en profiter un peu. Ça m’a permis de réfléchir et de mettre sur pied La Prise de l’Ours, une émission de radio sur la lutte. Avoir eu la lutte, je n’aurais pas pu partir ça, mais ça demeure que la lutte, c’est ma passion et j’ai hâte de recommencer. »

Son émission est diffusée depuis le 2 septembre sur les ondes de la radio communautaire CKAJ 92,5. Chaque mercredi, à 19 h, Matt Angel, en compagnie de David Lapointe (Lucas Kash) et Pascal Gagnon (Chirurgien O’Kraven), reçoit un invité et parle d’un sujet qui entoure la lutte. « On veut aller chercher le plus grand public possible. On veut ramener un intérêt pour la lutte. Il y a un regain dans les derniers temps, mais quand j’étais jeune, c’était cool d’aller à la lutte et je veux que sa redevienne cool d’aller à la lutte. Je n’ai jamais vu quelqu’un sortir d’un spectacle de lutte et dire que ce n’était pas le fun. »

Il croit d’ailleurs que la lutte doit se renouveler pour raviver la flamme. « C’est du théâtre extrême. Ce n’est pas juste des gars en bobettes qui se tapent. Il y a une histoire derrière ça. On ne peut pu faire semblant que c’est vrai. On va plus parler du processus créatif, que c’est un spectacle où des athlètes mettent leur corps en jeu avec de la haute voltige, des acrobaties. On veut que le public embarque dans notre histoire et qu’à la fin, ils ne veulent pas voir le gentil perdre le combat. »

À huis clos

Pour Mathieu Bouchard-Lapointe, la foule et l’énergie qu’elle apporte représentent un gros morceau du spectacle. Avec la reprise graduelle des sports de combat, la lutte pourrait aussi reprendre pour les organisations qui ont des contrats de télévision. Cependant, cette reprise pourrait impliquer l’absence de la foule, un non-sens pour Matt Angel.

« Ce qui me donne le goût de lutter, c’est la foule. Quand il n’y en a pas, c’est carrément différent. Tu as l’impression de pratiquer et quand tu pratiques, ça fait mal. Tu n’as pas l’adrénaline et tu n’es pas aussi crinqué. Je ne pourrais pas faire de combat de 20 minutes sans foule. C’est impossible. »