Matt Angel et Mathieu Gilbert-Tremblay axent sur le côté théâtral de l’AWE qui permet à l’organisation régionale de gagner en popularité.

Matt Angel aux portes de son rêve

Mathieu Bouchard-Lapointe, mieux connu sous le nom de Matt Angel, touche plus que jamais à son rêve de vivre de sa passion, la lutte.

« Je ne suis pas loin », affirme le Saguenéen qui est revenu gonflé à bloc de sa participation à la mi-décembre à un gala de la réputée fédération américaine Ring of Honor, à Philadelphie.

« La seule affaire qui me manquerait, c’est d’aller faire une tournée ailleurs, en Angleterre ou au Japon. Ça me permettrait de me faire voir plus mondialement. Je fais de l’argent avec la lutte et j’ai de la demande. C’est rendu que je vais aux États-Unis. J’essaie de préparer une tournée pour me faire voir de plus en plus. J’aimerais ça que ça devienne un travail », fait valoir Mathieu Bouchard-Lapointe sans trop s’avancer, disant déjà avoir entamé les démarches pour le projet qu’il espère voir se concrétiser en 2020 ou 2021.

Le lutteur saguenéen Matt Angel détient présentement les ceintures des organisations provinciales NSPW et IWS. Malgré son horaire chargé, il est en action au moins une fois par mois dans un gala de l’AWE.

« J’ai encore des croûtes à manger. Ça fait juste huit ans que je lutte et j’ai 25 ans. L’important, c’est que je continue à me faire voir et aller chercher de l’expérience. Ce que je fais au Québec, je le fais bien. Maintenant, je dois bien le faire à l’extérieur du Québec et du Canada », avance-t-il.

« La lutte, c’est beaucoup de contacts. Oui, tu te fais voir, mais tant que tu n’as pas quelqu’un pour te référer, c’est plus difficile de percer dans le domaine », convient Matt Angel, précisant qu’un lutteur inconnu de la foule part avec une prise contre lui, ce qu’il est convaincu d’avoir vaincu à Philadelphie.

« Ce qui est difficile, c’est que souvent, tu te ramasses à un endroit où les gens ne te connaissent pas. Quand je rentre et que les gens ne m’ont jamais vu, il n’y a pas une bonne réaction. C’est facile de lutter au Saguenay quand les gens me suivent depuis huit ans. Quand tu t’en vas pour la première fois à Philadelphie où les gens ne m’ont jamais vu, il y a un malaise au début. En même temps, ça me confronte et ça me montre où je suis rendu dans ma carrière. Est-ce que je suis capable de relever ce défi ? Si je le suis, ça veut dire que je peux continuer, sinon, j’ai encore du travail à faire avant d’aller plus loin. Heureusement, j’ai réussi ! À Philadelphie, j’ai impressionné les officiels et la foule. Je suis content de l’avoir fait même si ça ne veut pas dire que ce sera toujours ça. Cette fois, je l’ai eu. Ça m’a montré que j’étais rendu à ce niveau et que j’étais capable de lutter dans une aussi grosse association que la Ring of honor. Pour moi, c’est un gros pas en avant », d’exprimer le lutteur régional, estimant que le marché américain est quelque peu saturé et compliqué en tant que Canadien ce qui lui demanderait beaucoup de démarches pour obtenir un visa de travail.

Malgré ses nombreux voyages, Matt Angel a choisi de continuer à demeurer dans la région, lui qui travaille dans le domaine de l’agriculture, ce qui lui offre une certaine flexibilité pour organiser son horaire très chargé. « La lutte, ce n’est pas seulement les samedis. C’est le vendredi, le dimanche. Si je suis à Toronto le dimanche soir, j’ai besoin de mon lundi et mon travail me le permet et une chance parce que c’est une passion et c’est important pour moi. Je ne ferai pas un travail qui ne me le permettrait pas. La lutte c’est trop important dans ma vie », annonce celui qui en 2016, avait été nommé sur la liste des 500 meilleurs lutteurs au monde, « une belle tape dans le dos ».

Depuis un peu plus que deux ans, il est associé avec l’organisation régionale AWE (Attitude Wrestling Entertainment) et il se produit devant son public au moins une fois par mois en plus d’apporter son expertise aux lutteurs, notamment lors de séminaires spécifiques. « C’est vraiment parce que c’est un produit qui m’intéressait », indique Matt Angel, disant apprécier le produit différent. « Il y a de quoi de spécial à venir ici », ajoute le lutteur qui sera l’une des têtes d’affiche du gala de dimanche soir dans les locaux de l’AWE à Chicoutimi-Nord.

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L'AWE: UNE ORGANISATION EN PLEINE PROGRESSION

L’Attitude Wrestling Entertainment (AWE) en a fait du chemin depuis sa relance en 2017. Les dirigeants de l’organisation régionale de lutte débordent d’idées et de projets, dont un possible déménagement au cours de la prochaine année.

« Quand ç’a commencé, c’était plutôt modeste. On avait des foules de huit personnes et là-dessus, il y avait sept lutteurs qui étaient sur le show plus tard. Avec le temps, le bouche-à-oreille a fait son travail », note le responsable des communications Mathieu Gilbert-Tremblay. Au début, les responsables louaient l’église Saint-Fulgence pour présenter leurs galas avant de prendre place dans le local actuel sur le boulevard Tadoussac à Chicoutimi-Nord.

« J’en reviens pas encore qu’on soit parti de là et qu’en trois ou quatre ans, on soit rendu à ce stade-là, raconte Mathieu Villeneuve. Je ne m’attendais pas à ça. On faisait ça en arrière de chez nous dans un ring qu’on avait construit nous-mêmes. »

« Ça n’a pas cessé de croître depuis ce temps-là », souligne Mathieu Gilbert-Tremblay, chiffrant à plus de 50 le nombre de spectacles présentés durant l’année, ce qui inclut sept spectacles à l’extérieur du local, de plus grande envergure, ce qui permet d’agrandir la clientèle et ainsi développer de nouveaux projets. Il donne en exemple un gala présenté l’été dernier dans le cadre du Festival de la gourgane d’Albanel qui a attiré 1500 spectateurs. L’Attitude Wrestling Entertainment présente également trois galas par mois le vendredi et un autre le dimanche, qui fait habituellement salle comble dans le local d’une capacité d’environ 120 spectateurs.

« On a déjà rentré plus par le passé, mais c’était trop tant pour la foule que pour des contraintes d’assurances et de sécurité. Maintenant, on se limite volontairement à 120 personnes pour que les gens aient une ambiance intéressante », mentionne Mathieu Gilbert-Tremblay, évaluant à plus de 7000 personnes ayant assisté à un gala de l’AWE en 2019.

« Pour la lutte, c’est un bon chiffre. C’est vraiment un sport de niche. Ç’a été une belle année », commente-t-il, rappelant que la lutte effectue un retour en force en popularité depuis quelque temps.

En mars dernier, lors de l’un des gros galas de l’année présentés au Montagnais, les responsables ont annoncé un partenariat avec la NSPW, la plus grosse fédération de lutte au Québec, qui rapporte déjà des dividendes. « Ç’a permis à nos lutteurs d’aller plus librement à Québec. À l’inverse, ç’a ouvert la porte à des gars qui pouvaient venir plus facilement ici», signale Mathieu Gilbert-Tremblay.

« Veut veut pas, un lutteur d’ici qui va à Québec, c’est un peu une récompense. C’est un beau témoignage que son talent est reconnu. La lutte, plus tu vois de gens, plus tu gagnes en expérience et tu t’améliores », pointe-t-il, ajoutant que lors du prochain gala d’envergure le 28 mars, un lutteur américain de la Ring of Honor sera présent.

« Ce n’est pas nous qui courons après les gens, mais eux qui viennent cogner à la porte », précise Mathieu Gilbert-Tremblay sur les partenariats en Ontario et dans le nord du territoire américain.

Depuis ses débuts, la philosophie de l’AWE est basée sur le théâtre, une formule gagnante, estiment les responsables qui n’ont pas l’intention de changer le cap. « Il n’y a pas grand monde dans la lutte au Québec qui fait ce genre de lutte basée sur des histoires, des entrevues et l’arrière-scène. C’est vraiment important pour nous », d’indiquer le responsable des communications, soulignant l’importance des réseaux sociaux pour développer ces histoires.

Avec ce succès, les dirigeants de l’organisation régionale se retrouvent à la croisée des chemins, soit d’agrandir le local actuel avec les défauts qui viennent avec, ou déménager dans un nouvel endroit, ce qui est complexe avec les besoins associés à la lutte. Plusieurs options sont sur la table. « En 2020, que ce soit ici ou dans un autre local, il faut que ça bouge, annonce Mathieu Gilbert-Tremblay.

« On ne veut pas manquer le bateau. On sent qu’on est rendus là dans notre développement », poursuit-il, ajoutant que la clientèle devra également continuer de grandir pour justifier ce déménagement. D’autres projets sont également en chantier pour les prochains mois, dont la webdiffusion.